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France / Mayotte / Rwanda

Un Rwandais mis en examen pour génocide

par  RFI

Article publié le 30/04/2009 Dernière mise à jour le 01/05/2009 à 03:32 TU

Sur le site du Mémorial de Gisozi, perpétuant le souvenir des victimes du génocide rwandais, plus de 250 000 cadavres sont enterrés dans une fosse commune.(Photo: AFP)

Sur le site du Mémorial de Gisozi, perpétuant le souvenir des victimes du génocide rwandais, plus de 250 000 cadavres sont enterrés dans une fosse commune.
(Photo: AFP)

A Mayotte, le tribunal supérieur d'appel de Mamoudzou a décidé, ce jeudi, de maintenir le Rwandais Pascal Simbikangwa en détention provisoire. Pascal Simbikangwa était jusque-là détenu sur l'île française dans le cadre d'une affaire de trafic de faux papiers mais cette fois l'équivalent de la cour d'appel a décidé de le garder en détention pour des faits de génocide au Rwanda. Une première.

A ce jour, Pascal Simbikangwa est la seule personne maintenue en détention pour des accusations de génocide, sur le sol français. Pour le collectif des parties civiles pour le Rwanda qui avait déposé une première plainte contre lui le 13 février dernier, cette décision est à mettre au crédit du procureur Marc Brisset Foucault qui a manifesté un intérêt particulier pour cette affaire.

Arrivé à Mayotte en 2005, Pascal Simbikangwa avait tout d'abord été interpellé en octobre dernier pour avoir mis au point une filière de fabrication de faux papiers. Mais après vérifications, les gendarmes de l'île se sont aperçus que cet homme de 50 ans, cloué sur un fauteuil roulant, était recherché par Interpol suite à un mandat émis par les autorités rwandaises.

Survivants du génocide rwandais à l'ossuaire de Bisesero.(Photo: Monique Mas/RFI)

Survivants du génocide rwandais à l'ossuaire de Bisesero.
(Photo: Monique Mas/RFI)

Les faits qui lui sont imputés sont très lourds puisque Kigali reproche à cet ancien capitaine des renseignements généraux rwandais des faits de génocide, de complicité et conspiration de génocide, et de crime organisé. En novembre 2008, les autorités judiciaires de Mamoudzou avaient rejeté une demande d'extradition du Rwanda au motif notamment que la peine encourue, 20 ans d'isolement complet, n'était pas acceptable pour la France.

Cela n'avait pas empêché la justice française de poursuivre son travail puisque le 16 avril dernier Pascal Simbikangwa a été mis en examen pour génocide. Il devrait comparaître le 18 mai pour être interrogé sur le fond de l'affaire.

A suivre, le témoignage d'Alain Gauthier, président du collectif des parties civiles au Rwanda : Pascal Simbikangwa était donc quelqu'un de très redouté, et pendant le génocide il a participé aux massacres en armant des interhamwés. Selon lui, Pascal Simbikangwa était connu, aussi il s'étonne que le TPIR ne l'ait jamais réclamé.

Alain Gauthier, président du collectif des parties civiles au Rwanda

« A partir des années 1990, c’est lui qui s’occupait de tout ce qui était torture au Rwanda. C’était quelqu’un d’extrêmement redouté… Pendant le génocide il a participé aux massacres… »

01/05/2009 par Cyril Bensimon