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Tchad

La campagne du candidat Deby

Accompagné de son épouse, le candidat Deby, en campagne à Mongo, promet un Tchad transfiguré.(Photo : Donaig Le Du/RFI)
Accompagné de son épouse, le candidat Deby, en campagne à Mongo, promet un Tchad transfiguré.
(Photo : Donaig Le Du/RFI)

Lorsque le président candidat Idriss Deby Itno se déplace à l’intérieur du pays pour ses meetings de campagne présidentielle, c’est une machine impressionnante qui se met en branle. Pas moins de deux avions gros porteurs embarquent chacun un 4x4 blindé et des dizaines de soldats lourdement armés, un petit avion est censé transporter le chef de l’Etat, son épouse et leur entourage proche. Mais le président Deby ne fait pas toutes les étapes du voyage à bord du même appareil, probablement pour des raisons de sécurité.


De notre envoyée spéciale à Mongo

Mercredi 26 avril, à Mongo, à 400 kilomètres au sud de N'Djamena, l’étape du cortège présidentiel est symbolique. Les rebelles sont passés par là, deux semaines plus tôt, avant leur offensive avortée sur Ndjamena. Sur la place de l’Indépendance de Mongo, face à la montagne de pierres, la population attend, sous le soleil. Des groupes d’animation, vêtus de pagnes à l’effigie du candidat Deby, dansent dans la poussière. Le haut-parleur déverse une musique entraînante. Partout des banderolles fustigent «l’agression programmée du Tchad par le Soudan et ses mercenaires». Elles promettent la réélection d’IDI, au premier tour.

Le Soudan, seul véritable adversaire du candidat Deby 

Le président candidat arrive enfin, entouré de soldats. Vêtu d’un costume sombre, arborant une casquette et une écharpe à son effigie, il lève sa canne, d’un geste triomphal, vers la population. S'adressant en arabe local aux habitants de Mongo, Idriss Deby leur explique que le Tchad est en train de devenir un pays riche, grâce au pétrole. Il leur promet l’électricité, des routes goudronnées, un nouveau château d’eau, des écoles… Et la paix, évidemment. Le chef de l’Etat fustige les «mercenaires apatrides» qui ont brièvement occupé la ville deux semaines plus tôt, mais aussi les abstentionnistes qui donnent aux gens des «conseils machiavéliques» en leur demandant de ne pas accomplir leur devoir civique. La foule, parmi laquelle de nombreux enfants assis au premier rang, se protège du soleil avec des bulletins de vote et approuve bruyamment.

La scène de Mongo se répètera, dans la même journée, à Am-Timan et à Sahr. Partout, Idriss Deby Itno promet, s’il est réélu, un Tchad transfiguré. Et il met en garde: les autres candidats, vous ne les connaissez pas, dit-il en substance, alors, ne lancez pas le pays dans l’aventure. Les autres candidats, justement, sont étrangement absents. De temps en temps un véhicule muni d’un haut-parleur, quelques très rares affiches aussi, rien qui soit à la mesure de la machine de communication déployée par le MPS, le parti présidentiel, et ses alliés. Mais les candidats en question ne font pas le poids non plus en terme électoral. Ils sont quatre. Trois d'entre eux sont issus de formations représentées au gouvernement. Le quatrième est un novice en politique, peu connu du grand public.

Dans les discours du président candidat, comme sur les banderoles de ses supporters, l’adversaire principal, c’est finalement le Soudan, et les «hordes sauvages» qui tentent d’envahir le pays. En dépit des appels au report, exprimés en termes feutrés, par le sous secrétaire d’Etat adjoint américain aux Affaires africaines et par la mission d’évaluation de l’Union africaine, en dépit des appels au boycott de la société civile et des poids lourds de l’opposition, en dépit des incertitudes militaires, Idriss Deby fait front. Il demande aux électeurs de lui assurer une victoire, dès le premier tour.


par Donaig  Le Du

Article publié le 28/04/2006 Dernière mise à jour le 28/04/2006 à 18:07 TU

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(Montage : C.Wissing / RFI)