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Congo Brazzaville

Des Pygmées logés au zoo de Brazza

par  RFI

Article publié le 13/07/2007 Dernière mise à jour le 13/07/2007 à 19:52 TU

Vingt Pygmées invités au Festival panafricain de musique ont été logés dans le zoo de Brazzaville, «&nbsp;<em>sous le regard des curieux&nbsp;</em>», a dénoncé l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), soulignant qu'ils «&nbsp;<em>constituent la seule délégation logée dans l'enceinte du parc et dorment sous une tente, sur des matelas à même le sol&nbsp;</em>».(Photo : AFP)

Vingt Pygmées invités au Festival panafricain de musique ont été logés dans le zoo de Brazzaville, « sous le regard des curieux », a dénoncé l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), soulignant qu'ils « constituent la seule délégation logée dans l'enceinte du parc et dorment sous une tente, sur des matelas à même le sol ».
(Photo : AFP)

Vingt Pygmées, invités au Festival panafricain de musique, le FESPAM, ont vécu pendant une semaine à l’intérieur du parc zoologique de Brazzaville, alors que les autres musiciens étaient installés dans des hôtels. Un bébé de trois mois est dans ce groupe de Pygmées de l’ethnie Baka, originaires du département de la Likouala. Ils ont vécu dans des tentes et sous les regards des curieux venant les scruter et les filmer : des images d’un autre temps.

Le zoo de la capitale congolaise est divisé en deux parties : un espace pour les animaux, avec des cages, et une zone de détente avec des restaurants. Pour « accueillir » la délégation des Pygmées, les autorités congolaises avaient décidé de faire vider l’espace détente et d’y installer des huttes. Une vision anachronique qui rappelle les sombres heures du passé colonial, comme l’a fait remarquer Roger Bouka, de l’organisation congolaise des droits de l’homme.

Roger Bouka

Directeur de l'Observatoire congolais des droits de l'homme

«Ce n'est pas normal car on ne peut pas traîter des êtres humains comme des animaux dans un parc.»

Les responsables du FESPAM n’ont pas trouvé scandaleux que des Pygmées soient logés au zoo de Brazzaville, car, selon eux, les Pygmées vivent dans la forêt et il fallait donc reconstituer leur milieu naturel. Le zoo semblait alors tout indiqué.

Mais les autorités ont fait machine arrière. Alain Akouala, le porte-parole du gouvernement congolais est allé voir la délégation de Pygmées. Il a ensuite déclaré que c’était la première fois qu’une délégation était accueillie comme cela et que les Pygmées allaient être relogés dans une école.

Alain Akouala

Porte-parole du gouvernement congolais

«Nous sommes allés présenter les excuses du gouvernement sur instructions du Premier ministre.»

Les Pygmées vivant dans les forêts du Congo se sont plaints à plusieurs reprises d’être méprisés et marginalisés. Peu représentés dans la vie politique nationale, ils se sentent victimes d’un « génocide culturel ». Les Pygmées, souvent traités de « sous-hommes » par leurs voisins Bantous, sont restés longtemps isolés du reste de la population congolaise, mais la déforestation les a obligés à s’intégrer progressivement dans la société.

On évalue à 700 000 le nombre total de Pygmées vivant en Afrique centrale, notamment au Congo Brazzaville, en République démocratique du Congo, au Gabon, au Cameroun et en République centrafricaine.

Cette édition du FESPAM, organisée par l’Union africaine, avec le soutien de l’Unesco et du Centre international des civilisations bantoues, doit se terminer le 14 juillet.