Sénégal
Une victoire au premier tour ?

(Photo : AFP)
Lundi en milieu d'après-midi, le seul résultat officiel concernait le taux de participation. Selon les premiers chiffres partiels fournis par le ministère de l’Intérieur, environ 75% des quelque cinq millions d'électeurs inscrits se sont rendus aux urnes dimanche, un taux record au Sénégal, de l’avis des observateurs. Mais dès lundi matin, la presse sénégalaise donnait une nette avance au président sortant, Abdoulaye Wade, ses partisans revendiquant sans plus attendre une victoire au premier tour avec 57% des suffrages.
Lundi matin déjà, les radios sénégalaises privées estimaient qu’Abdoulaye Wade avait franchi la barre des 50% de voix au premier tour, sur la base de résultats partiels compilés au niveau des départements. Une victoire déjà revendiquée au sortir des urnes, dimanche, par les partisans du «sopi» (changement) de 2000 qui avait vu Abdoulaye Wade élu, au second tour, après quatre décennies de socialisme. Pour sa part, après avoir dénoncé un coup de «bluff», l’opposition rongeait son frein en attendant les résultats complets que les commissions électorales départementales électorales devaient transmettre à la commission nationale avant lundi minuit.
Macky Sall
Premier ministre sénégalais et directeur de campagne du président sortant Abdoulaye Wade
«Le candidat Abdoulaye Wade dépasse largement les 50% des suffrages.»
A 80 ans, après un septennat ouvrant la première alternance politique du Sénégal indépendant, Abdoulaye Wade n’a pas souhaité passer la main, promettant d’être cette fois non seulement le «Pape du sopi» promis en 2000, mais son artisan effectif, et briguant une «deuxième chance après les multiples erreurs de parcours», comme l’écrit le quotidien privé Walfadjiri, qui annonçait d’ailleurs dès lundi matin : un «plébiscite pour Wade». «Abdoulaye Wade dépasse largement les 50% requis pour être élu au premier tour. Les tendances donnent un taux de votants de 57%», assurait pour sa part son directeur de campagne, le Premier ministre Macky Sall, ses adversaires socialistes répondant en écho : «C'est du bluff qui ne repose sur aucune réalité». Pour eux, le suspense est tendu, mais lundi, le ton se faisait plus mesuré.
Selon les résultats partiels des radios privés, le candidat du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng (60 ans) et l’ancien Premier ministre de Wade tombé en disgrâce, Idrissa Seck (47 ans) arriveraient derrière le président sortant au coude à coude. Tous deux continuaient malgré tout
d’espérer une place au second tour, lundi à la mi-journée.
Khalifa Sall
Directeur de campagne du candidat PS Ousmane Tanor Dieng
«Si les tendances actuelles se confirment on va inéluctablement vers un second tour.»
Pape Diouf
Directeur de campagne d'Idrissa Seck
«Avec la tendance actuelle, notre candidat est deuxième.»
Quoi qu’il en soit, à mi-parcours du dépouillement, le taux de participation s’avérait massif, selon un responsable de la Direction générale des élections (DGE) du ministère de l'Intérieur interrogé par l’Agence France Presse. Selon lui, quelque 95% des cartes d’électeurs auraient effectivement été distribuées et le scrutin se serait distingué par «un nombre très faible de bulletins nuls». Les électeurs se seraient donc montrés très déterminés au premier tour.
par Rédaction Internet (avec AFP)
Article publié le 26/02/2007 Dernière mise à jour le 26/02/2007 à 15:44 TU

