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Visa pour l'Image 2009

Qu'est-ce que le webdocumentaire?

par Marion Urban

Article publié le 02/09/2009 Dernière mise à jour le 05/09/2009 à 18:52 TU

© Samuel Bollendorf

© Samuel Bollendorf

Dans quelques heures, on connaîtra le nom du lauréat du prix du webdocumentaire RFI/France 24, récompensé par un chèque de 8 000 euros. C’est la première fois que ce nouvel support médiatique est honoré au niveau international.

Le jury du Prix webdocumentaire RFI/France 24, présidé par Samuel Bollendorf de Magnum Photos n’a pas la tâche facile car il inaugure une discipline dont les contours restent encore à explorer. Cette inconnue est d’ailleurs un facteur supplémentaire d’enthousiasme pour ceux qui s’y essaient.

Le webdocumentaire a généré la création de plusieurs petites entreprises de production et renouvelé les activités des rédactions comme celle du quotidien régional des Dernières nouvelles d’Alsace ou le collectif de photographes de Magnum Photos.

Vidéastes, photojournalistes, graphistes et développeurs informatiques s’associent désormais pour partir à la conquête du nouveau média.

Des mois de travail pour quelques minutes de navigation

Pas d’illusions : le webdocumentaire n’est pas rentable pour celui qui le met en ligne. Il ne génère pas un nombre faramineux de clics : l’internaute doit bénéficier d’une bonne connexion pour télécharger le webdocumentaire qui occupe souvent tout l’espace de l’écran. La consultation,  malgré des formats restreints (15 minutes),  prend du temps.

Du côté des producteurs, le travail de collection des photos, des vidéos, la rédaction des textes, le scénario et l’organisation de la navigation peuvent s’étaler sur 3 ou 4 mois avec un budget de plusieurs milliers d’euros.

Pour le webdocumentaire Voyage au bout du charbon du président du jury, Samuel Bollendorf réalisé avec Abel Ségrétin et Honkytonk films, six mois ont été nécessaires alors que le reportage sur le terrain a duré 12 jours et que l’internaute navigue pendant 15 mn dans le document en ligne.

 «Aujourd’hui, on pourrait réduire à 2 mois la phase de conception» assure Abel Ségrétin, aguerri par cette expérience journalistique. Au départ, le correspondant de RFI à Pékin était tout excité à l’idée de donner une autre dimension à son enquête. Mais, il ne s’attendait pas à ce que cette dimension prenne une telle proportion dans le temps à y consacrer : «J’ai grandi dans les jeux vidéo. Mais c’est autre chose lorsqu’il s’agit d’inventer une interactivité à partir de situations réelles ! On ne peut pas les changer.»
Voyage au bout du charbon
invite l’internaute à se confronter avec les surprises du métier de reporter et propose des choix, notamment de questions à poser aux interlocuteurs. «En étant sollicité, le  navigateur retient mieux les informations» a constaté Abel, «le webdocumentaire est une autre forme de narration qui permet d'aller en profondeur.»

Un budget conséquent

Parmi les 9 nominés du Prix du webdocumentaire, la majorité s’est appuyée sur un financement institutionnel. Thierry Caron, lui, a mené son projet de bout en bout : de la prise de vues au commentaire final en passant par le développement informatique. Tout comme la petite équipe de la rédaction multimedia des Dernières nouvelles d’Alsace, qui a utilisé un logiciel libre pour tester sa première mouture de La Maraude : A l’écoute des Sans-abris.

The Iron Curtain Diaries 1989-2009
a réuni pas moins de 4 petites sociétés de production.

Le candidat de Magnum Photos (The Places We Live)  a bénéficié de la structure du collectif des photographes et du fait d’avoir déjà organisé une exposition sur le même thème.

Quels critères pour juger ?

A la sortie de la délibération du jury du Prix webdocumentaire ce midi, il y avait déjà des résolutions pour le Prix de l’année prochaine. Car « chacun avait son idée sur le webdocumentaire ». La discussion a été animée et renforcée par l’arrivée de deux membres non annoncés du jury à Perpignan : James Estrin, responsable des blogs photos du New York Times et Maryanne Golon, ancienne directrice de la photo de Times Magazine, aujourd’hui consultante indépendante pour les média.

«L’un des critères qui a primé dans notre choix est l’aspect grand public de l’information : un vrai contenu, original, construit et cohérent, doté d’une navigation accessible à tous

Résultat ce soir à 21h 30.