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Eglise catholique

Le Pape a été hospitalisé d’urgence

Le pape Jean-Paul II bénit la foule, le 15 août 2004, à Lourdes, lors d'une messe en plein air.(Photo: AFP)
Le pape Jean-Paul II bénit la foule, le 15 août 2004, à Lourdes, lors d'une messe en plein air.
(Photo: AFP)
Le pape Jean-Paul II a été hospitalisé d’urgence dans la nuit du 1er au 2 février. La grippe dont il souffre depuis plusieurs jours a provoqué des difficultés respiratoires qui ont rendu nécessaire de transporter le Souverain Pontife à l’hôpital Gemelli de Rome. Le premier communiqué sur l’état de santé de Jean-Paul II, publié mercredi en fin de matinée, indique qu’il a été placé sous assistance respiratoire mais que son état est «stabilisé». D’ores et déjà, le Vatican a annoncé que le Pape devrait rester hospitalisé plusieurs jours.

Annoncé pour le tout début de matinée, le communiqué des services du Vatican sur la santé du Pape s’est fait attendre. Le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, a néanmoins confirmé, avec quelques heures de délais, les indications fournies depuis la veille sur les raisons qui ont amené à transférer Jean-Paul II à l’hôpital Gemelli de Rome. «Nous pouvons confirmer le diagnostic de laryngo-trachéite aiguë avec des épisodes de laryngospasmes». A la fois prudent et rassurant, Joaquim Navarro-Valls a déclaré : «Au cours de la nuit passée se sont poursuivies les thérapies d’assistance à la respiration qui ont permis la stabilisation de l’état clinique. Les paramètres cardio-respiratoires et métaboliques sont, actuellement, dans les limites de la normale».

La grippe dont souffre Jean-Paul II depuis quelques jours s’est donc compliquée mardi en provoquant des problèmes respiratoires importants. Les quintes de toux provoquées par une laryngo-trachéite et l’encombrement des bronches peuvent, en effet, être particulièrement dangereuses chez un patient atteint de la maladie de Parkinson, ce qui est le cas du Souverain Pontife. Les crises de spasmes du larynx qu’elles occasionnent sont susceptibles de provoquer des étouffements difficiles à supporter par une personne aussi fragilisée que Jean-Paul II. C’est pour cette raison que son médecin personnel, le docteur Renato Buzzonetti, a pris la décision de transférer le Pape à l’hôpital Gemelli où une suite est en permanence à sa disposition au dixième étage de l’établissement.

Malade mais déterminé

Depuis quelques années, la santé du Souverain Pontife fait l’objet de très grandes attentions. A 84 ans, Jean-Paul II est un homme fatigué qui a subi de nombreuses alertes. La première et la plus grave a eu lieu lorsqu’un homme, Mehmet Ali Agça, a tiré sur lui, place Saint-Pierre de Rome, le 13 mai 1981. Jean-Paul II a ensuite subi, en 1992, une grave intervention chirurgicale destinée à lui retirer une tumeur intestinale cancéreuse. Il a été de nouveau opéré, en 1994, pour réduire une fracture du fémur occasionnée par une chute et en 1996, pour une crise d’appendicite. L’apparition de la maladie Parkinson a aussi participé à affaiblir le souverain pontife. Malgré tout cela, Jean-Paul II a toujours tenu à remplir ses obligations pontificales même s’il a un peu réduit le nombre de ses déplacements. C’est donc à regret et au dernier moment que ses rendez-vous ont été annulés mardi en raison de la dégradation de son état de santé. Quelques entrevues importantes avec le président du Parlement européen, Josep Borell, ou la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, pourraient aussi être reportées si l’hospitalisation de Jean-Paul II se prolonge.

Comme lors de chaque alerte concernant la santé du Pape, de nombreux fidèles ont commencé à prier pour lui. A Rome, sur la place Saint-Pierre, ou même devant l’hôpital dans lequel Jean-Paul II est soigné. Mais aussi dans le monde entier. A commencer par la Pologne, terre natale du Souverain Pontife, qui ne fut pendant longtemps qu’un fidèle dénommé Karol Wojtyla et qui est toujours resté particulièrement attaché à son pays d’origine. A Wadowice, dans le sud de la Pologne où Jean-Paul II a vu le jour, des prières ont par exemple été organisées. Tout comme à Cracovie, la ville où il a été ordonné prêtre en 1946, à l'âge de 26 ans. Aux Philippines, l’un des pays d’Asie qui compte le plus grand nombre de catholiques, l’Eglise a appelé, dès mercredi matin, l’ensemble des fidèles à prier pour le Pape. En Grande-Bretagne, des prières «pour la santé et le bien-être de Jean-Paul II » ont été dites à la cathédrale de Westminster notamment.

Face à cette ferveur, le Vatican se veut pourtant rassurant et serein. Joaquin Navarro-Valls a ainsi déclaré qu’il n’y avait «aucune raison de s’alarmer» et a appelé à «la tranquillité».

par Valérie  Gas

Article publié le 02/02/2005 Dernière mise à jour le 02/04/2005 à 09:01 TU

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Jean-Paul Guetny

Ancien directeur de la rédaction du «Monde des religions»

«On a l'impression que pour le pape, cela va de plus en plus mal.»