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Maroc

Un terroriste tué par sa bombe, à Casablanca

Lundi, la police marocaine continuait d’enquêter pour déterminer si l’explosion, survenue dimanche soir dans un cybercafé de la capitale économique du royaume, était due à un attentat suicide ou bien si l’homme qui la portait l’avait déclenchée malgré lui, au cours d’une bagarre. Il a été tué par la déflagration; trois personnes ont été blessées, dont un second terroriste qui a été arrêté. Cet événement survient sur fond de menaces terroristes persistantes au Maghreb.

Selon un responsable de la préfecture de Casablanca, le cybercafé n’était pas la cible des deux kamikazes. Ils s'y sont rendus pour recevoir des instructions de leurs dirigeants. 

		(Photo : Reuters)
Selon un responsable de la préfecture de Casablanca, le cybercafé n’était pas la cible des deux kamikazes. Ils s'y sont rendus pour recevoir des instructions de leurs dirigeants.
(Photo : Reuters)

Le Maroc est en alerte depuis une série d’attentats à la bombe, le mois dernier, en Algérie voisine. «Nous le disons officiellement, le Maroc est particulièrement visé par les milieux terroristes, c'est pour cela que des mesures de sécurité ont été renforcées ces derniers jours»,  a déclaré, lundi, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Nabil Benabdellah, ajoutant que l’explosion de la nuit dernière, à Casablanca, «témoigne que le danger est présent et qu'il faut rester très vigilant».

Selon la direction générale de la sûreté nationale (DGSN), citée par le quotidien Aujourd’hui Le Maroc, «dimanche 11 mars 2007, vers 22h00 (TU et locales), deux personnes se sont introduites dans un cybercafé du quartier Sidi Moumen, avenue al-Adarissa, à Casablanca, pour essayer de consulter des sites internet faisant l'apologie du terrorisme». Le quartier de Sidi Moumen est celui d’où étaient issus les 12 kamikazes qui, le 16 mai 2003 à Casablanca, avaient tué 32 personnes dans des attentats suicide quasi-simultanés commis dans un hôtel, des établissements juifs et des restaurants fréquentés par des étrangers.

Une rixe au cours de laquelle l’engin a explosé

A quoi est due l’explosion survenue dimanche soir ? S’agit-il d’un nouvel attentat suicide, ou la bombe a-t-elle été déclenchée par inadvertance ? Dans un premier temps, des officiers de la sécurité marocaine ont refusé, dans l’attente de vérifications, de se prononcer formellement. Un responsable de la préfecture de Casablanca a, ensuite, affirmé à l'AFP que les deux kamikazes – des Marocains âgés de 20 à 30 ans – ne visaient sans doute pas le cybercafé. Ils comptaient recevoir des instructions de leurs dirigeants, via internet, pour faire exploser leurs bombes dans un autre quartier de la ville.

L’homme qui transportait la bombe dissimulée sous ses vêtements avait, selon des témoins, l’habitude de consulter, dans ce cybercafé, des sites faisant l’apologie du jihad. Le fils du propriétaire aurait, cette fois-ci, voulu le lui interdire, ce qui aurait provoquer une rixe au cours de laquelle l’engin a explosé. Le terroriste présumé est mort sur le coup, blessant trois personnes, tandis que son complice, légèrement blessé, a pris la fuite avant d’être arrêté puis interrogé. Il portait, lui aussi, une charge explosive, selon la police. Les blessés ont été transportés à l’hôpital.

Menaces persistantes d’actions terroristes dans la région

Un important dispositif de sécurité a été mis en place, lundi à Casablanca, en particulier devant les bâtiments administratifs et les consulats étrangers. Le Maroc – comme la Tunisie – redoute que la violence terroriste en Algérie, qui a connu une recrudescence ces dernières semaines, s’étende sur son territoire. En septembre 2006, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, algérien) a fait allégeance à al-Qaïda, ce que confirmait, peu après, le numéro deux de la nébuleuse islamiste internationale, l'Egyptien Ayman al-Zawahiri.

Tout au long de 2006, les autorités marocaines ont annoncé le démantèlement de cellules terroristes et l’arrestation de terroristes «dangereux». Vendredi, elles ont affirmé avoir mis la main sur Saâd Houssaïni, un Marocain de 44 ans, présenté comme le chef de la commission militaire du GICM (Groupe islamique combattant marocain). Houssaïni est soupçonné d’être impliqué dans les attentats de 2003 à Casablanca et dans ceux de Madrid, en 2004. L'arrestation d'Houssaïni est intervenue alors que, selon le correspondant de RFI à Rabat, des échanges d’informations entre les services de renseignement occidentaux et ceux des pays du Maghreb font état, depuis le début de l’année, de menaces persistantes d’actions terroristes dans la région.

par Philippe  Quillerier

Article publié le 12/03/2007 Dernière mise à jour le 12/03/2007 à 13:40 TU