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Economie

L'euro toujours plus haut

Article publié le 23/04/2008 Dernière mise à jour le 23/04/2008 à 10:08 TU

Des rumeurs de possibles hausses de taux directeur dans la zone euro ont fait grimper l'euro à plus de 1,60 dollar. Un record historique pour la devise européenne. Depuis le début de l'année, l'euro a grimpé de presque 10% face au billet vert.
L'euro dépasse pour la première fois la barre des 1,60 à 1,6012 dollar.(Photo : C. européenne/ L. Mouaoued-RFI)

L'euro dépasse pour la première fois la barre des 1,60 à 1,6012 dollar.
(Photo : C. européenne/ L. Mouaoued-RFI)

Avec notre correspondant à Washington, Pierre-Yves Dugua

Le dollar faiblit depuis des mois car les cambistes sont convaincus que le taux directeur aux Etats-Unis va continuer de baisser tandis que les taux directeurs dans la zone euro, au contraire, vont rester inchangés. Or, voilà qu'hier Christian Noyer -un des dirigeants de la Banque centrale européenne- a laissé entendre que les hausses de taux étaient mêmes possibles en Europe en vue de ramener l'inflation en dessous de 2%. Il n'en fallait pas plus pour faire bondir l'euro à 1,6012 dollar.

La Réserve fédérale américaine lutte d'abord contre la récession. qui semble avoir commencé aux Etats-Unis. En dépit de hausses de prix qui sont de plus en plus inconfortables, la Fed pourrait même encore réduire ses taux directeurs à la fin du mois, ce qui incite à vendre des dollars et acheter des euros. La devise européenne face au billet vert a presque grimpé de 10% depuis le début de l'année.

Selon le responsable « Europe » du Fond monétaire international, l'euro à 1,60 dollar est un problème, certes, mais pas aussi grave pour l'Europe qu'il y a encore cinq ans. Le FMI est néanmoins plus péssimiste sur la conjoncture européenne que ne l'est la Banque centrale européenne.

Une course à la hausse qui inquiète aussi les Européens

Marche arrière toute. Les responsables de la Banque centrale européenne semblent avoir pris conscience des effets désastreux de leurs déclarations sur la valeur de l'euro. A commencer par le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer, qui assure que « les mouvements pourraient aller dans les deux sens ». Comprendre : la Banque centrale européenne pourait baisser ses taux directeurs comme les relever.

Pourtant, c'est le même Christian Noyer qui a mis le feu aux poudres, ce mardi, hier en déclarant que la BCE relèverait « s'il le faut » ses taux pour lutter contre l'inflation. Résultat : l'euro s'est encore apprécié face au dollar. Et le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Junker, se dit mécontent. Quant au secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Claude Jouyet, il réclame une meilleure coopération, notamment avec les Etats-Unis.

Il y a à peine 15 jours, à Washington, les grands argentiers de la planète semblaient pourtant déjà s'être mis d'accord pour lutter contre la volatilité des taux, conséquence du fossé entre la politique monétaire américaine et européenne. Mais les déclarations récentes des responsables de la BCE, malgré leurs tentatives de rétropédalage, prouvent que ce fossé pourrait continuer à se creuser.