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Maroc

L'«affaire du sondage» suscite de nombreuses réactions

par  RFI

Article publié le 03/08/2009 Dernière mise à jour le 04/08/2009 à 08:38 TU

La société civile a réagi à l’interdiction de la publication de deux magazines qui proposaient un sondage sur le bilan du roi Mohammed VI depuis son accession au trône. Il s'agissait de la première enquête d'opinion sur le roi Mohammed VI. Les Marocains interrogés devaient dire ce qu'ils pensent de leur roi et de l'action de Mohammed VI depuis son accession au trône il y a dix ans. L'hebdomadaire TelQuel et sa version arabophone Nichane, qui devaient publier l'enquête samedi 1er août, ont été saisis à l'imprimerie et leurs exemplaires détruits.

Ahmed Benchemsi, directeur des magazines TelQuel et Nichane, le 3 août 2009.(Photo : AFP)

Ahmed Benchemsi, directeur des magazines TelQuel et Nichane, le 3 août 2009.
(Photo : AFP)

 

Sur Facebook, un premier groupe a été créé lundi 3 août, avec près de 300 membres. Son nom : « Je suis un 9% », un clin d’œil aux 91% des Marocains qui ont qualifié de positif le bilan du roi Mohammed VI.

Le groupe dit défendre le droit des citoyens marocains à discuter librement du bilan du Maroc depuis 1999. Le 1er août déjà, le syndicat de la presse marocaine, avait condamné la saisie des deux hebdomadairesTelQuel et Nichane. Selon eux, il n’ y a au Maroc aucune loi qui interdit la publication des sondages sur le monarque. Reste que le journal Le Monde ne devrait pas être vendu au Maroc ce mardi et ce, même si la fameuse enquête d’opinion révèle globalement l’immense popularité du roi Mohammed Vl.

Mais selon les autorités, ce ne sont pas les résultats de cette enquête qui posent problème. C’et le principe même de sondage qui a provoqué la censure. « Le concept de sondage sur la monarchie est totalement inacceptable », a expliqué le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa. En clair, on ne peut pas sonder les Marocains sur la personne du roi. Le monarque est sacré et non pas élu.

C'est la première fois qu’une enquête d’opinion est publiée au Maroc. Si des articles critiques sur le monarque paraissent régulièrement dans la presse, parler de Mohammed Vl reste un sujet particulièrement sensible.   

Analyse de Mohamed Tozy, professeur de Sciences politiques à l'université de Casablanca

« Il y a une certaine frilosité de principe sur l'alignement du monarque sur une personnalité politique ordinaire... on n'est pas encore dans un régime totalement ouvert à une légimité fondée sur les élections ; le roi n'est pas élu... »

04/08/2009 par Léa-Lisa Westerhoff