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| 26/05/2006 | |||
| Le boom des cabinets de recrutement spécialisés sur l’Afrique | |||
| (MFI) Répondant à la fois aux souhaits des jeunes diplômés africains d’avoir de réelles opportunités de carrière sur le continent qui les a vu naître et aux besoins des grandes entreprises multinationales opérant en Afrique, plusieurs cabinets de recrutement se sont créés. Deux d’entre eux, AfricSearch et Fortandem, organisent des salons professionnels en Afrique à la mi-juin. | |||
| Lorsque Didier Acouetey crée, en 1996, le cabinet AfricSearch, basé à Paris, il part d’un constat simple : beaucoup de jeunes Africains formés en Europe et ayant acquis une forte compétence n’ont pas de réelles opportunités de carrière en Afrique. Ce projet suscite au départ l’enthousiasme des jeunes diplômés africains, un peu plus tard rejoints par les entreprises recruteuses qui trouvent leur intérêt à faire travailler des cadres à la fois bien formés et adaptés aux réalités du continent. AfricSearch se développe rapidement, ouvrant successivement des bureaux au Sénégal (2002), en Afrique du Sud et aux Etats-Unis – à Washington – (2003) ainsi qu’au Bénin (2005). Certes, le cabinet subit, en 2002, le contre-coup de la crise en Côte d’Ivoire, où il réalisait plus de la moitié de son chiffre d’affaires, mais il s’adapte en diversifiant ses activités. Aujourd’hui la Côte d’Ivoire ne représente plus que 5 à 10 % de l’ensemble. Près de 80 % des activités ont lieu en Afrique francophone, notamment au Mali et au Sénégal. Les clients sont à 90 % des multinationales, présentes plus particulièrement dans les secteurs de la téléphonie mobile, de la banque, des boissons gazeuses (Coca-Cola) ou encore des cigarettes. Certaines grosses entreprises américaines (Microsoft, Ernst & Young, Exxon, Mobil) cherchent également des cadres africains pour mener leur politique « d’affirmative action ». D’une façon marginale, AfricSearch travaille aux États-Unis pour des organisations internationales (Banque mondiale) et certaines ONG. AfricSearch, le pionnier « Nous étions des pionniers et le sommes encore aujourd’hui », explique Didier Acouetey. Outre le recrutement, qui représente 70 % de ses activités, le cabinet propose du conseil en gestion des ressources humaines, en insistant dans ses interventions sur la prise en compte des cultures africaines. AfricSearch peut se targuer de réaliser aujourd’hui près de 500 recrutements par an. Le cabinet va organiser en 2006 quatre salons où une vingtaine d’entreprises seront conviées pour offrir des opportunités d’emplois aux jeunes diplômés invités. Le premier a lieu les 15 et 16 juin à Dakar, les autres se tiendront à Bamako (juillet), Paris (octobre) et Washington (novembre). Un autre cabinet africain s’est engouffré dans ce créneau : la société de conseil en management des ressources humaines IBC Consulting, basée à Ouagadougou, qui a organisé pour la première fois en 2005 dans la capitale burkinabé le salon Fortandem de recrutement et d’information sur les formations et les métiers. A l’origine de cette initiative, Ibrahim Cissé, directeur général de IBC Consulting. Outre les entreprises et cadres africains de haut niveau, Fortandem a invité diverses grandes écoles et universités internationales à venir présenter leur programme. L’édition 2006 de Fortandem a lieu les 15, 16 et 17 juin à Ouagadougou avec la participation d’écoles africaines (Université de Ouagadougou, GIMPA Ghana, groupe IAM, IHEM Bamako), françaises (Essec Paris, HEC, Insead) et américaines (Georgetown University, Harvard University). Des cabinets de recrutement plus généralistes se mettent aussi à l’heure africaine. Ainsi le groupe britannique Michael Page International a créé en janvier 2006 un département Afrique-Maghreb au sein de sa structure France. Le groupe Global Career Company possède, lui, un département Careers in Africa (« carrières en Afrique ») qui organise deux salons en 2006, l’un à Londres pour l’Afrique anglophone (il a eu lieu en avril) et l’autre à Bruxelles pour l’Afrique francophone (les 10 et 11 juin). Résultat, en juin prochain, les jeunes diplômés et cadres du continent n’auront que l’embarras du choix ! Isabelle Verdier Didier Acouetey, le parcours d’un passionné (MFI) Toujours entre deux avions, Didier Acouetey est rarement à Paris. Mais lorsqu’on arrive à le voir, il est intarissable sur le potentiel immense – et sous-utilisé – des ressources humaines du continent africain. Né à Lomé (Togo), ce passionné de 37 ans est venu se former en France dès le lycée. Diplômé de la Faculté de sciences économiques d’Assas (Paris) et du Conservatoire des Arts et Métiers, titulaire d’un MBA de Sup de Co de Paris, il a travaillé successivement dans une agence de communication, au sein d’une régie publicitaire et dans le groupe CEP, où il était chargé de l’organisation de plusieurs salons. Il a été ensuite directeur commercial d’une entreprise d’emballage, avant de créer AfricSearch avec un groupe de sept jeunes Africains, dont il ne reste plus aujourd’hui que Joël Eric Missainhoun (d’origine ivoirienne), son associé du bureau de Paris. Même s’il a quitté l’Afrique à l’âge de 13 ans, Didier Acouetey se sent « imprégné des valeurs africaines comme le respect des aînés et de la famille ou encore la solidarité avec les plus démunis ». Il n’a pas hésité à s’impliquer sur le plan politique au Togo en créant, en 2005, un groupe de pression indépendant, Initiative 150, pour recueillir des signatures contre la prise de pouvoir par la force du fils du président Eyadéma. L’homme se sent une « responsabilité vis-à-vis de l’histoire à venir » et affirme sa volonté de contribuer à « créer une masse critique de personnes capables de peser sur le cours des évènements ». I.V. | |||
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