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| 04/03/2008 | |||
| Objectifs du Millénaire : l’Onu et l’OCDE veulent accélérer le pas | |||
| (MFI) Face aux retards pris dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement visant à réduire la pauvreté, l’Onu et l’OCDE ont décidé de renforcer leur coopération pour accélérer le pas. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, qui surveille les efforts pour atteindre les OMD d’ici 2015, doit ainsi rencontrer, le 10 mars à New York, Angel Gurria, son homologue de l’OCDE qui regroupe les pays industrialisés, principaux donateurs d’aide publique au développement. | |||
| Selon l’Organisation des Nations unies (Onu), les objectifs de réduction de la pauvreté dans le monde d’ici 2015 sont loin d’être en voie de réalisation, malgré les efforts des Etats qui ne sont pas toujours à la mesure de leurs promesses. Selon Philippe Douste-Blazy, ancien ministre français des Affaires étrangères, nommé conseiller spécial du secrétaire général de l’Onu pour les financements innovants du développement, « il manque 50 milliards de dollars par an (34 milliards d’euros) pour atteindre les objectifs » du Millénaire pour le développement (OMD), adoptés par les dirigeants du monde en 2000, alors que 1 500 milliards de dollars (1 000 milliards d’euros) sont échangés par jour sur les places financières. Dans une interview au quotidien français La Croix, Douste-Blazy a indiqué que « l’Onu réfléchit à la possibilité de taxer les jeux et le commerce sur Internet pour financer la lutte contre la pauvreté », et a aussi évoqué une « contribution volontaire des citoyens d’un ou deux euros » comme nouveau moyen de financement. A l’initiative de la France, un certain nombre de pays ont décidé d’adopter une taxe sur les billets d’avion pour financer le développement. L’aide des pays émergents et des fondations privées compte désormais L’OCDE s’est pour sa part posé la question de savoir si l’aide au développement a amélioré les conditions de vie des populations vivant dans les pays en développement au cours des cinq dernières années. Le dernier rapport de l’organisation estime que oui, mais juge les progrès trop lents. Elle estime que l’accroissement de l’aide sert les pays très pauvres avec des résultats positifs : ainsi, en Afrique subsaharienne, la mortalité infantile diminue et le taux de scolarisation augmente. Mais elle juge que malgré les efforts déployés par les pays donateurs comme bénéficiaires pour utiliser l’aide d’une manière plus efficace, les progrès réalisés demeurent limités et les problèmes posés, par exemple les inégalités et le changement climatique, s’aggravent. Le dernier rapport du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, paru à la mi-février 2008, précise que l’aide publique au développement (APD) globale de ses membres est retombée de 4,5 % en 2006, à un total de 104,4 milliards de dollars, soit 0,31 % du revenu brut national de ce groupe de pays. Angel Gurria souligne toutefois que l’aide de pays non membres du CAD ou de l’OCDE augmente rapidement, à commencer par celle des pays émergents, tout comme celle des fondations privées et des organisations charitables, notamment en Afrique. « Nous renforçons, a-t-il dit, notre coopération avec le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et l’Afrique du Sud », qui regroupent près de la moitié de la population mondiale et représentent 15 % des exportations mondiales. Cette nouvelle tendance a aidé l’Afrique à porter sa croissance à des taux inespérés. Le secrétaire général de l’OCDE déplore cependant que beaucoup de pays et de régions ne sont pas encore en mesure d’atteindre les OMD. « C’est pourquoi, a-t-il dit, nous devons essayer plus fort. » Parmi les bénéficiaires d’APD, l’Afrique a reçu 29 milliards de dollars en 2006 contre 22 milliards en 2004. Ce qui est toujours loin des 50 milliards promis pour 2010 au sommet du G8 à Gleneagles (2005). Il faut maintenant commencer à compenser les annulations de dette Les seuls cinq pays du CAD à atteindre ou dépasser l’objectif de 0,7 % du PNB fixé par l’Onu sont restés les mêmes en 2006 : le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Les Etats-Unis restent le plus grand donateur en valeur absolue avec un montant de 23,5 milliards de dollars, ce qui représente 0,18 % de leur PNB. Cela représentait néanmoins une baisse de 18 % par rapport à 2005, essentiellement en raison de l’annulation de dette, notamment au bénéfice de l’Irak, comptabilisée cette année-là. Ils sont suivis par la Grande-Bretagne, le Japon, la France et l’Allemagne. L’APD des quinze membres du CAD qui font également partie de l’Union européenne comptait pour 57 % du total de l’APD du groupe, dont l’aide totale a atteint 59 milliards de dollars. Parmi eux, l’Irlande, l’Espagne, la Suède et la Grande-Bretagne ont enregistré des augmentations significatives de leurs aides. Celles de la France, du Danemark, de l’Allemagne, de la Grèce, du Luxembourg, des Pays-Bas et du Portugal se sont accrues de façon modérée alors qu’elles ont diminué dans quatre autres pays de l’UE dont l’Italie. Plusieurs pays du CAD avaient annoncé à l’occasion de la conférence de Monterrey sur le financement du développement en 2002 des projets d’augmentation de leur aide. La plupart d’entre eux ont atteint ces objectifs, mais en incluant les annulations de dette, notamment à l’Afrique, annulations qui ne peuvent être répétées d’une année sur l’autre et qui devront donc être compensées par la suite. | |||
| Marie Joannidis | |||
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