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Présidentielle 2007

Royal vise au centre

Ségolène Royal a choisi d’avancer sans attendre en terrain centriste. La candidate socialiste a évoqué une alliance avec le camp de son adversaire de l’UDF, dès son premier meeting, organisé en hâte à Valence pour ne pas laisser Nicolas Sarkozy occuper seul le terrain médiatique au lendemain du premier tour. La balle est désormais dans le camp de François Bayrou.

Lors de son meeting, le 23 avril à Valence, Ségolène Royal a «<i>tendu la main</i>» à François Bayrou. &#13;&#10;&#13;&#10;&#9;&#9;(Photo : AFP)
Lors de son meeting, le 23 avril à Valence, Ségolène Royal a «tendu la main» à François Bayrou.
(Photo : AFP)

Pas question de tergiverser. La campagne pour le deuxième tour ne durant que deux semaines, il faut aller vite et rallier large. Ségolène Royal a donc pris une initiative importante dès le lendemain des résultats du premier tour. Elle a «tendu la main» à François Bayrou. Comme à son habitude, la candidate socialiste a tranché sur la stratégie à adopter dans la dernière ligne droite de l’élection présidentielle. Sa décision donne satisfaction dans le camp socialiste à ceux qui, comme Michel Rocard ou Bernard Kouchner, avaient déjà appelé à une alliance avec le centre. Elle n’est pas pour autant du goût de tout le monde au PS. Mais comme l’a rappelé François Rebsamen, le directeur de campagne de Ségolène Royal : «C’est elle la candidate».

Avant d’entrer en scène, dans la salle du Parc des expositions de Valence où elle tenait meeting le 23 avril, Ségolène Royal a fait un petit détour par la salle de presse pour lire aux journalistes présents sa déclaration à François Bayrou : «La France a tout à gagner à l’ouverture des idées pour sortir des blocages d’un système dépassé. Je propose un dialogue public sur la base du pacte présidentiel». Elle a aussi expliqué qu’elle avait prévenu François Bayrou de sa démarche «par simple politesse» et qu’elle attendait maintenant «une réponse». Elle a, par ailleurs, déterminé d’emblée les points sur lesquels des convergences sont possibles : rénovation de la vie publique, Etat impartial et libertés publiques, refus des tensions dans les villes et les quartiers, relance de l’Europe, priorités éducatives et écologistes. En abordant la question franchement et publiquement, la candidate socialiste estime se prémunir contre les attaques sur le thème des incontournables marchandages électoraux. En affirmant qu’il ne s’agit ni d’un «ultimatum», ni d’une «pression», mais d’une «main tendue», elle veut couper court aux accusations de chantage.

Pas assez de voix à gauche

Malgré ces précautions oratoires, il est incontestable que Ségolène Royal tente de jouer son va-tout avant la conférence de presse où François Bayrou doit faire part de ses intentions, annoncée pour le mercredi 25 avril. Elle le met en quelque sorte au pied du mur. Cela lui permettra d’apparaître comme l’initiatrice du rapprochement si François Bayrou accepte. Et de ne pas être responsable de l’échec s’il refuse. Ce qui lui ménage aussi la possibilité de s’adresser ensuite directement aux électeurs centristes, forte de cette marque de bonne volonté. Car finalement, tout le monde le rappelle ces jours derniers, les électeurs n’appartiennent à personne.

Une ouverture au centre était un peu inévitable pour Ségolène Royal. Il apparaît, en effet, au vu des résultats du premier tour, qu’elle a l’arithmétique contre elle. Nicolas Sarkozy a obtenu 31,18% des voix, soit 5,3 points de plus qu’elle. Et il dispose de réserves de voix à droite plus importantes qu’elle à gauche. Le cumul des votes en faveur des «petits» partis de gauche (LO, LCR, PC, mouvement antilibéral, Verts) dépasse à peine les 10%, soit l’équivalent du score de Jean-Marie Le Pen. Dans ce contexte, son seul espoir de l’emporter est de réussir à convaincre une majorité des 18,57% d’électeurs qui ont choisi François Bayrou au premier tour.

Gagner au centre, ne pas perdre à gauche

Ségolène Royal le sait. C’est pour cette raison qu’elle tente le pari du centre malgré le risque, toujours présent, de contrarier les électeurs de la gauche traditionnelle ou radicale qui pourraient considérer cette stratégie comme un pacte avec le diable. Pour leur donner des gages, elle a donc continué à taper sur «le candidat sortant», lors du meeting de Valence. Elle a profité du soutien de Silvio Berlusconi, l’ancien Premier ministre italien, à Nicolas Sarkozy, pour clamer sa désapprobation : «Je ne veux pas de cette Europe à la Berlusconi». Elle a aussi rappelé l’enjeu du scrutin et par allusion sa différence avec son adversaire de droite : «Vous allez choisir le visage et les valeurs de la France». Mais Ségolène Royal sait bien que le «tout sauf Sarko» est une stratégie un peu courte pour gagner. Même si la volonté de barrer le route de l’Elysée au candidat de l’UMP est peut-être le plus petit dénominateur commun de la gauche et du centre.

par Valérie  Gas

Article publié le 24/04/2007 Dernière mise à jour le 24/04/2007 à 13:04 TU

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