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Etats-Unis / Irak

Retrait des troupes américaines d'Irak d'ici fin 2011

Article publié le 27/02/2009 Dernière mise à jour le 28/02/2009 à 16:33 TU

Dans un discours sur la base de Marines de Camp Lejeune, en Caroline du Nord (sud-est), le président américain, Barack Obama a détaillé ce vendredi le calendrier de départ des soldats américains de l'Irak. Première phase : le retrait des troupes de combats dans les dix-huit mois qui viennent. Les derniers soldats américains devraient quitter l'Irak avant la fin décembre 2011. 
Le président américain fait le salut militaire avant de monter à bord d'Air Force One, à la base militaire des Marines de Cherry Point, en Caroline du Nord, le 27 février 2009. (Photo : Reuters)

Le président américain fait le salut militaire avant de monter à bord d'Air Force One, à la base militaire des Marines de Cherry Point, en Caroline du Nord, le 27 février 2009.
(Photo : Reuters)


Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

Mettre fin à la guerre en Irak de façon responsable : Barack Obama l’avait promis pendant la campagne, il a donc révélé concrètement comment il comptait le faire. Deux dates importantes, deux étapes.

D’abord le retrait de toutes les troupes de combat d’ici au 31 août 2010. Il restera alors sur place 30 à 50 000 hommes, essentiellement des forces d’appui qui seront là pour entraîner l’armée irakienne. Le désengagement s’achèvera totalement à la fin de l’année 2011.

Barack Obama, président des États-Unis

« Le 31 août 2010, notre mission de combat en Irak prendra fin. »

28/02/2009 par Donaig Ledu

Il faut maintenant que ce soit le peuple irakien lui-même qui prenne en main son propre destin, a expliqué Barack Obama. Cette guerre aura coûté presque un milliard de dollars, et le président des Etats-Unis explique que ce n’est ni le rôle ni la mission de ses soldats de faire la police ou de maintenir l’ordre dans un pays souverain.

Mais pas question pour autant de laisser tomber les fragiles autorités de Bagdad. Et c’est aussi une certaine vision des relations internationales et du rôle de l’Amérique dans le monde que Barack Obama entendait présenter ce vendredi. Privilégier la diplomatie, parler avec tout le monde, y compris dit-il avec l’Iran et la Syrie, et ne recourir à la force que lorsque c’est absolument nécessaire.

La stratégie américaine présentée par Barack Obama

« Nous tisserons avec le peuple et le gouvernement irakien un partenariat qui contribuera à la paix et à la stabilité dans la région. »

28/02/2009 par Donaig Ledu


Le plan Obama divise la classe politique

Les réactions sont contrastées après l'annonce par Barack Obama de son plan pour le retrait des troupes américaines d'Irak. L'opposition républicaine applaudit. En revanche, dans la majorité démocrate, beaucoup s'inquiètent d'un recul par rapport aux promesses de campagne du candidat Obama.

Il y a six mois, John McCain accusait Barack Obama d'être prêt à perdre une guerre pour gagner une élection. Aujourd'hui, l'ancien candidat républicain à la Maison Blanche est l'un des premiers à saluer le plan du nouveau président pour le départ des soldats américains d'Irak. Et dans un spectaculaire retournement de situation, ce sont maintenant les démocrates qui traînent des pieds.

Barack Obama a été élu en partie sur sa promesse de mettre fin en 16 mois à la guerre en Irak : aujourd'hui, cette échéance passe à 19 mois, l'objectif du retour d'une brigade par mois est abandonné, et surtout, la force dite résiduelle pourra comprendre jusqu'à 50 000 hommes.

Trois pilules difficiles à avaler pour les militants anti-guerre. « On ne peut pas laisser autant de troupes sur place et appeler ça la fin de la guerre » proteste un député de l'aile gauche démocrate. « C'est inacceptable », s'emporte une autre. Même les dirigeants du parti ont du mal à dissimuler un certain malaise.

A droite, au contraire, on couvre d'éloges le président démocrate pour avoir mis de l'eau dans son vin en suivant les conseils des militaires. Certains républicains vont même jusqu'à voir une continuité entre la stratégie irakienne de George Bush et le plan dévoilé hier par Barack Obama.


Medea Benjamin

Membre du collectif des femmes contre la guerre, Code Pink

« Nous nous inquiétons de cette force résiduelle qui pourra compter jusqu'à 15 000 hommes et qui pourra rester dans le pays indéfiniment. (...) Nous sommes déçues. »

28/02/2009 par Sylvain Biville


Vincent Michelot

Professeur de civilisation américaine à l'université de Lyon II

« On est arrivé à un compromis entre les deux extrêmes, qui était 16 et 23 mois pour le retrait. On arrive à 19 mois avec la certitude que les troupes américaines seront parties d'ici à l'été 2011. »

28/02/2009 par Caroline Paré