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| 07/07/2006 | |||
| L’intégrité des dirigeants, condition du développement | |||
| (MFI) Pour battre en brèche la corruption et remédier aux déficiences de la gouvernance à travers le monde, il faut accorder une plus grande place aux valeurs éthiques et à l’intégrité dans la conduite des affaires. Telle a été la conclusion du premier Forum mondial sur l’éthique, qui a proposé de constituer une Alliance mondiale pour l’intégrité. | |||
| Le premier Forum mondial sur l’éthique (World Ethics Forum), qui a réuni à Oxford, en avril 2006, plus de 250 participants venus de 70 pays développés et en développement sur le thème de la conduite des affaires, l’éthique et l’intégrité dans la vie publique, a proposé de constituer une Alliance mondiale pour l’intégrité (AMI). Celle-ci devrait faciliter la formation de coalitions de responsables de différents groupes de la société décidés à faire régner l’intégrité. Le forum a en effet permis de replacer l’intégrité morale des responsables de l’action publique – qui serait le « maillon manquant » dans les débats sur la gouvernance – au cœur du développement international. « Une piètre gouvernance, le manque de transparence et la corruption sont autant d’obstacles majeurs à la compétitivité d’un pays sur les marchés mondiaux, a souligné Frannie Leautier, vice-présidente de l’Institut de la Banque mondiale. Les chefs de file du secteur public comme du secteur privé doivent exiger un profond respect des valeurs éthiques. » « La tenue de ce Forum répond à une aggravation de la crise de l’intégrité dans les affaires », avait estimé en ouverture de la rencontre Mary Robinson, ex-présidente de l’Irlande et directrice de Ethical Globalization Initiative. Elle a rappelé qu’en dépit des avancées réalisées dans la dernière décennie, l’application des codes d’éthique adoptés dans différents pays reste problématique, spécialement dans les affaires publiques. De fait, les conférences sur ce thème se multiplient. En mars 2004, en Turquie, un Forum pour une alliance globale pour l’intégrité donnait naissance à un réseau rassemblant autour de ce thème des spécialistes des ONG, des entreprises et des gouvernements. « La Convention des Nations unies contre la corruption vient d’entrer en vigueur, toutefois sa mise en œuvre et ses contrôles sont loin d’être un fait accompli », remarque pour sa part le Centre d’éthique de l’université Saint-Paul (Ottawa, Canada), qui organise en février 2007 un Congrès international en éthique. Aider les ex-responsables qui ont fait preuve d’intégrité morale « Les dirigeants éthiques sont le « capital humain » de la réforme de la gouvernance, a expliqué le Pr Charles Sampford, président de l’ONG International Institute for Public Ethics (IIPE). Ce Forum a permis d’examiner des moyens pratiques de reconnaître leur mérite et de leur fournir un appui. » Les participants au Forum ont d’ailleurs été sélectionnés en fonction de leur contribution à l’amélioration de la gouvernance dans leur pays, pour avoir fait preuve d’un sens exemplaire de leurs responsabilités dans différents contextes : secteur public, société civile, médias ou communautés locales. L’objectif était de promouvoir leurs actions pratiques : sensibilisation, témoignages et mise en place de réseaux ; formation de coalitions entre nations et entre secteurs ; renforcement des capacités aux fins d’une conduite des affaires fermement ancrée dans le respect des valeurs éthiques ; fourniture d’un appui aux nouveaux chefs de file, ainsi que de ressources et de refuges aux ex-responsables qui ont fait preuve d’intégrité morale. « L’éthique et l’intégrité sont des facteurs essentiels au développement », a rappelé Sanjay Pradhan, directeur du service de la gouvernance du secteur public à la Banque mondiale. « Notamment en Afrique, a renchéri Dele Olojede, journaliste nigérian titulaire du Prix Pulitzer 2005. Nous ne pouvons pas envisager de procéder à des réformes et instaurer une bonne gouvernance sans faire intervenir les valeurs éthiques et l’intégrité. » Pour John Githongo, ancien secrétaire permanent de Governance and Ethics, au Kenya, « les valeurs éthiques et le service public ne sont pas que des mots couchés sur le papier. Il s’agit, en fin de compte, de ce que toute personne en qui la confiance publique a été investie ressent au plus profond d’elle-même. Si elle a l’impression que quelque chose est mal, c’est probablement parce que cela l’est effectivement. Le problème consiste à concrétiser la volonté politique par des actions. » Antoinette Delafin Pour en savoir plus : 2006 World Ethics Forum, "Leadership, Ethics and Integrity in Public Life", University of Oxford, http://www.iipe.org/worldethicsforum/ | |||
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