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22/12/2006
Francophonie : Aimé au secours des archives sonores et audiovisuelles

(MFI) Début décembre a eu lieu à Nouakchott le séminaire de formation (Sefor) qu’organise chaque année le Conseil international des radios et télévisions d’expression française (Cirtef). A cette occasion, la Francophonie a offert une unité complète de numérisation et d’archivage à la télévision nationale de Mauritanie. Celle-ci devient la dixième télévision du Sud ainsi équipée ; cinq autres le seront en 2007 et au total, en 2009, 25 radio-télévisions nationales seront à même de préserver leur patrimoine sonore et audiovisuel.

« Si, demain, on dit aux nouvelles générations que nous n’avons pas d’archives à leur montrer, ce sera très grave, s’exclame Noëllie Laloupo Aguiar, de l’Office de radio télévision du Bénin (ORTB). Or la gestion des archives est difficiles, car elles sont éparpillées et souvent stockées dans des locaux de fortune. » Le Bénin étant loin d’être une exception sur le continent, la course de vitesse pour la sauvegarde du patrimoine sonore et audiovisuel africain est lancée. Une course dans laquelle la Francophonie, associée à l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) français, soutient les radio-télévisions nationales, en les équipant, avec l’appui du Cirtef, de la Fédération internationale des archives de télévision (FIAT) et de partenaires techniques, du matériel nécessaire à la numérisation des programmes d’hier et d’aujourd’hui.
Le matériel que vient de recevoir la radio-télévision mauritanienne est un ensemble de 5 éléments, soit une unité centrale avec son clavier et son écran, un magnétoscope et le logiciel « Aimé », pour Archivage interactif multimédia évolutif. Ce logiciel, développé par le Cirtef grâce à des fonds de la Francophonie, a deux atouts majeurs : comme son nom l’indique, il est évolutif, et en outre il présente un bon rapport qualité-prix. Grâce à ce matériel, la radio-télévision va pouvoir non seulement numériser les éléments audio et vidéo qu’elle fabrique aujourd’hui, mais aussi sauver ses archives en les transférant sur CD ou sur DVD. On le sait, la conservation des bandes magnétiques sur lesquelles sont gravées les données est particulièrement délicate dans les pays chauds, et plus encore dans les pays chauds et humides. Les supports numériques sont bien moins sensibles à la chaleur ou à l’humidité.


Pour retrouver une mémoire commune

La Francophonie et le Cirtef ont eu l’idée de ce programme de sauvegarde des archives en 2001, et la première télévision à recevoir le logiciel Aimé a été la télévision mauricienne en 2004. Aujourd’hui dix pays sont équipés : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, Djibouti, le Gabon, le Mali, Maurice, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal. La plupart sont des pays d’Afrique de l’Ouest, aussi l’année prochaine, en 2007, la Francophonie va mettre l’accent sur l’Afrique centrale. Les cinq pays qui devraient être à leur tour équipés sont le Rwanda, le Burundi, la R.D. Congo, Madagascar et le Togo. Paul-Charlemagne Coffie, qui est chargé du secteur télévision au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), prévoit qu’en 2009 25 radio-télévisions nationales auront été équipées du logiciel Aimé.
Grâce à ce logiciel – et grâce à l’aide de la FIAT, qui fournit des lecteurs permettant de lire les anciennes bandes, par exemple des lecteurs U-Matic – les télévisions équipées peuvent donc sauvegarder des éléments aussi bien sonores qu’audiovisuels, des éléments d’actualité que des émissions. Au Sénégal par exemple, la RTS a commencé cette année par numériser tous les éléments concernant – année du centenaire de sa naissance oblige – Léopold Sédar Senghor qu’elle a pu retrouver. Dans ce pays où la radio existe depuis soixante-dix ans et la télévision depuis trente-quatre ans, la documentation de la télévision ne dépassait pas dix ans… Noëllie Laloupo Aguiar raconte, pour sa part, comment elle a eu la chair de poule en revoyant, vingt ans après, des émissions culturelles très importantes qu’elle croyait perdues. Aimé permet ainsi de retrouver la mémoire… et de ne plus la perdre !


Ariane Poissonnier

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