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| 26/05/2006 | |||
| Quai Branly : deux images pour un musée | |||
| (MFI) Longtemps, les chercheurs ont redouté de n’y voir qu’une vitrine, sorte de Louvre des arts primitifs. Mais le Musée du quai Branly sera aussi un lieu de recherche et un centre multimédias doté de salles de consultation pour les universitaires, les étudiants, et le grand public. | |||
| En dix ans, le cadre conceptuel du projet n’a cessé d’évoluer. Au départ, le Musée des arts premiers de Jacques Chirac, très semblable à un musée classique des beaux-arts, devait rassembler les collections du musée des arts d’Afrique et d’Océanie de la Porte dorée (30 000 objets) et celles du Musée de l’homme (270 000 pièces). Dix ans plus tard, les ministères de la Culture et de l’Éducation, les deux autorités de tutelle du projet, ont gardé l’idée initiale du rassemblement des collections qui, augmentées de substantiels achats, devraient faire du quai Branly l’un des musée-phares des arts premiers au plan mondial. Après l’acquisition de la célèbre collection Barbier (plus d’un millier de pièces en provenance indonésiennes ainsi que quelques pièces kalash – Pakistan – et du Nagaland - Inde), l’établissement détient ainsi le fonds « Asie primitive » le plus important d’Europe après celui des Pays-Bas. En tout, plus de 300 000 objets seront exposés sur une surface de 40 000 mètres carrés, dont 10 000 d’exposition et 6 500 d’expositions permanentes. Dans le même temps, les deux ministères se sont attachés à donner des gages de sérieux à la communauté scientifique en dotant le musée d’un projet pédagogique de taille. Un gage certain est la création de deux directions, « Recherche et enseignement », et « Patrimoine et collection ». L’ethnologue Anne Christine Taylor, responsable de la première, entend inviter de grands noms, mais aussi en faire une pépinière : un partenariat avec l’Éducation nationale prévoit la présence permanente de 40 chercheurs et d’autant d’étudiants. De même, les quatre départements, qui correspondent aux grandes aires géographiques – Afrique, Amériques, Asie et Océanie – se sont-ils dédoublés : chacun accueillera un espace d’exposition, où les objets seront présentés avec un minimum d’explications, et un espace d’interprétation, où l’accent sera mis sur leur signification. Chaque d’espace d’interprétation sera doté de bornes interactives, d’un salon de lecture et d’une petite salle de cinéma. Enfin, des salons de musique diffuseront les musiques du monde correspondant à ces sphères géographiques. Le bâtiment abritera en outre des salles d’expositions temporaires et un fonds documentaire important : 500 000 photos, des films, une sonothèque et une bibliothèque comprenant 200 000 ouvrages en libre accès. Parallèlement, le musée ouvrira en septembre 2006 une université populaire : enseignement gratuit pour tous avec notamment un cycle sur l’histoire mondiale de la colonisation et de la décolonisation à partir du 15e siècle. L’idée, de fait, est non seulement d’attirer les passionnés d’arts primitifs mais aussi le public le plus large possible via des expositions ambitieuses, sans oublier « tous ceux qui souhaitent préparer un voyage ou veulent se documenter sur tel ou tel artiste ou sur telle ou telle civilisation. » Elisabeth Lequeret Une forêt dans Paris ? (MFI) C’est à l’architecte Jean Nouvel qu’a été confiée la conception de ce musée d’un nouveau genre. Dans son ambitieuse lettre d’intention, celui-ci prévoyait que « la matière par moments semble disparaître, on a l’impression que le musée est un simple abri sans façade dans un bois ». Pour le bois, il faudra encore attendre un peu. Pour l’instant, le seul espace vert du musée est une façade recouverte d’un mur végétal de 800 mètres carrés, composé de 15 000 plantes de 150 espèces différentes. Leurs racines ne se développent pas dans la terre mais sur deux couches de feutre à fort pouvoir de rétention d’eau : un exploit technique mis au point par un botaniste du CNRS, Patrick Blanc. E. L. | |||
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