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Guy Goma: Congolais et vedette mondiale par erreur

Guy Goma s’est retrouvé célèbre du jour au lendemain. 

		(photo : http://www.guygoma.com/)
Guy Goma s’est retrouvé célèbre du jour au lendemain.
(photo : http://www.guygoma.com/)
Le même jour à la même heure, deux hommes prénommés Guy se trouvaient dans les salons d’attente, au siège de la chaîne d’information en continu BBC 24 à Londres, mais ils n’attendaient pas la même chose. Le premier, Guy Kewney attendait de passer à l’antenne pour être interviewé en tant qu’expert en technologie informatique. L’autre, Guy Goma, attendait d’être reçu pour un entretien d’embauche pour un emploi d’informaticien. A la suite d’une méprise cocasse, le second s’est retrouvé propulsé devant les caméras pour répondre en direct aux questions de la journaliste. Bien que ne connaissant strictement rien au dossier, il a gardé son sang froid lors de l’interview pour sauver la situation. Le quiproquo a fait le tour de la blogosphère et l’homme à la recherche d’emploi se trouve aujourd’hui l’heureux bénéficiaire de ce gag. Hollywood s’empare de son histoire.

L’événement date du 8 mai dernier : à la suite d’une confusion de prénom et d’identité, un homme en attente d’entretien d’embauche se retrouve interviewé à titre d’expert en direct à la télévision en titre et place de son homonyme. L’un a le visage émacié et il est blanc. L’autre a les joues rebondies et il est noir. L’un est Britannique ; l’autre non, il est Congolais et maîtrise mal la langue anglaise. Les deux hommes ne se ressemblent pas du tout, mais ils portent le même prénom. «Juste avant l’émission, un employé de la chaîne court à la réception et demande Guy Kewney, raconte le Figaro. Un homme possède un badge à ce prénom. Il se nomme Guy Goma, il est originaire de Centrafrique (…). Quand le producteur demande si ‘Guy’ est là, naturellement, il se signale. Dans l’empressement, on l’équipe d’un micro-cravate et on l’assoit face à une caméra.» Ce n’est pas un scénario de film, pas encore, mais cela va le devenir car la scène a inspiré les studios d’Hollywood.

«Guy Kewney est l’éditeur du site web techno ‘Newswirelesse.net’», annonce devant les caméras la présentatrice Karen Bowerman, qui s’apprête à interroger son interlocuteur sur les conséquences du procès opposant la firme informatique Apple Computer et le label des Beatles, Apple. Guy Goma comprend immédiatement être embarqué dans une situation périlleuse et Guy Kewney découvre avec stupéfaction un autre invité, sous son propre nom, sur l’écran de contrôle de la chaîne. Guy Goma, alias Guy Kewney, a les yeux qui tournent. Un mouvement de lèvres traduit son embarras. Cependant il se ressaisit aussitôt et choisit de  sauver la situation en répondant de manière générale et évasive aux questions. L’entretien dure une minute et quarante deux secondes, un temps à la fois très court et une éternité à l’aune du stress généré. Guy Goma a bien joué. La BBC -qui, au demeurant, a assuré revoir à l’avenir ses procédures d’accès des invités en studio- a ensuite invité Guy Goma à raconter sa prestation inopinée.

«Régulièrement appelé à donner son avis de non-spécialiste sur divers sujets»

La scène aurait pu épouser un tour plus dramatique si elle avait eu lieu dans un service de chirurgie, elle a en fait réjoui les téléspectateurs auxquels n’a pas échappé la situation loufoque. Non plus qu’à un conseiller en communication qui, depuis, aide Guy Goma à tirer avantage de ses capacités de maîtrise et d’adaptation aux situations incongrues. L’épreuve du non-initié a même tourné au conte de fée car très vite la vidéo de l’interview s’est répandue  à travers le web et Guy Goma s’est retrouvé célèbre du jour au lendemain, invité dans plusieurs talk-shows.

Un conseiller en communication l’a alors incité à exploiter le fait divers pour trouver un emploi : une pétition a été lancée sur le site «guycoma.com» afin que la BBC embauche the wrong Guy («le faux Guy», un jeu de mot avec guy, «type») une pétition qui a suscité le soutien de quelque 6 500 signatures de téléspectateurs amusés tant par la situation burlesque que par l’improvisation talentueuse de Guy Goma. «La chemise bleue de sa prestation a même été vendue aux enchères pour une association caritative pour 150 livres, précise le journal. Et Guy Goma est alors régulièrement appelé à donner son avis de non-spécialiste sur divers sujets.» Souhaitant l’interviewer pour son quotidien, le Figaro rapporte que l’agent de Guy Goma a immédiatement indiqué : «son tarif pour un journal national est de 2 000 livres, payables quinze jours après parution

Hollywood a choisi de tirer parti de ce scénario burlesque. La productrice Alison Rosenzweig a signé un contrat pour l’adaptation cinématographique de cette histoire vraie.

par Dominique  Raizon

Article publié le 18/09/2006 Dernière mise à jour le 18/09/2006 à 17:18 TU