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| 16/01/2008 | |||
| Rapport 2008 du Cian Les Afriques, courtisées, sont face à une occasion historique | |||
| (MFI) Le Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian) a présenté, mardi 15 janvier 2008, son 19e rapport annuel Les entreprises françaises & l’Afrique. Cette organisation, qui rassemble des entreprises industrielles et de services présentes en Afrique – ses membres génèrent plus de 75 % de l’activité française sur le continent –, revendique sa connaissance du terrain. Fort de cette démarche de praticiens du développement, le Cian livre, à travers cette 19e édition, publiée par le Moniteur du commerce international (Moci), une vue à la fois optimiste et sévère de la situation économique de l’Afrique. | |||
| Selon Anthony Bouthelier, président délégué du Cian, l’originalité du rapport est d’être le « fruit d’une enquête auprès des opérateurs en Afrique ». Celle-ci porte sur deux volets : la marche des affaires d’une part, la perception des acteurs de l’environnement des affaires d’autre part. L’enquête est éclairée par des articles plus généraux (partie « Les perspectives de l’Afrique ») qui permettent de replacer ses conclusions dans le contexte. En résumé, a indiqué M. Bouthelier, le 19e rapport du Cian est « optimiste sur l’Afrique car l’Afrique croule sous les ressources. Mais il est également sévère parce que nous avons peur que l’Afrique rate encore une fois une occasion de se développer. Peur que les nouveaux opérateurs soient davantage dans une logique de prédation que de développement. » Peur également, pourrait-on ajouter, que ne soit pas reconnue la priorité qui, explique Gérard Pélisson, président du Cian, dans l’éditorial du document intitulé Riche Afrique, « n’est pas d’augmenter les ressources mais d’organiser leur utilisation, qu’elles proviennent d’aides ou d’autres richesses dont l’Afrique ne manque pas ». « De plus en plus d’Africains, continue Gérard Pélisson, reprochent à l’aide publique d’aggraver la pauvreté dans les pays où sévissent des kleptocraties, puisqu’elle renforce la capacité de nuisance des prédateurs. » L’occasion de souligner qu’il faudrait davantage parler « d’Afriques » au pluriel, tant les situations peuvent être contrastées et même si l’ensemble du continent est courtisé, pour ses matières premières essentiellement. Une carte du harcèlement fiscal en Afrique Une meilleure utilisation des ressources, cela signifie notamment lutter contre la corruption. A ce propos, les intervenants ont insisté sur les effets de leur charte de prévention de la corruption récemment mise en place. « La charte était une demande des entreprises pour qu’il y ait une meilleure visibilité des engagements qu’elles prenaient en la matière. » Selon Philippe Montigny, spécialiste de ce sujet au Cian, « il y a de la corruption partout dans le monde, mais l’Afrique étant parmi les plus pauvres, c’est là où elle a les conséquences les plus dramatiques. En outre, le problème de la corruption sur ce continent, c’est que l’argent détourné n’est pas investi sur place, il sort d’Afrique. » Outre les classiques analyses économiques par zone et par pays, le rapport propose, et c’est une nouveauté, une carte du harcèlement fiscal en Afrique. Elle est le résultat d’un sondage sur la base de réponses anonymes des membres du Cian. Elle reste donc évidemment subjective. D’ailleurs, certains mauvais élèves en matière de corruption comme le Nigeria figurent parmi les bons élèves. « Ces résultats nous ont surpris, mais il est vrai qu’il y a des pays très corrompus qui ne pratiquent pas le harcèlement fiscal », explique M. Bouthelier. Parmi les solutions, le renforcement de l’Etat de droit et une plus grande association des intervenants privés aux décisions et actions publiques. « Partout et toujours, insiste Anthony Bouthelier, le développement est et a été le résultat de l’osmose entre un Etat fort et l’initiative privée. » Le président délégué du Cian défend donc l’importance de cette enquête, photographie de la réalité vécue par les entreprises. « Nous le répétons aux autorités africaines : il n’y a pas d’investisseurs dans les pays où les opérateurs sont maltraités. Les entreprises ne sont pas des organes de développement. Si elles ne trouvent pas une situation favorable dans un pays, elles ne s’y installent pas. » Il se fait également l’avocat des multinationales qui sont plus souvent « porteuses de l’Etat de droit » qu’on ne veut bien le dire. « Les sociétés, les grandes entreprises sont en avance sur les politiques. Ca a par exemple été le cas, dans certains pays, en matière de sida et de distribution des antirétroviraux. » « L’Afrique, conclut le secrétaire général du Cian Stephen Decam, bouge aujourd’hui très vite. Elle est de plus en plus courtisée et reclassée géopolitiquement.(…) Pour tous, les défis seront considérables, mais pour l’Afrique, pour tous ceux qui y vivent, qui y travaillent et qui y investissent, “l’échec ne peut plus être une option, ni l’espoir une stratégie” ». Reste à agir. · Rapport 2008, Les entreprises françaises et l’Afrique, CIAN / Moci n°1808, décembre 2007, 25 euros · En savoir plus : www.cian.asso.fr | |||
| Jean-Philippe Chognot & Ariane Poissonnier | |||
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