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Aviation

Le deuil des Libanais d’Afrique de l’Ouest

Un Boeing de la toute jeune compagnie aérienne UTA (Union des transports africains) s’est abîmé en mer après son décollage de l’aéroport de Cotonou, le 25 décembre en début d’après-midi.


Attention : RFI met en garde ses lecteurs contre une utilisation de cet article à des fins malhonnêtes. Des courriels se référant à cet article invitent leurs destinataires à entrer en relation d'affaire avec une entreprise située en Afrique. RFI n'a rien à voir avec cette démarche qui s'apparente à "l'escroquerie à la nigériane" et invite chacun à ne pas répondre à ces pourriels.

Le Boeing 727-200 de la compagnie aérienne UTA, qui n’a rien à voir avec l’ancienne compagnie UTA (Union des transports aériens) rachetée par Air France, s’est abîmé en mer à son décollage de l’aéroport de Cotonou, le 25 décembre, avec à son bord 163 personnes dont 7 membres de l’équipage. L’accident s’est produit vers 14 heures, alors que l’avion s’envolait pour Beyrouth au Liban où il était attendu pour 22h30. Les autorités béninoises ont annoncé que 113 corps ont été retrouvés et que 22 personnes étaient prises en charge par les services de santé. En attendant les résultats de la consultation de la boîte noire et les conclusions d’une commission d’enquête, des témoins ont raconté que le train d’atterrissage du Boeing aurait heurté un petit bâtiment en bout de piste, ce qui aurait totalement déséquilibré l’avion qui s’est abîmé peu après en mer.

En attendant les investigations d’une commission d’experts, des sources proches de l’aéroport de Cotonou ont indiqué que «des éléments techniques sont déjà connus. Il y a eu un problème de poids car l’avion n’a pas pu décoller», précise-t-elle en expliquant pourquoi le train d’atterrissage arrière a heurté le bâtiment technique situé en bout de piste. Les boîtes noires qui ont été repêchées détermineront bientôt les causes de cet accident. Le président français Jacques Chirac a adressé un message de condoléances à ses homologues, Mathieu Kérékou du Bénin et Emile Lahoud du Liban. A la demande du Bénin, une équipe de plongeurs de la Marine nationale française se rend à Cotonou pour apporter aux équipes locales, assistance, savoir-faire et équipements indispensables pour retirer les débris de l'appareil de la mer. Par ailleurs, le Liban a demandé à la France la mise à disposition d'un avion de transport DC8 de l'armée de l'Air pour effectuer le rapatriement des victimes.

Une délégation officielle libanaise conduite par Jean Obeid, le ministre des Affaires étrangères, est arrivée à Cotonou en compagnie d’une équipe de plongeurs qui s’est tout de suite mise au travail avec les techniciens béninois. Jean Obeid a déclaré qu’il était venu assister les familles endeuillées et organiser le rapatriement des corps des ressortissants libanais, en majorité sur le vol UTA. En effet, ce vol en provenance de Conakry (Guinée) faisait route vers Beyrouth (Liban) puis Dubaï après une escale à Cotonou. Des commerçants guinéens, sierra-léonais, et ivoiriens auraient aussi embarqué à Conakry. Selon le PDG de la compagnie le Guinéen El Hadj Alseny Barry la plupart des voyageurs seraient d’origine libanaise. Des familles entières allaient chez elles au Liban pour les fêtes de fin d’année. Najib Mikati, le ministre libanais des Transports a précisé que l’appareil effectuait des liaisons entre Conakry, Freetown, Cotonou, Beyrouth et Dubaï.

«La politique du ciel ouvert»

La compagnie UTA est une société à capitaux mixtes guinéens et libanais basée à Conakry. Elle serait la propriété de deux Libanais. Selon le ministre libanais des Transports, Najib Mikati, ses services avaient refusé d’accorder une licence à la compagnie UTA car «elle ne remplissait pas les conditions techniques», a-t-il déclaré. Et pourtant les appareils de cette compagnie avaient l’autorisation d’atterrir à Beyrouth, mais uniquement au bénéfice «de la politique du ciel ouvert», précise le ministre libanais.

En tout cas les familles de la très forte communauté des Libanais d’Afrique de l’ouest sont toutes frappées par cette nouvelle du crash de la compagnie UTA. A Conakry, le parking de l’aéroport et la devanture des bureaux de la compagnie UTA sont devenus des lieux de rendez-vous pour les familles en quête d’informations. A Cotonou, c’est la consternation dans la communauté libanaise. Les autorités libanaises sont venues de Beyrouth à leur rencontre avec des équipes de soutien psychologique. Elles organiseront aussi la prise en charge des rapatriements des victimes. A l’aéroport de Beyrouth les familles se sont amassées mais n’avaient aucune information précise. La compagnie UTA n’y entretient aucun bureau. Les informations sur la liste des passagers, jusque tard dans la nuit, n’étaient pas fournies avec précision. A l’intérieur du pays, dans les villages réservoirs de l’émigration libanaise vers les pays d’Afrique, c’était l’affolement et des manifestations de désespoir bruyamment exprimées. Ce n’est que dans la journée du 26 décembre que des informations fiables sont données par les autorités libanaises, répondant aux attentes des familles.



par Didier  Samson

Article publié le 26/12/2003 Dernière mise à jour le 22/06/2009 à 11:06 TU