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Guinée

Conakry toujours traumatisée

par  RFI

Article publié le 01/10/2009 Dernière mise à jour le 01/10/2009 à 15:06 TU

Trois jours après la sanglante répression qui, selon les défenseurs des droits de l'homme, a fait 150 morts, la Guinée est toujours sous le choc. La junte militaire nie de son côté avoir fait disparaître les corps de certaines victimes.

Un blessé est porté par ses proches à l'hôpital Donka de Conakry, le 30 septembre 2009.(Photo : Reuters)

Un blessé est porté par ses proches à l'hôpital Donka de Conakry, le 30 septembre 2009.
(Photo : Reuters)



La vie reprend un début de cours normal. Les stations services ont rouvert. On trouve à nouveau des taxis sur les routes du quartier de Dixin. Des hommes assis sur le bord de la route. Des femmes faisant la lessive. Quelques magasins sont ouverts, mais en petit nombre. La plupart du temps encore, les boutiques restent barricadées derrière leurs portes de fer. On perçoit toujours beaucoup d’inquiétude

« Chacun est assis à la maison et demande des nouvelles des autres, explique un habitant du quartier populaire de Koloma. Il y a toujours la peur d’aller travailler, parce qu’une solution n’a toujours pas été trouvée. »

Le traumatisme est d’autant plus fort que certaines familles cherchent toujours des nouvelles de leurs proches. Sont-ils morts? Ont-ils été arrêtés? Ceux qui ont reçu la nouvelle du décès d’un parent disent même qu’on leur refuse l’accès au corps, qu’on les empêche d’entrer dans la morgue.

Ces difficultés se présentent alors que les autorités contestent le bilan donné par certaines organisations de défense des droits de l’Homme. Pour la junte, le CNDD,  le drame de lundi a causé la mort de 57 personnes. Pour la société civile,  il y a au moins une centaine de victimes de plus.

Ce jeudi matin, la junte a organisé à l’attention de la presse une visite des morgues et du commissariat central de Dixin, pour appuyer sa version des faits. A l’hôpital Ignace Din, le ministre de la Santé, le médecin colonel Abdoulaye Shérif Diaby a démenti les affirmations selon lesquelles des cadavres auraient été emmenés par l’armée vers des destinations inconnues.  

Cellou Dalein Diallo autorisé à se faire soigner à l'étranger
Cellou Dallein Diallo sur son lit d'hôpital, le 30 septembre 20009.(Photo : Reuters)

Cellou Dallein Diallo sur son lit d'hôpital, le 30 septembre 20009.
(Photo : Reuters)

Le Président de l'Union des forces démocratiques de Guinée, Cellou Dalein Diallo,  a, on le sait,  lui aussi fait les frais de la répression. L'ancien Premier ministre avait été passé à tabac lors de la violente dispersion de la manifestation au Grand Stade de Conakry, lundi.

Depuis, il était hospitalisé à la clinique Pasteur pour une blessure a la tête et plusieurs côtes cassées. Il devait s'envoler mercredi soir pour Paris après avoir reservé un vol Air France. Mais son passeport a été confisqué par les bérêts rouges qui lui ont refusé l'autorisation de sortir du territoire.

 

Finalement au prix de longues tractations et de nombreuses médiations, notamment de ministres, cette nuit, Cellou Dalein Diallo a pu partir. Il s'est envolé à bord d'un avion médicalisé affrété par le président sénégalais Abdoulaye Wade. Cellou Dalein Diallo devait ensuite repartir pour Paris où il est attendu à l'hôpital Percy, de Clamart,  pour recevoir des soins.