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Société

Les senteurs d’un Ben Laden

Yeslam Binladin, demi-frère d'Oussama ben Laden, lance un parfum qui serait vendu aux alentours de 60 euros le flacon. 

		(Photo: AFP)
Yeslam Binladin, demi-frère d'Oussama ben Laden, lance un parfum qui serait vendu aux alentours de 60 euros le flacon.
(Photo: AFP)
Le parfum Yeslam sera présenté lundi 8 novembre à Cannes lors du salon mondial du tax-free. Préférant éviter qu’on l’accuse de vouloir tirer profit d’une notoriété mondiale aux odeurs de soufre, son créateur Yeslam Binladin a choisi de commercialiser une fragrance à son prénom.

Effluves de jasmin et de narcisse pour les femmes, des notes plus épicées pour les hommes, le parfum lancé prochainement en France par le demi-frère d’Oussama ben Laden, son aîné, Yeslam Binladin (ndlr: c’est ainsi qu’il orthographie son nom) portera donc une marque plus neutre du point de vue de l’image, Yeslam. Qu’importe l’ivresse, pourvu que le flacon ne porte pas son nom: le créateur, Genevois d’adoption, qui vient d’investir 500 000 euros pour lancer sa griffe, s’en explique: «un parfum c’est personnel, comme il s’agit de ma création, j’ai opté pour mon prénom et pas pour le nom de ma famille. Je voulais le faire il y a quelques années mais j’ai dû m’interrompre à cause des événements du 11 septembre 2001». En optant donc pour une signature plus discrète, il espère «ainsi éviter de susciter la polémique et les amalgames avec son demi-frère», comme le souligne la Télévision suisse romande.

«J’imagine que les gens vont l’essayer par curiosité, et découvriront un bouquet hors de ce monde» a déclaré l’homme d’affaires saoudien naturalisé Suisse en parlant de ce parfum, un «rêve d’enfance» auquel il dit travailler depuis un an: «Je délègue beaucoup, mais j’assure le contrôle de chaque étape et le développement du produit, j’ai testé une trentaine d’essences avant de choisir». Mais au moment de la promotion de la griffe, le financier se déclare, «troublé» par l’apparition récente de son encombrant parent sur une cassette vidéo. «C’était troublant… ce n’était pas une surprise qu’il soit vivant. J’ai toujours pensé que s’il était tué, tout le monde le saurait», confie Yeslam Binladin qui insiste sur le fait qu’il n’est «pas qu’un Ben Laden. Je suis Yeslam Binladin. J’ai ma propre identité».

Nouveau pari pour un flacon

Yeslam Binladin, qui a jusqu’ici essentiellement  investi dans le cinéma via sa société Almaz films productions -coproduisant notamment des documentaires sur Fellini, et sur le film de Lars von Trier Dogville- semblerait enregistrer plus de dépenses que de recettes car depuis l’an dernier le mensuel suisse Bilan ne le fait plus figurer au hit parade des plus grandes fortunes helvétiques. Voulant diversifier ses activités, pour palier les retours sur investissement aléatoires du secteur cinéma, l’homme d’affaires, également patron de la société financière Saudi investment company, envisageait la création d’une ligne de vêtements portant son nom, mais le frère s’illustrant sur le devant de la scène terroriste, le projet avait été contrarié. En se mettant au parfum, il s’agit d’un nouveau pari.

Yeslam Binladin renouvelle l’affirmation des distances prises à l’égard de ce demi-frère, qui «fut l’un des très rares à ne pas quitter l’Arabie saoudite pour étudier. Je ne le connais pas très bien . Je pense que je l’ai vu avant qu’il ne parte (ndlr: pour l’Afghanistan, dans les années 80) et jamais depuis». Il se dit affecté par la triste célébrité d’Oussama : «heureusement, quand on sort, personne ne sait qui vous êtes. Vous marchez dans la rue comme tout le monde, mais, ajoute-t-il , j’ai entendu des commentaires quand je fais des réservations. Si je vais déjeuner avec quelqu’un, la réservation est à son nom».



par Dominique  Raizon

Article publié le 05/11/2004 Dernière mise à jour le 05/11/2004 à 15:03 TU