Marché de l’art
Ouverture d’une FIAC 2005 plus internationale

D.R
On trouvera certes quelques signatures connues, et même très connues comme Picasso, Arp, Christo, Klein, Viallat, Niki de Saint-Phalle, Andy Warhol pour n’en citer que quelques-unes. Mais l’esprit de la foire est d’ouvrir des perspectives et de présenter des travaux récents. Quelque 220 galeries, représentant plus de 3 000 artistes internationaux, sont réunies pour cette édition 2005. Martin Bethenod, commissaire général et Jennifer Flay, directrice artistique de la FIAC, ont mis l’accent cette année sur plus de représentation étrangère : l’ensemble se répartit entre 99 galeries françaises et 113 provenant de 26 pays. Le secteur Perspectives, qui regroupe des artistes récemment engagés sur la scène internationale, représente 32 galeries dont 24 étrangères ; quant au secteur Future quake («Tremblement du futur»), ouvert l ‘an dernier pour les galeries ayant au maximum trois ans d’existence, il en rassemble 25 dont 14 étrangères, qui proposent des «œuvres» ne dépassant pas 5 000 euros.
Allons à la foire : quel type d’œuvre peut-on espérer acquérir pour cette modique somme ? Celles exposées peuvent surprendre, du moins celui qui, tel Candide, débarquera sur la planète « Art contemporain» sans être trop initié à l’art conceptuel : ici des sacs de charbon en toile de jute, sales, sur une étagère ; là, entassés dans une vitrine, des sous-vêtements d’une propreté douteuse ; ailleurs une vieille botte à côté d’une pile d’assiettes en porcelaine et d’une écuelle, les trois disposées sur une sorte de bouche de métro et servant de présentoir à des lithographies ; plus loin une échelle peinte en rouge, des assemblages de peluches, des amas de tissus et de cordages. Le tout réparti dans des espaces élégants où circulent des esthètes éclairés.
Fort heureusement, il est des esprits avertis en la matière : pour preuve, une commission d’acquisition, composée de neufs professionnels et de quatre représentants du ministère ont sélectionné dans les stands des œuvres qui enrichiront le Fonds national d’art contemporain, destinées aux établissements publics, aux ministères, et aux prêts pour de futures expositions. Parmi les artistes sélectionnés : Jean-Pierre Bertrand pour une peinture sous verre et métal : Red-02579, 2005 ; Gérard Deschamps Tentacules, 2004 ; Jean-jacques Rullier Peux-tu aider le termite ?, 2005 ; Olivier Millagou, 6 cartes postales peintes encadrées sous verre.
L’art contemporain peinerait-il à s’émanciper de «Dada» ?
Mais peut-être qu’il suffit d’être armé d’humour et considérer que l’art contemporain, serait avant tout «subversif», dans la droite ligne de l’héritage esprit «Dada», dont Marcel Duchamp est emblématique : on se souvient de ses objets détournés, entre autres du porte-bouteilles devenu œuvre d’art lorsque l’artiste y apposa sa signature, et du célèbre urinoir re-nommé «Fontaine». Le dadaïsme semble encore à l’honneur en cette saison : le Centre Pompidou vient récemment d’inaugurer une rétrospective sur ce mouvement artistique. Enfin, la FIAC s’associe aux organisateurs d’un prix créé il y a cinq ans, baptisé le prix Marcel Duchamp, un prix qui sera décerné samedi à un artiste invité à créer une œuvre originale pour le musée national d’Art moderne (Centre Pompidou). Outre une dotation financière de 35 000 euros, l’œuvre sera présentée du 12 avril au 5 juin 2006.
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| L'artiste Christo, spécialiste de l'emballage... Il s'était illustré en 1985 en «empaquetant» le Pont neuf. D.R |
Voisinant les oeuvres de Christo, de Deschamps, ou bien encore de Jannis Kounellis, une déesse : remarquée pour son élégance qui la distingue de nombreux stands, la DS, célébrée à la FIAC 2005, fait encore rêver. Plasticiens et écrivains font revivre la voiture de luxe de Citroën au gré de sculptures qu’elle a inspirées à des artistes contemporains. Le 6 octobre 1955, la plus prodigieuse voiture de série jamais inventée était dévoilée au Grand Palais Paris, et la presse de l’époque saluait «Une bombe automobile». Cinquante ans plus tard, la DS est célébrée à la FIAC, à travers une mise en scène élaborée par Jean-Paul Pigeat, où elle est traitée comme une œuvre d’art.
par Dominique Raizon
Article publié le 06/10/2005 Dernière mise à jour le 06/10/2005 à 18:17 TU

