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| 18/12/2007 | |||
| Chronique Musique : Coupé-Décalé Mania ; Tcheka | |||
| Noël au rythme du coupé-décalé (MFI) Le réveillon de Noël du 24 décembre risque d’être chaud, à Paris, avec le coupé-décalé qui envahit le Bataclan. Courant dansant très festif apparu au début du XXIè siècle dans la diaspora ivoirienne vivant dans la capitale française, ce style a depuis fait tache d’huile à Abidjan et sur le continent africain. Cette soirée parisienne est marquée par la sortie d’une double compilation intitulée Coupé-Décalé Mania (Wumb/Wagram). Réalisée en dix-huit mois entre Paris et Abidjan, cette anthologie rassemble les meilleurs représentants de ce mouvement. Parmi eux, la Jet 7 est l’un des groupes les plus « ambianceurs » avec son titre « Coupé-Décalé dans la cit ». Tout comme DJ Lewis et son tube « Prends-moi cadeau ». Autre valeur sûre, Singuila et son morceau « Ca n’ment pas ». Les artistes du zouk sont venus prêter main forte à ce concept, comme le trio les Déesses, ainsi que les pointures du R’n’B comme Kaysha. Sur une rythmique saccadée, les quatorze morceaux s’enchaînent à une cadence infernale comme sur les pistes de boîtes de nuit. En ce qui concerne les paroles, le propos est léger mais savoureux, car il est truffé d’expressions nouchi (l’argot d’Abidjan). Résultat, chaque chanson a une couleur locale bien particulière avec son lot de dédicaces qui n’est pas sans rappeler le principe du soukouss (autre courant dansant d’origine congolaise). Les textes ne sont, en fait, que des prétextes pour mettre en avant le côté extravagant des danses. Frime, tenues vestimentaires excentriques, attitudes provocantes, insouciances, le coupé-décalé se révèle être bien plus qu’une simple danse. C’est une manière d’être. Devenu aujourd’hui le premier genre musical dans les discothèques afro-antillaises, le coupé-décalé est un véritable phénomène qui touche désormais un large public allant bien au-delà de la communauté africaine. Tcheka, du Cap Vert au Brésil (MFI) Deux ans après la parution de son album Nu Monda, le jeune virtuose de la musique du Cap Vert signe un nouveau volume chez Lusafrica titré Lonji (Au loin). Produit par Lenine, la star brésilienne, ce troisième enregistrement de Tcheka établit une passerelle musicale entre l’archipel lusophone et le Brésil. Perceptible dans l’instrumentation et les rythmes, ce mélange subtil ne masque en rien l’ancrage capverdien de l’artiste. Fidèle à ses accompagnements à la guitare acoustique, il explore avec finesse les richesses musicales de son pays : batuque, funana, finaçon, tabanka, morna, coladera… Parmi ces styles savoureux, ceux de son île natale, Santiago, dont la culture est la plus fortement marquée par l’Afrique continentale, sont particulièrement perceptibles. Chaque morceau est un petit écrin sonore dans lequel chaque apport s’imbrique harmonieusement tel un puzzle. Mais il ne faut pas réduire Tcheka à un simple coloriste sonore afro-créole. Outre ses compositions d’excellente facture, l’artiste s’avère être aussi un parolier hors pair. Sur « Lingua » (langue noire), il évoque la sorcellerie pratiquée et redoutée dans tout l’archipel. Dans la chanson « Tuti Santiagu », le chanteur aborde le mariage d’un fils de fermier. L’impolitesse des jeunes vis-à-vis des anciens le préoccupe aussi sur le morceau « Fla Mantenha » (Salutation). Ces quelques exemples illustrent une écriture qui s’inscrit dans une poésie réaliste. « Pour moi, une chanson est une séquence d’images, une succession de photogrammes devant mes yeux. La mélodie se déroule comme une histoire dans ma tête et j’écris le texte d’après cette vision », précise-t-il. Bref, avec ce troisième album, cet ancien caméraman de la télévision nationale, à Praia, est désormais une valeur sûre de la scène musicale capverdienne. | |||
| Daniel Lieuze | |||
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