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MFI HEBDO: Culture Société Liste des articles

16/06/2009
Livres en bref

Poésie : Tahar Bekri, le funambule des océans

(MFI) On ne présente plus Tahar Bekri. Né en 1951, à Gabès, en Tunisie, il est l’auteur d’une œuvre poétique de grande qualité, scandée par la nostalgie et la quête de l’absolu. Exilé en France depuis plus de trente ans (1976), il écrit en français et en arabe. Sa poésie a été traduite dans de nombreuses langues. Son nouveau recueil, Les dits du fleuve, raconte la mer : « Il y a longtemps que je n’ai pas vu la mer... » ; « Je ne suis ni gouverneur de la rosée/Ni capitaine des sables/Mais le funambule des océans ».
Le poète est hanté par cette mer océane aux trésors enfouis qu’il a laissée derrière lui en quittant son pays natal et dont il tente d’atteindre depuis « les rives miraculeuses ». Tous ses efforts, ses pensées tendent vers elle, vers cette mer originelle, mais aussi « mer ultime » dont les vagues sont des échos de la « désespérance des migrateurs ».

Les dits du fleuve, par Tahar Bekri. Edition Al Manar, 74 pages, 15 euros.




Nouvelles : Les mots et les maux de la jeunesse tunisienne

(MFI) Les éditions Elyzad font partie des maisons d’édition émergentes du monde francophone. Créée en 2005 et basée à Tunis, celle-ci s’est signalée à l’attention par la qualité littéraire des textes publiés et par les soins accordés à la présentation matérielle. Leïla Sebbar, Tahar Bekri, Ali Bécheur, Cécile Ouhmani sont quelques-uns des auteurs publiés par cette toute jeune maison d’édition dirigée par l’ancienne journaliste Elisabeth Daldoul.
C’est dans cet esprit d’excellence et d’originalité que s’inscrit le dernier titre publié par Elyzad, Vingt ans pour plus tard. Ce volume réunit quatre nouvelles et un conte sur le thème « Etre jeune en Tunisie aujourd’hui ». Cinq écrivains de talent (le Centrafricain Théo Ananissoh, les Français Hélène Gaudy et Frank Secka et les Tunisiens Claude Rezzo et Azza Filali) ont ainsi posé leurs regards sur les jeunes tunisiens. Avec leurs mots d’écrivains, ils tentent de saisir les maux de la jeunesse méditerranéenne, leur mal-être, leurs secrets et leurs rêves. Leurs textes entraînent le lecteur au cœur des adolescents lumineux dont « les pas allument l’asphalte de miettes de clarté », comme l’écrit joliment Azza Filali.

TC

Vingt ans pour plus tard, par Théo Anaissoh, Hélène Gaudy, Franck Secka, Claude Rizzo et Azza Filali. Editions Elyzad, 384 pages, 17,50 euros.


Roman : L’hôtel métaphorique de Raphaël Confiant

(MFI) Ardent défenseur de la culture créole, le Martiniquais Raphaël Confiant est l’auteur de nombreux romans en français et en créole, ainsi que de poèmes et d’essais dont un, L’Eloge de la créolité, est resté célèbre car coécrit avec le romancier Patrick Chamoiseau et le linguiste Jean Bernabé.
A travers son œuvre de fiction, cet auteur prolifique tente de retracer l’histoire de l’univers créole caribéen, brossant avec tendresse et ironie les portraits de ses personnages souvent hauts en couleurs et truculents.
Son nouveau roman, L’Hôtel du Bon Plaisir, ne déroge guère à la règle. Cette fois, le protagoniste est un immeuble, construit en 1922. La transformation de ce bâtiment dédié initialement aux œuvres de charité de trois sœurs béké en une maison de tolérance, puis en immeuble locatif, est le prétexte fictionnel qui permet à Confiant de raconter avec son brio habituel les heurs et malheurs de la société créole antillaise.
« Il y avait beau temps que l’insolite bâtiment de quatre étages (plus un galetas), insolite parce que chacun de ces niveaux, de toute évidence, avait été construit à une époque différente et aussi parce que l’ensemble dominait un cafouillis de maisonnettes plus ou moins pimpantes, elles-mêmes cernées par des cases couvertes de tôle ondulée, n’offrait plus de service hôtelier », écrit Confiant en guise d’ouverture de son récit, faisant d’emblée de son bel hôtel la métaphore d’un peuple né des turbulences de l’Histoire et dont il n’a cessé de célébrer l’inventivité et l’esprit de résistance.

TC

L’Hôtel du Bon Plaisir, par Raphaël Confiant. Editions Mercure de France, 306 pages, 18,80 euros.


Roman : Les sortilèges du diplomate Amal Sewtohul

Dans l’Avertissement placé au début de son texte, le diplomate romancier Amal Sewtohul tente de rassurer son lecteur en lui expliquant que c’est seulement après avoir vérifié la scientificité d’un certain nombre de faits magiques, évoqués dans son récit, qu’il s’est attelé à la rédaction de son livre. Heureuse initiative car les voyages et aventures de son héros, que le romancier a entrepris de raconter ici, auront de quoi dérouter le lecteur cartésien. Il est en effet question de la nature du futur, « des guerriers de Shamballah », du soleil noir, de sortilèges.
Amal Sewtohul nous embarque en somme dans un extraordinaire voyage initiatique à travers notre époque revue et corrigée par une imagination venue de loin. Les voyages et aventures de Sanjay, explorateur mauricien des anciens mondes est le deuxième roman de cet auteur qui, on l’aura compris, est lui-même Mauricien.

TC

Les voyages et aventures de Sanjay, explorateur mauricien des Anciens Mondes, par Amal Sewtohul. Editions Gallimard, coll. Continents noirs, 265 pages, 21 euros.


Tirthankar Chanda

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