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| 18/09/2007 | |||
| Chronique Musique : Habib Koité, Francophonies en Limousin | |||
| Habib Koité prône le développement en Afrique (MFI) Après avoir tourné aux quatre coins du globe pendant six ans, le troubadour malien a retrouvé le chemin des studios et vient d’enregistrer Afriki (Cumbancha/Harmonia Mundi). Un quatrième album qu’Habib Koité dédie à l’Afrique en lançant un cri d’alarme sur l’exil : « Les Africains sont prêts à risquer leur vie pour aller vivre en Europe ou aux Etats-Unis, mais ils ne sont pas prêts à prendre ce même risque quand il s’agit de rester en essayant de construire quelque chose ici. » En incitant le continent à prendre enfin son destin en main, sans attendre les vaines promesses de l’Occident, l’artiste prouve son engagement, lui qui a toujours voulu produire à partir du Mali. Avec ses textes en bambara, il rend aussi hommage à sa mère et à toutes les mamans du monde sur la chanson « N’ba ». Autre titre significatif : « Massake » qui incite les parents à bien éduquer leur progéniture afin de ne pas en faire des enfants rois. Côté composition, Habib Koité reste dans l’esprit de ses précédents albums avec le style qui lui est propre : un ancrage dans la tradition mandingue que le guitariste développe en version néo-folk. A noter quelques nouveautés pour cet enregistrement, comme la présence de violons classiques et de cuivres qui se marient à merveille avec les instruments ancestraux des griots. Autre changement marquant, l’apport de voix féminines dans les chœurs. Après une formation à l’Institut national des arts de Bamako, le musicien commence à se faire remarquer, à la fin des années 80, dans les maquis et les bars des grands hôtels de la capitale malienne. En 1991, il signe son premier succès, « Cigarette a Bana » (« la cigarette, c’est fini »), dans toute l’Afrique de l’Ouest qui lui permettra, deux ans plus tard, d’être lauréat du concours « Découvertes Rfi ». Une révélation qui, depuis, n’a pas été démentie. Limoges : la francophonie en musique ! (MFI) Depuis plusieurs années déjà, le festival des Francophonies en Limousin devient pluridisciplinaire. Outre le théâtre francophone, ce rendez-vous annuel de Limoges, dans le centre-sud de la France, propose des spectacles de danses, du cinéma, des expositions et naturellement de la musique. Pour sa 24è édition, qui se déroule du 25 septembre au 7 octobre, cette manifestation fait la part belle aux musiciens originaires du continent. Outre la tête d’affiche algérienne, Rachid Taha et son répertoire francarabe inclassable, elle convie aussi les Tambours de Brazza. Régulièrement à l’affiche des grands festivals, ces magiciens congolais du rythme, mené par Emile Biayenda, présentent leur nouveau spectacle basé autour de leur dernier album Rites et rythmes. La francophonie se veut aussi métissée avec le duo reconnu italo-malien Diario Mali. Réunissant le koraiste Ballaké Sissoko et le pianiste Ludovico Einaudi, cette rencontre offre un registre à la frontière du jazz et des musiques mandingues. La manifestation francophone joue aussi la carte des découvertes. Exemple : le Comorien Youssouf Ahamada. Jeune poète slameur, il propose « Nomade Slam Tour », un spectacle aux multiples facettes. A quelques encablures des îles de la lune, Madagascar est représenté par Fenoamby. Avec sa valiha et son marovany (instruments emblématiques de l’île rouge), ce poly-instrumentiste veut faire bouger le public limougeaud avec les rythmes endiablés du salegy. Les courants actuels ne sont pas en reste avec PNB (Pensée Nègre Brute), une figure de la scène hip hop kinoise. Qu’ils rappent en lingala ou en français, ces quatre congolais écrivent des textes sans complaisance. Enfin, signalons la présence de Chico Antonio, alchimiste de la musique mozambicaine. Avec son style urbain, l’artiste lusophone fusionne allègrement les rythmes traditionnels de son pays avec le jazz et le rock. Bref, avec un tel plateau d’artistes, ce cru 2007 ouvert confirme que la francophonie en terre limousine n’a pas de frontière. | |||
| Daniel Lieuze | |||
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