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Comment sont sélectionnés les étudiants étrangers

Le ministère des Affaires étrangères a fait appel à une société privée pour centraliser par informatique les candidatures des étudiants étrangers souhaitant poursuivre leurs études en France.(Photo : AFP)
Le ministère des Affaires étrangères a fait appel à une société privée pour centraliser par informatique les candidatures des étudiants étrangers souhaitant poursuivre leurs études en France.
(Photo : AFP)
Tout étudiant étranger souhaitant venir poursuivre un cursus universitaire en France doit, avant de quitter son pays, obtenir un visa de long séjour, mention «étudiant». Dès lors commence le marathon pour obtenir ce visa des services consulaires français, désormais coordonnés avec tous les services ayant en charge aussi bien l’étude de la crédibilité des projets que la vérification du profil des candidats. Cette centralisation des renseignements concernant l’identité et le projet de l’étudiant postulant a été confiée à une société privée qui a conçu un logiciel à cet effet.

Devant le nombre croissant d’étudiants étrangers voulant suivre un cursus universitaire français, le ministère de l’Education a pris des dispositions pour «soutenir et réguler les projets internationaux», «améliorer l’accueil des étudiants en France» et optimiser le pilotage de leurs projets. Afin de gérer le tri des dossiers par voie informatique, centraliser les demandes et assurer une traçabilité des étudiants, le ministère des Affaires étrangères a fait appel à une société privée.

Le quotidien Libération du 8 juillet évoque «l’histoire [qui] commence en Chine fin 2002» lorsque l’ambassadeur français alors en place, Jean-Pierre Lafon, fait appel à «une entreprise française spécialisée dans les nouvelles technologies pour créer un centre  d’évaluation linguistique et éducative (Cela)», et l’histoire se poursuit avec la nomination de cet ambassadeur au secrétariat général des Affaires étrangères «qui décide de généraliser l’expérience et confie à [la société] IP SO la déclinaison du Cela –rebaptisé Centre pour les études en France (CEF)».

Tout étudiant voulant s’inscrire en individuel en France doit, dans un premier temps, procéder à une préinscription universitaire avant de rentrer dans ce logiciel baptisé IP SO. Les frais de dossiers sont à la charge des étudiants, et les «CEF sont censés devenir ‘le point d’entrée unique des demandes d’étudiants étrangers’», souligne le quotidien. Ceci étant, s’il s’agit bien d’un «dispositif d’externalisation d’un service public qualifié», doit –on en déduire que «le privé trie les futurs étudiants étrangers» ? Renseignements pris à titre d’exemple auprès de l’ambassade de France en Algérie, on apprend que les entretiens d’évaluation des étudiants postulants sont du ressort des Centres culturels français (CCF) à l’étranger, et que les professionnels chargés des entretiens avec les étudiants sont rémunérés par les CCF.

L’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, très attaché au tfutur raité de l’amitié algéro-française, se trouve pour sa part soucieux d’optimiser la qualité de la sélection des dossiers dans l’intérêt même des candidats, en vérifiant au plus près la solidité des projets de chacun. Il a tenu, pour ce faire, à former aux techniques mêmes de l’entretien d’évaluation des professionnels eux-mêmes universitaires de haut niveau, médecins, juristes et sociologues. L’an dernier, sur quelque 14 000 dossiers de demande de visa long séjour étudiant, 6 000 étudiants ont eu satisfaction - 5 à 600 demandes en 1er cycle, les autres étant réparties dans le 2d et le 3e cycle universitaire-  les secteurs prioritairement demandés étant médecine, santé, sciences et technologies, puis économie et gestion.

services culturels et consulaires travaillent indépendamment

Par ailleurs, au-delà de l’entretien portant sur la validité de la formation des étudiants candidats et sur le sérieux des projets, d’autres services, coordonnés par le programme IP SO,  ont en charge de vérifier les conditions d’accueil dont bénéficiera l’étudiant une fois en France comme par exemple: ses ressources, la proximité d’une famille d’accueil, l’obtention d’une bourse. Il est à souligner cependant que les services culturels qui assurent les entretiens de validité des dossiers pédagogiques sont indépendants des services consulaires. Dans toutes les ambassades, l’accent est mis sur cette indépendance des services consulaires qui, en bout de course, délivrent ou non les visas sans javoir à justifier leur décision. Les services consulaires ont notamment en charge les vérifications sécuritaires concernant l’identité des candidats postulants.

Menée correctement cette coordination des services peut jouer sans conteste en faveur d’une sélection de haut niveau, bénéficiant tant aux étudiants qu’aux pays d’origine et aux échanges internationaux. Reste que le scandale dénoncé dans la presse est lié au fait que la ministère des Affaires étrangères a fait appel à une société privée sans appel d’offres, mais renseignement pris au ministère des Affaires étrangères, il s’agissait pour 2005 d’une phase expérimentale de l’extension du logiciel -qui avait fait ses preuves à Pékin en 2002- vers la Tunisie, le Maroc, l’Algérie, le Sénégal et le Vietnam. Un appel d’offres sera effectué en 2006 à d’autres sociétés informatiques.

Reste aussi que les frais engagés pour avoir accès à l’information, aux entretiens, à l’élaboration du dossier jusqu’à la demande de visa qui viendra s’ajouter sont à la fois incontournables et à la charge des étudiants. Aux 50 euros de droit d’accès s’ajoutent des frais de tests de niveau de langue, et de visas qui viennent alourdir la facture. Ceci étant, souligne-t-on, au ministère des Affaires étrangères, ces frais restent relativement modestes quand on compare le coût des inscriptions universitaires en France avec les autres pays, notamment anglo-saxons, où elles peuvent atteindre facilement les 2 000 euros par mois.


par Dominique  Raizon

Article publié le 08/07/2005 Dernière mise à jour le 08/07/2005 à 16:59 TU

Pour en savoir plus:

http://www.education.gouv.fr/