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13/05/2008
La Francophonie économique se met en marche

(MFI) Organisation culturelle et de plus en plus politique, la Francophonie cherche également à faire émerger un espace économique francophone capable de mieux faire face aux enjeux et aux défis de la mondialisation. C’est dans cette perspective qu’est organisée à Québec, du 16 au 19 mai 2008, la Rencontre internationale de la Francophonie économique (RIFE).

C’est dans la ville hôte du prochain Sommet de la Francophonie, prévu en octobre, que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), associée à la Chambre de commerce de Québec et à ses partenaires du secteur privé, organise du 16 au 19 mai 2008 la Rencontre internationale de la Francophonie économique (RIFE). Plus de 300 opérateurs du secteur privé sont conviés à venir débattre, au sein d’ateliers, du thème « Espace économique francophone : mythe ou réalité ? ». Le Secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf, présidera l’ouverture de cette réunion dont l’objectif est donc d’offrir aux entrepreneurs de tous les pays francophones l’occasion de développer des relations commerciales et institutionnelles, afin de donner un nouvel élan à un espace économique francophone riche de potentialités.
En effet, dans un contexte mondial marqué par les délocalisations et l’essor des technologies de la communication, l’usage d’une langue commune et la grande diversité de l’espace francophone sont autant d’atouts pour l’intensification des échanges économiques entre les 68 États et gouvernements de la Francophonie. Ils représentent 12,6 % de la population mondiale (plus de 800 millions de personnes) et 12 % de son revenu. Selon les chiffres officiels, le volume des échanges entre ces pays se monte à 688,392 milliards de dollars en 2004 (contre 329 milliards en 2002), soit 19 % des échanges commerciaux mondiaux évalués à 3 500 milliards.

Pour que vive la solidarité, un objectif : la création de richesses

La Francophonie compte deux membres du G8, le Canada et la France, mais aussi des pays parmi les moins avancés (PMA) comme le Burkina Faso, le Burundi, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, la République centrafricaine ou le Tchad. L’espace économique francophone est également un acteur majeur du marché des investissements directs étrangers (IDE). En 2004, il a attiré 170,56 milliards de dollars soit 26 % du total des investissements mondiaux, estimés à 648 milliards de dollars.
Depuis plusieurs années, l’OIF a cherché à favoriser l’émergence d’industries culturelles dans les pays du Sud et à accompagner ceux-ci pour qu’ils puissent s’affirmer, sur les plans public et privé, dans le commerce international. Elle a aussi contribué à sécuriser l’environnement juridique des affaires et à veiller à un développement durable soucieux de l’environnement. Mais elle estime que la solidarité, « principe fondateur » d’une Francophonie qui réunit des États du Nord, des États du Sud ainsi que des pays émergents, doit être accompagnée par la création de richesses, objectif qui ne peut être atteint sans le dynamisme et la compétitivité des entreprises au plan national, régional et international. En allant à la rencontre du secteur privé, Abdou Diouf souligne donc la volonté de son organisation d’engager de nouvelles actions en faveur des acteurs de l’économie, créateurs d’emplois directs.
L’OIF participe d’ores et déjà au développement économique à travers différents programmes comme le renforcement de l’expertise de haut niveau en négociation commerciale (adhésion à l’OMC, participation aux négociations du Cycle de Doha ou conclusion des accords de partenariat économiques des pays ACP avec l’Union européenne). Ainsi, 19 conseillers en négociations commerciales internationales ont été placés auprès de 16 pays africains et 3 organisations régionales africaines.
L’OIF forme également les experts et les cadres des organisations d’intégration régionale et soutient leurs projets dans des domaines ciblés tels que la réduction des obstacles à l’intégration régionale, le développement des échanges intra et inter communautaire et le renforcement du partenariat entre les trois espaces économiques francophones d’Afrique, d’Asie et de l’océan Indien. Plusieurs partenariats sont déjà en cours, comme celui portant sur la promotion du commerce intra-régional entre les pays francophones d’Asie (Cambodge, Laos, Vietnam) et les pays francophones de l’océan Indien (Madagascar, Comores, Maurice, Seychelles), examiné lors du Forum des affaires organisé en janvier 2008, à Siem Reap au Cambodge.
L’OIF soutient les activités de l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires (Ohada) chargée d’appliquer le traité, signé en 1993 à Maurice par 16 pays africains pour adapter leur droit à la mondialisation, au renforcement des IDE, au particularisme des économies africaines, aux besoins réels des entreprises ainsi qu’à la sécurité des créanciers, des tiers et des investisseurs.

Soutenir les communautés et les artisans

Autre secteur phare, celui de l’émergence d’une économie de proximité solidaire, intégrée au développement durable. Différents axes d’interventions sont déployés : Programme spécial de développement (PSD), un fonds alimenté par des contributions volontaires qui finance des initiatives communautaires (accès à l’eau, valorisation des ressources et produits locaux…), ou Programme d’aide au développement local (PADL), qui permet d’accompagner les communautés de base dans un processus participatif.
Le développement d’une économie de proximité permettant le passage d’un artisanat informel, à développement limité, à un artisanat de production structuré est également soutenu à travers une aide au renforcement des capacités techniques et de gestion des artisans et le financement de projets de promotion et de structuration de filières artisanales. Parmi les exemples : un projet pilote de transformation de l’aluminium au Sénégal, ou un autre de valorisation des déchets plastiques à Nouakchott en Mauritanie.
Pour sa part, l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie joue un rôle de conseil et d’expertise auprès des États. Il réalise des projets pilotes, notamment pour la promotion et l’utilisation des énergies renouvelables issues du milieu local, offre des formations, produit et diffuse en français de l’information spécialisée afin de promouvoir des sources d’énergie peu coûteuses et accessibles, respectueuses de l’environnement.
Enfin, une série d’actions est déployée afin de participer à une mondialisation respectant la diversité des cultures : fonds de garantie des industries culturelles institués auprès d’organismes financiers en faveur de 10 pays francophones du Sud, formation d’entrepreneurs culturels des filières musique et image, participation à la constitution d’un Bureau export de la musique africaine pour un meilleur accès aux marchés internationaux, appui à la définition de politiques culturelles et développement de la culture numérique.

Aider les entrepreneurs à répondre aux appels d’offre

(MFI) Concernant l’accès aux marchés de l’aide publique au développement, le projet Amade aide les entreprises des pays membres de l’OIF à mieux accéder aux marchés publics issus des financements internationaux pour le développement. Sa stratégie d’intervention repose sur la mise en place, au sein d’organisations intermédiaires du secteur privé, de services aux entreprises dédiés à l’accès à ces marchés : veille stratégique, conseil pour le montage et la soumission d’offres, formation des entreprises aux procédures de passation des marchés, recherche de sous-traitants et de partenaires. Des centres d’information ont été mis en place dans 26 pays francophones du Sud et d’Europe centrale et orientale.
L’OIF aide également ses pays membres très endettés à mieux accéder aux ressources nécessaires à leur développement, en appuyant leurs initiatives d’amélioration de la gestion de leur dette publique. Un logiciel de gestion et de stockage des données de la dette a été mise en place dans 9 pays et la Francophonie soutient les initiatives de plaidoyer portant sur le traitement de la dette publique et l’accès aux ressources additionnelles nécessaires.
M. J.


Marie Joannidis

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