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| 09/06/2006 | |||
| Les nouveaux géants asiatiques relancent la coopération Sud-Sud | |||
| (MFI) Prônée depuis plus de cinquante ans pour renforcer la position des pays en développement face à leurs partenaires plus riches, la coopération Sud-Sud connaît un élan renouvelé sous l’impulsion de la Chine et de l’Inde. Politique à l’origine, dans le cadre de la guerre froide entre l’Ouest et l’Est, cette coopération se veut aujourd’hui plus économique et pragmatique face aux défis de la mondialisation. | |||
| Le gouvernement chinois a conclu, en mai 2006, un accord avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) destiné à fournir, sur une période de six ans, les services d’au moins 3 000 techniciens pour améliorer la productivité des petits exploitants agricoles et des pêcheurs dans les pays en développement (PED). La lettre d’intention a été signée par le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, et le vice-ministre chinois de l’Agriculture, Zhang Baowen, au cours de la Conférence régionale pour l’Asie et le Pacifique qui s’est tenue du 15 au 19 mai 2006 à Jakarta. Cette collaboration avec la Chine s’inscrit dans le cadre d’une initiative de coopération Sud-Sud, destinée à renforcer l’entraide mutuelle entre des pays à des stades différents de développement. Lancé par la FAO, le Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA) a été conçu pour améliorer les moyens d’existence dans les pays les plus pauvres, grâce à l’augmentation rapide de la production vivrière, l’amélioration de l’accès de tous à la nourriture et la réduction de la vulnérabilité aux aléas climatiques comme les sécheresses et les inondations. Plus de 100 pays participent au PSSA et partagent ainsi le savoir-faire de plus de 600 experts et techniciens travaillant dans les communautés rurales de plus de 30 pays. Les coûts sont partagés entre les pays donateurs et bénéficiaires, les institutions financières et la FAO. Les spécialistes chinois, qui disposent d’une expertise pratique en irrigation, agronomie, élevage, pêche ou activités après-récolte, seront progressivement déployés pour des missions de trois ans au cours des six prochaines années. Une augmentation de 50 % en six ans Pékin est un important pourvoyeur d’experts dans le cadre de la coopération Sud-Sud et a déjà signé des accords avec le Bangladesh, l’Ethiopie, le Ghana, le Mali, la Mauritanie et le Nigeria, ainsi qu’avec 14 Etats insulaires en développement dans le cadre de programmes régionaux. Le sommet de Jakarta de 2005 a mis l’accent sur un partenariat stratégique entre l’Afrique et l’Asie qui se retrouvent au sein du Groupe des 77 et de la Chine. Entre 1995 et 2001, le commerce total entre l’Afrique et les pays en développement ou émergents d’Asie a augmenté de près de 50 %, passant de 20,9 milliards de dollars à plus de 30 milliards. Longtemps restée modeste, la coopération Sud-Sud revêt plusieurs aspects comme l’intégration régionale ou le front commun des pays en développement au sein de l’Organisation mondiale du commerce. Les Africains en ont fait un des fondements du Nouveau partenariat pour le développement économique de leur continent (Nepad). Mais il a fallu attendre les boom chinois et indien pour que la communauté internationale en fasse aussi l’un de ses chevaux de bataille, d’autant plus que de nouveaux dirigeants de gauche en Amérique latine sont, comme Hugo Chavez, des chantres d’un tiers-mondisme renouvelé. Harmoniser la coopération Sud-Sud et les objectifs du Millénaire pour le développement Selon des experts de l’Onu, la coopération Sud-Sud commence à modifier le paysage des relations internationales, en particulier dans les domaines du commerce, de la finance, de l’aide au développement et de l’intégration régionale. Le plus grand défi à relever consiste, selon eux, à assurer l’application intégrale des divers plans d’action. Ils estiment que le Groupe spécial de la coopération Sud-Sud, aux Nations unies, doit soutenir les PED en vue d’harmoniser le programme de coopération Sud-Sud avec les objectifs du Millénaire pour le développement, notamment en établissant des mécanismes permettant d’appliquer plus efficacement les politiques. L’Union européenne, elle, reconnaît que la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire peuvent améliorer l’efficacité de l’aide, ce qu’un certain nombre de ses Etats membres ont soutenu par l’intermédiaire de leurs programmes d’aide bilatérale mais aussi à travers les accords avec les ACP (pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique). Selon les experts européens, certains pays en développement appliquent déjà des programmes efficaces de coopération Sud-Sud ; l’expérience du Nepad, avec son mécanisme africain d’évaluation par les pairs, montre que le concept de coopération régionale est réalisable et mérite le soutien des Européens. L’UE soutient ces mécanismes, par exemple à travers sa Facilité pour l’eau en faveur de l’Afrique, qui favorise une gestion coordonnée des ressources en eau. Elle a également conclu des accords avec un certain nombre d’organisations telles que l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, la Communauté des Caraïbes ou la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest en vue de promouvoir les avantages de l’intégration économique régionale. La coopération mutuelle croissante entre la Banque européenne d’investissement et les banques de développement offre d’autres possibilités, sans oublier la participation croissante des ONG à la coopération Sud-Sud. | |||
| Marie Joannidis | |||
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