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Japon

Après le typhon, un tremblement de terre

Un séisme, d'une magnitude de 6,8 sur l'échelle de Richter a frappé ce week-end la région de Niigata dans le centre du Japon. 

		(Photo : AFP)
Un séisme, d'une magnitude de 6,8 sur l'échelle de Richter a frappé ce week-end la région de Niigata dans le centre du Japon.
(Photo : AFP)
La terre ne cesse de trembler depuis samedi au Japon. Une première secousse de très forte intensité (6,8 sur l’échelle de Richter) a frappé la région de Niigata à plus de 250 kilomètres au nord de la capitale, Tokyo, où elle a aussi été ressentie. Après le passage la semaine dernière d’un typhon particulièrement dévastateur, le pays doit faire face à une nouvelle catastrophe naturelle majeure avec son lot de morts, de blessés et de destructions. Et surtout, la population vit plus que jamais dans la crainte d’être confrontée à un nouveau terrible tremblement de terre dans une zone fortement peuplée qui pourrait être très meurtrier.

Le Japon vient, en une semaine, de battre plusieurs records dont il se serait bien passé. Le pays a enduré le passage du typhon le plus dévastateur depuis un quart de siècle. Le bilan des violentes intempéries provoquées par Tokage (lézard) est, en effet, très lourd : 92 morts ou disparus, plusieurs centaines de blessés et des destructions considérables. Ce typhon est, d’autre part, le dixième à frapper les côtes japonaises depuis le début de la saison à risque, au mois de juin. Et une telle succession de catastrophes de ce type en un laps de temps aussi réduit ne s’était jamais produite jusqu’à présent. Mais surtout, il a été suivi par le tremblement de terre le plus impressionnant depuis celui de Kobé en 1995, qui avait atteint 7,2 sur l’échelle de Richter, provoqué la mort de 6 400 personnes et laissé le Japon anéanti.

Même si le pays est habitué à subir la dure loi d’une nature peu clémente, cette succession de catastrophes a provoqué l’angoisse dans la population. D’autant que le spectre du «Big One», un tremblement de terre de très forte intensité que pourrait frapper une zone particulièrement peuplée comme celle de Tokyo, dont les spécialistes ne cessent d’annoncer qu’il aura forcément lieu, même s’ils ne savent ni où ni quand, entretient le climat de crainte.

Par chance, l’épicentre du séisme de samedi, dont la plus forte secousse a atteint 6,8 sur l’échelle de Richter, était localisé dans la préfecture de Niigata, moins urbanisée et peuplée que celle de Tokyo, où sont regroupés plus de 12 millions d’habitants. Si un tremblement de terre d’une magnitude équivalente avait frappé directement la capitale, le bilan humain aurait pu, selon les autorités, s’élever à 7 000 victimes, au lieu des 25 recensées jusqu’à présent. Même si le pire a été évité pour le moment, les sismologues estiment qu’une nouvelle secousse d’une magnitude supérieure à 6 est encore possible. Lundi matin, d’ailleurs, la terre continuait à trembler et un séisme de 5,8 a encore été enregistré. En tout, plus de 380 répliques ont eu lieu depuis la première secousse de samedi.

Le shinkansen a déraillé

Ce tremblement de terre a provoqué une véritable panique dans la population. Près de 100 000 personnes ont dû être évacuées d’urgence de leurs habitations et regroupées dans des lieux publics. Les autorités ont annoncé qu’au moins 2 500 maisons et 1 200 immeubles étaient détériorés ou complètement détruits. Près de 300 000 foyers ont aussi été privés d’électricité et de téléphone dans la région. Et l’approvisionnement en eau et en gaz a subi des perturbations. L’événement le plus spectaculaire lié à ce tremblement de terre a été le déraillement du shinkansen, le train à grande vitesse, sur la ligne qui relie Tokyo à Niigata. C’est la première fois depuis la mise en service de ce train, en 1964, qu’un tel déraillement se produit. Huit wagons sont sortis des rails alors que le train roulait à 120 km/h. Aucun mort n’est à déplorer mais les passagers ont été particulièrement choqués et il faudra plusieurs semaines avant de rétablir un trafic totalement normal sur la ligne.

Les autorités japonaises ont déclenché un plan d’intervention d’urgence pour venir en aide aux victimes de ce tremblement de terre. Au-delà des 25 personnes décédées, environ 2 000 personnes ont été blessées lors des secousses. Des distributions de nourriture ont été rapidement organisées mais les besoins en eau, rations alimentaires, couvertures et autres produits de première nécessité sont très importants. Malgré l’expérience du Japon en matière de tremblement de terre -on estime que le pays subit une secousse toutes les 5 minutes-, l’organisation des secours est difficile, notamment pour venir en aide aux personnes isolées dans certaines zones montagneuses peu accessibles.

Face à la succession de catastrophes qui ont frappé le Japon, le gouvernement a d’autre part annoncé qu’il envisageait d’adopter un collectif budgétaire pour la reconstruction et l’assistance à la population. Le budget traditionnellement dédié aux situations d’urgence de ce type n’est, en effet, pas suffisant pour répondre aux besoins de l’année en cours. Le coût global des différentes catastrophes naturelles qui se sont déjà abattues sur le pays s’élève, selon le gouvernement, à plus de 725 milliards de yen. A titre de comparaison, en 2003, il n’avait atteint que 405 milliards. Et la situation pourrait encore se dégrader car l’arrivée d’un nouveau typhon en provenance de Taïwan est annoncée.

par Valérie  Gas

Article publié le 25/10/2004 Dernière mise à jour le 25/10/2004 à 14:38 TU