Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Israël

Livni pousse Olmert vers la sortie

Pour Ehud Olmert, le coup le plus dur est venu de sa ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui lui a demandé de démissionner. 

		(Photo : Reuters)
Pour Ehud Olmert, le coup le plus dur est venu de sa ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui lui a demandé de démissionner.
(Photo : Reuters)
La pression s’est accrue, mercredi, sur le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et son ministre de la Défense, Amir Peretz, à la suite de la publication du rapport Winograd, qui met en cause leur gestion de la guerre au Liban. Plusieurs hauts responsables du parti du chef du gouvernement, Kadima, réclament la démission d’Olmert, notamment la très populaire ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni. Le ministre travailliste de la Défense, Amir Peretz, serait, quant à lui, sur le point de se démettre, selon les médias israéliens.

Des milliers d'Israéliens ont manifesté, mercredi, dans le centre de Tel-Aviv, pour appeler le Premier ministre israélien à la démission. Selon des sondages publiés dans trois grands journaux israéliens, entre 65 et 73% des personnes interrogées sont favorables au départ d'Ehud Olmert. La rue et l’opinion viennent ainsi se joindre aux pressions exercées, depuis deux jours, par les milieux politiques et les médias israéliens, à la suite de la publication, lundi, du rapport Winograd, un document officiel sur les ratés de la guerre au Liban contre le Hezbollah (12 juillet-14 août 2006).

Pour Ehud Olmert, qui a tenté, jusqu’ici, de résister, le coup le plus rude est venu, dans l’après-midi, de sa ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, également membre du parti Kadima. Tzipi Livni lui a demandé de se retirer. «Je lui ai dit que la démission était la bonne mesure à prendre», a-t-elle affirmé, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, après une rencontre avec le Premier ministre.

Dans la foulée, la ministre a également annoncé qu'elle briguerait la direction de Kadima, se plaçant ainsi en position de lui succéder. Tzipi Livni a par ailleurs déclaré qu'elle s'opposerait à la tenue d'élections législatives anticipées, estimant que son parti devait rester au pouvoir. «Kadima a besoin de se choisir un dirigeant de façon démocratique, lors de primaires. Et le temps venu, j'envisage de présenter ma candidature (…) Il est temps aujourd'hui de rétablir la confiance de l'opinion publique dans le gouvernement». Très appréciée dans l’opinion et épargnée par le rapport Winograd, Tzipi Livni aurait l’appui de 65% des Israéliens si elle briguait la tête du gouvernment, selon un sondage publié mercredi.

Le chef du groupe parlementaire de Kadima démissionne

Le groupe parlementaire de Kadima s’est réuni, mercredi après-midi, pour examiner le rapport Winograd. «Il existe une majorité de députés de Kadima soutenant les appels à la démission» d’Ehud Olmert, avait déclaré à l'AFP, dès mardi, un haut responsable du parti. Selon des sources à la Knesset (Parlement), le chef du groupe parlementaire de Kadima, Avigdor Itzchaky, a annoncé, lors de cette réunion, qu'il allait quitter son poste pour protester contre le refus du Premier ministre de démissionner.

Le parti centriste Kadima a été créé en novembre 2005 par l'ancien Premier ministre, Ariel Sharon, plongé dans le coma depuis plus d'un an. La charte de cette formation ne comporte pas de disposition prévoyant le limogeage de son chef, a indiqué un de ses hauts responsables.

Jusqu’ici, Ehud Olmert a officiellement exclu de démissionner. «A tous ceux qui sont pressés de tirer avantage du rapport [Winograd] à des fins politiques, je leur dis de ne pas se précipiter», a-t-il déclaré, dans la matinée, lors d’une réunion spéciale du cabinet.

Mais d’ores et déjà, Amir Peretz, ministre de la Défense et chef du Parti travailliste, principal partenaire de Kadima au sein de la coalition au pouvoir, semble devoir se diriger vers la sortie. Il «doit annoncer sa démission dans les heures à venir», ont affirmé les médias mercredi, citant son entourage. «M. Peretz a pris cette décision, prenant acte des conclusions du rapport. Il entend ainsi se conformer aux normes de comportement requises pour ceux qui exercent des responsabilités publiques», a déclaré un de ses proches, cité sur le site internet du quotidien Maariv. Ancien syndicaliste, sans expérience dans le domaine militaire, Amir Peretz, 55 ans, est en poste depuis mai 2006. Selon le rapport sur la guerre au Liban, il a «échoué dans l'exercice de ses fonctions» durant le conflit.

par Philippe  Quillerier

Article publié le 02/05/2007 Dernière mise à jour le 02/05/2007 à 15:38 TU