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| 27/10/2006 | |||
| Chine-Afrique : une coopération tous azimuts sous le signe du « pragmatisme » | |||
| (MFI) Réunis début novembre à Pékin, dirigeants chinois et africains entendent donner une impulsion politique à leur nouvelle coopération tous azimuts, lancée en 2000, qui concurrence désormais les partenariats traditionnels de l’Afrique avec les Occidentaux. | |||
| La Chine, nouveau géant économique asiatique et mondial, avide de pétrole, de matières premières et de nouveaux marchés, a promis de joindre ses efforts à ceux des pays africains pour faire du sommet prévu du 3 au 5 novembre 2006 à Pékin, dans le cadre du 3e Forum ministériel sino-africain, un « grand rendez-vous pragmatique », selon les propres termes du ministre chinois des Affaires étrangères Li Zhaoxing. Celui-ci a rappelé que 2006 marque le 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains, relations qui n’ont cessé de s’élargir, le Sénégal et le Tchad étant les deux derniers à avoir renoué avec Pékin après un long flirt avec l’île de Taiwan. En janvier 2006, le gouvernement chinois a publié un Document officiel sur sa politique africaine, insistant sur les bénéfices mutuels d’un partenariat stratégique examiné au sommet de novembre. Pour leur part, les Africains, avides d’investissements et de débouchés pour leurs exportations, se félicitent pour le moment de ce nouveau partenaire qui ne pose pas de conditions politiques et finance avec largesse leurs infrastructures. Depuis le début de l’année, le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le chef de l’Etat Hu Jintao ont l’un après l’autre effectué une tournée en Afrique. Et les dirigeants chinois ont même déclaré 2006 l’année de l’Afrique pour la Chine. Un Forum de coopération institué dès l’an 2000 Fin octobre, la Chine a catégoriquement réfuté les critiques du président de la Banque mondiale, l’Américain Paul Wolfowitz, selon lesquelles ses prêts à l’Afrique ne prennent pas en compte la situation locale des droits de l’homme et ses projets ne respectent pas les normes internationales de préservation des ressources dans le cadre du développement durable. Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a souligné à ce propos que la coopération de la Chine avec les pays africains était basée sur les bénéfices égaux et mutuels, ajoutant qu’elle avait contribué à augmenter le niveau de vie des peuples africains et favoriser leur développement. La Chine a toujours adopté une politique de non-ingérence dans les affaires internationales des autres pays, a-t-il précisé. La Chine avait réuni à Pékin, en octobre 2000, un Forum de coopération pour approfondir les relations sino-africaines. « La Chine est le pays en développement le plus vaste, alors que l’Afrique concentre le plus grand nombre de pays en développement, l’une et l’autre se rapprochant ainsi par des défis communs à relever : la stabilité sur le long terme, le développement économique et l’amélioration des conditions de vie de leurs populations respectives », avaient affirmé à l’époque les responsables chinois. Le deuxième Forum Chine-Afrique s’est tenu en décembre 2003 à Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Le Plan d’action d’Addis Abeba, adopté à la fin de cette rencontre, a défini les idées directrices, les objectifs principaux et les mesures concrètes à prendre pour renforcer la coopération sino-africaine entre 2004 et 2006. C’est sur cette lancée qu’à l’occasion du Forum 2006, les Chinois ont invité tous les chefs d’Etat africains, y compris ceux des quelques pays qui n’ont pas de relations diplomatiques avec Pékin. Ils ont aussi voulu donner le maximum de publicité au sommet un créant un site web dédié à l’événement et à la coopération sino-africaine, produit par l’agence de presse Xinhua, et disponible en chinois, en anglais et en français (www.focacsummit.org). Le ministère chinois des Affaires étrangères précise attendre plus de 30 chefs d’Etat ou de gouvernement africains. Le commerce entre la Chine et l’Afrique pourrait dépasser 50 milliards de dollars en 2006 Selon le ministère chinois du Commerce, la Chine a aidé, au cours du demi-siècle passé, 53 pays africains avec près de 800 projets et cette aide s’est faite sans aucune condition politique. En 2005, le commerce entre la Chine et l’Afrique a atteint 39,74 milliards de dollars, soit le double du chiffre de l’année 2000, et en hausse de 35 % sur l’année précédente (2004). Il pourrait dépasser 50 milliards de dollars en 2006, selon les mêmes sources. Fin 2005, la Chine avait établi plus de 800 entreprises en Afrique, ce qui représente plus de 6 milliards de dollars d’investissements. Les projets couvrent les domaines de la construction, de l’industrie pétrochimique, de l’énergie, de la culture, de l’éducation, de la santé et de la transformation alimentaire. Le pétrole bien sûr figure en bonne place : en 2005, la Chine a importé d’Afrique 38,3 millions de tonnes de pétrole brut, soit 30 % des importations totales. Les investissements dans le domaine de l’énergie ont commencé en 1995. A la fin de 2005, le pays avait déjà investi dans 27 projets de coopération pétrolière et gazière concernant 14 pays africains tels que le Soudan, l’Algérie, l’Angola et le Nigeria. La percée de la Chine en Afrique, où elle se trouve souvent en concurrence avec l’Inde, qui la talonne parfois, est suivie de près par les Américains, les Français et autres Occidentaux, également intéressés par les réserves pétrolières africaines à un moment de grande incertitude au Moyen-Orient et de hausse du cours du brut malgré de petites fluctuations. Les Etats-Unis se déclarent sereins pour le moment et la France songe à une possible coopération triangulaire. C’est du moins ce qu’a indiqué l’ambassadeur de France à Pékin fin octobre, à la veille la veille de la visite officielle du président français Jacques Chirac en Chine. | |||
| Marie Joannidis | |||
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