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Chine/Portrait

Deng Xiaoping (1904-1997): réformes et répression

par Nicolas Vescovacci

Article publié le 30/09/2009 Dernière mise à jour le 30/09/2009 à 19:43 TU

Deng Xiaoping.

Sa valeur militaire et sa loyauté envers Mao lui ont valu de se hisser au plus haut sommet de la nomenklatura du Parti communiste chinois. Secrétaire général du Parti en 1956, il commence par diriger avec brutalité la campagne anti droitière de purges. Sous son autorité, plus d’un million de Chinois sont arrêtés et contraints de formuler leur autocritique dans des camps de rééducation.

Après l’échec du «Grand bond en avant», Deng Xiaoping prend ses distances avec l’exercice du pouvoir pour forcer Mao à adopter des positions plus « progressistes » et réformer la Chine, profondément marquée par la féodalité. Mao redoute l’influence du petit homme au sourire moqueur. La Révolution culturelle balaie tout sur son passage. Deng est écarté du pouvoir puis envoyé dans un camp pour y travailler comme simple ouvrier. Humiliation familiale: son fils est défénestré par les Gardes rouges. Il restera handicapé.

Après l’élimination de Lin Biao, l’un des artisans de la Révolution culturelle, Deng refait son apparition dans les cercles proches de Zhou Enlaï, Premier ministre et l’homme des négociations avec l’Occident.

En août 1973, le Xe congrès du PCC rétablit Deng au Comité central. Malade d’un cancer, Zhou Enlaï lui délègue progressivement ses pouvoirs. Sans les attributs, ni les fonctions, le « Petit Timonier » s’impose au sommet de l’Etat. Pragmatique, Deng Xiaoping initie le pays aux réformes économiques et lance au peuple : « Chinois enrichissez-vous ! ». Les premières zones économiques spéciales sortent de terre. C’est le début du véritable grand bond en avant de l’économie chinoise. Depuis, le nom de Deng Xiaoping est intrinsèquement lié à l’esprit d’ouverture et au pragmatisme dont il a fait preuve pendant toute sa carrière. C’est l’homme du retour de Hong Kong dans le giron chinois et l’homme d’un concept : « Un pays, deux systèmes ». Mais c’est aussi Deng Xiaoping qui a donné l’ordre de réprimer les manifestations de la place Tiananmen, au mois de juin 1989. C’est Deng Xiaoping que l’ancien secrétaire général du parti Zhao Ziyang a désigné comme le principal responsable des massacres, dans des cassettes audio clandestines.

Deng Xiaoping se retire du pouvoir en 1992, mais l’ancien responsable du parti demeure très influent jusqu’à sa mort, le 19 février 1997. Le président français Jacques Chirac écrit au président Jiang Zemin : « Deng Xiaoping restera dans l’histoire comme le principal artisan des transformations de la Chine ».