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Iran

Des manœuvres militaires accroissent la tension

 Les missiles balistiques Shahab-3, tirés par l’armée iranienne lors des vastes manœuvres entamées jeudi, ont une portée annoncée de 2 000 kilomètres. 

		(Photo : AFP)
Les missiles balistiques Shahab-3, tirés par l’armée iranienne lors des vastes manœuvres entamées jeudi, ont une portée annoncée de 2 000 kilomètres.
(Photo : AFP)
Tandis que les Etats-Unis et leurs alliés (Australie, France, Italie, Grande-Bretagne, Bahreïn) effectuaient des exercices navals dans le golfe Persique, Téhéran a procédé, jeudi, à des tirs de missiles Shahab-3 à longue portée dans le cadre d’importantes manœuvres visant à «montrer la puissance et la capacité du pays à se défendre face aux menaces». La France s’est dite «préoccupée». Washington, de son côté, accentue la pression sur les membres du Conseil de sécurité de l’Onu pour qu’ils adoptent rapidement des sanctions contre un régime iranien déterminé à poursuivre son programme nucléaire.

Ce que craignent les Occidentaux, c’est, non seulement, que les Iraniens parviennent à mettre au point une bombe nucléaire, mais qu’ils arrivent à posséder la technologie nécessaire à son lancement. Les missiles balistiques Shahab-3, tirés par l’armée iranienne lors des vastes manœuvres entamées jeudi, ont une portée annoncée – et estimée par les experts – de 2 000 kilomètres, ce qui leur permettrait d’atteindre Israël, le sud-est de l’Europe et les bases américaines situées dans le Golfe.

Selon la chaîne de télévision iranienne Al-Alam, « des missiles Shahab, avec des ogives à dispersion (…) ont été tirés du désert situé dans les environ de Qom », à 120 kilomètres au sud de Téhéran. Signe que la République islamique veut montrer sa capacité à intégrer ces engins dans un dispositif stratégique, c’est la première fois qu’ils sont lancés dans le cadre de manœuvres d’envergure, et non plus testés isolément lors de simples essais.

Les Etats-Unis n’ont jamais exclu l’option militaire

Ces manœuvres, baptisées Grand Prophète II, ont pour objectif de « montrer la puissance et la capacité du pays à se défendre face aux menaces », a déclaré le général Yahya Rahim Safavi, commandant des Gardiens de la Révolution. Elles devraient durer dix jours et se dérouler dans quatorze provinces du pays, dont celles bordant le Golfe et la mer d’Oman.

Elles interviennent au moment où des navires américains, britanniques, français, italiens, australiens et bahreïnis effectuent, depuis lundi et à proximité des eaux territoriales iraniennes, des exercices navals de lutte contre la prolifération nucléaire dans la région du Golfe. Autant dire que l’Iran est directement montré du doigt. D’autant que les Etats-Unis n’ont jamais exclu l’option militaire pour stopper le programme nucléaire iranien.

Sur ce point, toutefois, Téhéran a semblé vouloir montrer sa volonté d’apaisement. Le porte-parole du gouvernement iranien, Gholam-Hossein Elham, a appelé les forces militaires étrangères à ne pas perturber la paix dans le Golfe, indiquant que la paix et la sécurité à long terme seraient rétablies à travers la coopération de tous les pays de la région.

Cela n’a pas empêché Michèle Alliot-Marie, la ministre française de la Défense, de faire part de son inquiétude à propos des manœuvres iraniennes. Elle a jugé « préoccupants » les tirs de missiles balistiques effectués par l’armée iranienne, « surtout lorsque cela vient d'un pays sur lequel on peut avoir des doutes quant à sa volonté de respecter les conventions internationales ». Et d’ajouter : « Ce qui est important pour des armements classiques ou nucléaires, c'est leur portée ».

Moscou rejette à nouveau les sanctions

Le chef de l’état-major russe s’est voulu, jeudi, moins pessimiste sur cette question. « Si nous parlons de missiles balistiques intercontinentaux, selon nos informations, l'Iran ne possède pas les capacités technologiques » nécessaires pour fabriquer ces engins d'une portée d'au moins 5 000 kilomètres, a déclaré Iouri Balouïevski. « De toute façon, cela sera surveillé par nos services de renseignements ». Interrogé sur la menace que représentent pour la Russie les missiles Shahab, le chef militaire a répondu par une pirouette : « Cela dépend de la direction dans laquelle ils sont envoyés ».

Il faut dire que la Russie entretient de bons rapports avec Téhéran, auquel la lie de puissants intérêts commerciaux et énergétiques. Moscou construit, notamment, la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr (sud). C’est ce qui a conduit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à s’opposer à nouveau, mercredi, à la volonté américaine de sanctionner rapidement le régime iranien pour la poursuite de ses activités d’enrichissement d’uranium.

La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, avait téléphoné, mardi, à ses homologues membres permanents du Conseil de sécurité afin de les exhorter à adopter très vite le projet de résolution européen, en discussion à l’Onu, et qui prévoit des sanctions contre Téhéran. Le diplomate russe, cité par les agences de presse de Moscou, a réitéré son rejet du texte : « Nous ne pouvons soutenir ces mesures qui, en fait, visent à isoler l'Iran du monde extérieur, et notamment à isoler les personnes qui sont chargées de conduire les négociations sur ce programme nucléaire ».



par Philippe  Quillerier

Article publié le 02/11/2006 Dernière mise à jour le 02/11/2006 à 17:17 TU

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