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| 27/10/2006 | |||
| L’Union européenne confirme le lien entre aide et bonne gouvernance | |||
| (MFI) Technique et pétrie de bonnes intentions, l’aide au développement de l’Union européenne, premier bailleur de fonds des pays pauvres, est devenue un partenariat politique Nord-Sud liant soutien financier et bonne gouvernance, et une des activités essentielles de la politique extérieure européenne. | |||
| « L’aide seule ne sert pas à grand chose. Nous l’avons appris à nos dépens au cours d’un demi-siècle d’aide au développement. L’aide doit venir en appui à des politiques vertueuses mises en place par les Etats et les organisations régionales. C’est à cela que sert le dialogue politique : à soutenir la mise en place de politiques qui peuvent aboutir à un développement durable dans un cadre démocratique et dans le respect de l’Etat de droit, des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et des principes de bonne gouvernance », a souligné, fin septembre 2006, le Commissaire européen au développement Louis Michel devant les ambassadeurs des pays du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Il a affirmé à cette occasion que les nouvelles stratégies adoptées par l’Union européenne, loin de se substituer à l’Accord de Cotonou qui lie les ACP à l’UE, visent à en renforcer l’efficacité qui passe par une organisation plus politique et stratégique de l’aide. Il a aussi mis l’accent sur la gouvernance qui constitue désormais une composante essentielle du Consensus européen pour le Développement qui, au-delà de la lutte contre la corruption, permet le renforcement de la capacité des institutions publiques à assumer les tâches de gestion de l’Etat et de l’économie. L’aide publique au développement (APD) européenne s’est élevée en 2006 à près de 46 milliards d’euros, soit plus de la moitié de l’aide globale au développement. « Nos politiques de développement ne seront couronnées de succès qu’au prix d’un engagement constant à travailler main dans la main avec nos partenaires. Cela passe par des montants d’aide accrus, mais aussi par une meilleure coordination et une meilleure qualité de notre aide et un accent sur la gouvernance démocratique, sans laquelle il n’y a pas de vrai développement », a souligné Louis Michel. Un dialogue accru entre l’Europe et l’Union africaine Sous l’impulsion de la Commission, et notamment de Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères, l’UE s’est dotée en 2005 d’un cadre politique pour assurer plus de cohérence, et donc plus d’efficacité, comprenant notamment le Consensus européen sur le développement et la Stratégie de l’Union européenne pour l’Afrique. Pour Louis Michel, cette politique de développement est basée sur le principe d’un développement soutenable, équitable, qui implique aussi un volet social et humain. La promotion des droits de l’homme, de la démocratie, des principes de bonne gouvernance en fait partie intégrante. Faisant à la mi-octobre 2006 le bilan de la mise en application de la stratégie pour l’Afrique aux côtés de Javier Solana, responsable de la politique extérieure de l’UE, le Commissaire au développement s’est notamment félicité du dialogue accru entre l’Europe et l’Union africaine, le financement du Fonds européen de développement (FED) et les opérations de maintien de la paix, notamment au Soudan. Parmi les autres mesures européennes figurent déjà l’appui à la reconstruction des pays sortant d’un conflit et au centre antiterroriste de l’UA. Dans le cadre de la promotion des droits de l’homme, de l’État de droit et de la bonne gouvernance, des missions d’observation électorale de l’UE se sont rendues en RDC, en Ouganda et en Zambie. La Commission européenne a proposé un partenariat euro-africain pour les infrastructures, qui sera financé par le FED et un nouveau fonds fiduciaire de l’UE pour les infrastructures en Afrique mis en place conjointement avec la Banque européenne d’investissements (BEI). Le premier forum commercial UE-Afrique se tient à Bruxelles en novembre 2006. Il s’attache à stimuler le développement du secteur privé et à encourager les investisseurs européens en recherche de perspectives commerciales à se tourner vers l’Afrique. Une conférence ministérielle euro-panafricaine sur les migrations et le développement a lieu également en novembre 2006, en principe en Libye, l’UE entendant mettre ce sujet à l’ordre du jour du dialogue politique avec les pays d’Afrique du Nord, les pays ACP et les organisations régionales africaines. La Nouvelle stratégie pour l’Afrique pour la décennie 2005-2015 définit un cadre d’action pour l’ensemble des États membres de l’UE et la Commission européenne afin d’appuyer les efforts déployés par l’Afrique pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Elle fait suite aux décisions d’accroître et d’améliorer l’aide au développement, d’accélérer sa mise en oeuvre et de la cibler en particulier sur l’Afrique. Un nouvel objectif collectif intermédiaire pour l’APD a été adopté : 0,56 % du revenu national brut (RNB) d’ici 2010, de manière à atteindre un taux de 0,7 % d’ici 2015. Il a également été décidé qu’au moins la moitié de ces ressources supplémentaires serait consacrée à l’Afrique. Cette stratégie a obtenu l’aval des 25 pays membres de l’UE qui se sont engagés à la mettre en application, chacun à son rythme, avec comme locomotives la France et la Grande Bretagne. | |||
| Marie Joannidis | |||
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