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Israël

Netanyahu accepte le principe de deux Etats

Article publié le 14/06/2009 Dernière mise à jour le 15/06/2009 à 14:08 TU

Le discours du Premier ministre israélien sur le processus de paix était très attendu. Benyamin Netanyahu l’a prononcé à l'université Bar Ilan, dans la banlieue de Tel Aviv. Même si le Premier ministre parle de la création d'un Etat palestinien, les Palestiniens ont réagi négativement. Ce n'est pas le cas du président Obama qui a salué « un pas en avant ».

Avec notre correspondante à Jérusalem, Catherine Monnet

Benyamin Netanyahu lors de son discours de politique étrangère à l'université Bar Ilan, près de Tel Aviv, le 14 juin 2009.(Photo: AFP)

Benyamin Netanyahu lors de son discours de politique étrangère à l'université Bar Ilan, près de Tel Aviv, le 14 juin 2009.
(Photo: AFP)

Pour la première fois, Benyamin Netanyahu a prononcé les fameux mots que les faucons du Likoud, que les durs de son parti, ne voulaient surtout pas qu'il prononce : dans son discours de près d'une demi-heure, il a bien parlé d'un « Etat et d'un peuple palestinien ».

Benyamin Netanyahu a évoqué sa vision de deux peuples, vivant côte à côte et en paix. Mais si le Premier ministre israélien accepte maintenant ouvertement le principe d'un Etat palestinien, il pose aussi des conditions. Il faut que les Palestiniens reconnaissent d'abord Israël en tant qu'Etat-nation du peuple juif et il faudra que ce futur Etat palestinien soit totalement démilitarisé. Ce sera un Etat sans armée, sans moyens aériens et qui n'aura pas le droit de nouer des liens avec l'Iran ou le Hezbollah.

Ce concept d'Etat démilitarisé n'est pas tout à fait nouveau. Benyamin Netanyahu l'avait déjà évoqué lors de son discours d'investiture devant la Knesset. Tout comme il avait déjà défendu son projet de paix économique, dont il a reparlé ce dimanche soir, évoquant un bien improbable grand projet touristique, archéologique, qui pourrait réunir Israël et ses voisins arabes.

Bien improbable, parce que si le Premier ministre israélien appelle tous les dirigeants arabes à faire la paix, il refuse aussi de céder sur des points essentiels pour les Palestiniens :

En premier lieu, la question des réfugiés. Benyamin Netanyahu exclut un retour des réfugiés palestiniens en Israël, « le problème des réfugiés doit être réglé hors des frontières d'Israël »,  dit-il car leur retour « va à l'encontre du maintien d'Israël comme Etat juif ».

Autre sujet très sensible : la question de Jérusalem. Là aussi, pas question de partage. Jérusalem restera la « capitale unifiée » de l'Etat d'Israël, a prévenu le chef du gouvernement israélien qui a enfin exclu un gel total de la colonisation et ce, malgré les fortes pressions de la communauté internationale.

Réactions plutôt négatives des Palestiniens

Les réactions sont sans grande surprise et plutôt négatives.  « Ce discours torpille toutes les initiatives de paix dans la région », a notamment déclaré le porte-parole du président palestinien. « Benyamin Netanyahu a employé les mots "Etat palestinien" mais en fait, il veut un protectorat israélien », accuse encore un proche collaborateur du président Abbas.

Quant au mouvement islamiste Hamas, l’un de ses porte-parole a réagi très violemment en déclarant que ce discours reflétait « l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahu et faisait fi de tous les droits du peuple palestinien ».

Après l'espoir suscité par le discours du président Obama chez les responsables palestiniens, après l'impression que le vent leur était enfin favorable, le discours de Bibi est tout simplement une douche froide et le contexte ne semble guère favorable à une reprise rapide des négociations de paix.