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16/04/2008
Chronique Musique : Les nuits de la Saoura (Algérie), Nawal (Comores)

Algérie : la 4è édition des Nuits de la Saoura

(MFI) Le Sahara algérien risque d’être animé cette semaine avec le coup d’envoi de la 4è édition des Nuits de la Saoura à Béni Abbes. Jusqu’au 19 avril, ce festival accueil des résidences artistiques et des concerts réunissant des artistes du sud et du nord. Au fil des ans, cette manifestation a conforté son identité. A savoir : favoriser l’échange culturel à condition d’en conserver la notion indispensable d’aller-retour, de respect des différentes cultures et d’équilibre tant économique qu’artistique. Coproduit par l’association algérienne Hilla et l’association française Nuits Métis basée à Marseille, ce rendez-vous est le fruit d’un travail mutuel des deux côtés de la Méditerranée. Parmi les rencontres franco-algériennes, celle entre Mehdi Haddjeri, Jérôme Bernaudon, Rit, Hafid Douli et Mostefa Merabti devrait faire sensation. Pour cette création, la réunion de ces cinq artistes va donner naissance à une création où les chants du désert vont se croiser et se répondre en écho avec la chanson française. Autre temps fort : le duo libano-guinéen. D’un côté, Kandia Kouyaté, venu de Conakry, tisse, avec sa kora, des passerelles entre la musique traditionnelle et la culture hip hop. De l’autre, Zeid Hamdan est un maître de la fusion électro-orientale. Malgré leurs univers très différents, ces deux artistes savent instaurer un vrai dialogue musical. Les Nuits de la Saoura ne se focalisent pas uniquement sur les fusions nord/sud. Comme le montre la présence de Ba Cissoko. Jeune musicien guinéen, il est surnommé le Jimmy Hendrix de la kora avec son jeu survitaminé. Enfin, signalons la participation du collectif algérien Djmawi Africa. Composé de 9 membres, ce groupe explore un large répertoire allant du chaâbi au reggae en passant par les rythmes gnawi et la musique classique arabe. Bref, entre les concerts dans les dunes et ceux du théâtre du Mouloud, les Nuits de la Saoura s’annoncent chaudes…

Nawal, l’ambassadrice mystique de la paix

(MFI) Sept ans après Kweli, un premier album paru en 2001, la chanteuse comorienne revient sur le devant de la scène avec Aman (éditions du Souffle d’Or/Dom distribution). Le long morceau de près de 8 minutes qui donne son titre à cet opus pourrait se traduire par « l’amour est le meilleur remède aux misères que subissent nos sociétés ». Autre titre pacifiste, Salama, où Nawal chante sur les Hadith du Prophète pour appeler nos dirigeants à promouvoir la paix. Pour prôner ces belles paroles, l’artiste fait appel aux musiques de transes. Digne descendante des Darwesh, la confrérie soufie des îles de la lune, elle perpétue cet héritage qui forme son identité musicale actuelle : « Au début, je ne voulais pas être une messagère de cette tradition mystique de mon pays, car j’estimais que c’était trop lourd à porter en tant que femme. Aujourd’hui, j’ai réussi à trouver une façon de vivre avec ce patrimoine. » En fait, son chant, à la fois puissant et envoutant, est une sorte de rituel des temps modernes. Dans un accompagnement instrumental acoustique, son style est marqué par le gambusi, sorte de luth au manche allongé. Instrument emblématique de l’archipel comorien, il est un peu l’équivalent du guembri des communautés spirituelles gnawi. « J’ai envie de faire renaître le gambusi qui a tendance à disparaître aux Comores », précise la musicienne. Auteure, compositeur et interprète, Nawal est l’une des rares artistes féminines à avoir percé au-delà de l’océan Indien. Après une tournée réussie aux Etats-Unis et au Canada, « la voix des Comores » présente en ce moment son dernier enregistrement en Europe. Reste à souhaiter qu’une tournée africaine voit le jour pour que le public africain découvre la culture de cet archipel aux origines arabo-persanes et bantoues.

Daniel Lieuze

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