Article publié le 30/07/2007 Dernière mise à jour le 30/07/2007 à 16:11 TU

Le président Ivoirien Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro allument le «bûcher de la paix» à Bouaké le 30 juillet 2007.
(Photo : AFP)
« Répétez après moi : la guerre est finie, la guerre est finie » c’est l’injonction lancée par le président Gbagbo aux milliers de personnes réunies aujourd’hui dans le stade de Bouaké pour célébrer la réconciliation entre les frères ennemis ivoiriens. « Il faut transformer l’essai et aller vite aux élections », a ajouté le chef de l’Etat en remerciant son Premier ministre, Guillaume Soro et en annonçant des précisions et un discours à la nation pour le 6 août. C’était la première fois que Gbagbo se rendait à Bouaké depuis son élection il y a sept ans. Récit de la cérémonie avec Boris Fleuranceaux.
Avec notre envoyé spécial à Bouaké, Boris Fleuranceaux
Grosse ambiance, au stade municipal de Bouaké, un stade archi-plein, avec 25 000 personnes à l’intérieur et des centaines d’autres à l’extérieur, qui n’avaient pas pu entrer.
Apparemment, la publicité faite autour de l’événement a été payante : toute la semaine, les messages se sont succédé dans la presse, à la radio et à la télévision. La journée d’aujourd’hui a été décrétée jour férié. Les barrages routiers ont été allégés et des milliers de jeunes sont arrivés des villages alentour mais aussi d’Abidjan.
On voit à profusion des banderoles et des T-shirts à la gloire de l’événement : « Bouaké 2007, l’Afrique se réconcilie », « Gbagbo rentre à Bouaké », ou alors « la jeunesse unie pour la paix ».
La cérémonie débute avec deux discours : celui du Premier ministre Guillaume Soro, suivi de l’allocution du chef de l’Etat. Discours prononcés devant 25 000 personnes, mais aussi devant plusieurs chefs d’Etats étrangers dans la tribune officielle : le Burkinabè Blaise Compaoré, bien sûr, le Sud-africain Thabo Mbeki, qui, lui aussi, s’était beaucoup impliqué dans le règlement de la crise ivoirienne, le Malien Amadou Toumani Touré, le Béninois Yayi Boni, le Togolais Faure Gnassingbé et enfin le président de Guinée-Bissau, Joao Bernardo Vieira. Présents aussi le Premier ministre du Niger et les ministres des Affaires étrangères sénégalais et ghanéen.
Après les discours, le moment fort de la cérémonie est évidemment la remise des armes. Les ex-ennemis, les chefs d’état-major des deux armées, sont présents à Bouaké : le chef d’état-major des FDS, le général Mangou et le chef d’état-major des Forces Nouvelles, le général Bakayoko.
Ils remettent symboliquement leurs armes au président Gbagbo : quelques dizaines de fusils et deux trois lance-roquettes sont entreposés sur un bûcher en plein centre du stade, le canon d’un fusil est scié et le président met le feu aux armes pour signifier officiellement que la Côte d’Ivoire n’est plus en guerre, que la Côte d’Ivoire entre aujourd’hui dans la paix.
Néanmoins, d’impressionnantes mesures de sécurité ont été prises pour protéger tous les chefs d’Etat présents et les officiels. Tout le monde a encore en tête ce qui s’est passé le 29 juin dernier, à Bouaké justement, lors de l’attentat contre Guillaume Soro. 1600 éléments des forces de sécurité sont venus d’Abidjan et il y a autant de membres des FAFN, les Forces armées des Forces nouvelles. Les patrouilles sont mixtes, d’ailleurs, et travaillent ensemble.
Quant aux Forces impartiales, les casques bleus de l’ONUCI et les militaires français de Licorne, elles sont également présentes, mais très en retrait. Quasiment invisibles dans le stade, sans doute postées autour. C’est manifestement une affaire ivoiro-ivoirienne et les français notamment ont reçu pour consigne d’être là en deuxième, voire troisième rideau.
«Il nous faut aller aux élections vite ! vite ! vite !»
Cinq ans de crise La cérémonie hautement symbolique, la « Flamme de la Paix », qui s’est déroulée lundi dans le stade de l’ancienne capitale des rebelles est une étape de première importance dans le cadre du processus de paix ivoirien, cinq ans après le début d’une crise qui a divisé de manière profonde le pays... Lire la suite |