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| 20/05/2008 | |||
| Ticad IV : mobiliser de nouvelles idées pour l’Afrique | |||
| (MFI) Du 28 au 30 mai 2008 à Yokohama a lieu la quatrième session de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique, la Ticad-IV. Une rencontre qui va se pencher sur la croissance économique, la sécurité humaine et les effets du réchauffement climatique, et dont les conclusions seront transmises au G8 lors du sommet que le Japon accueillera début juillet à Toyako. | |||
| « La Ticad IV mobilisera de nouvelles idées et ressources afin de réaliser le développement de l’Afrique, par elle-même et par la coopération avec la communauté internationale. Cela contribuera à dynamiser le continent, ce dont bénéficieront sur le long terme tous les membres de la communauté internationale. » En quelques mots, le ministre japonais des Affaires étrangères, Masahiko Koumura, résume la philosophie de ce colloque politique, co-organisé tous les cinq ans au Japon avec l’Onu, le Pnud et la Banque mondiale : respecter les propres efforts de l’Afrique pour le développement et promouvoir la coopération entre les différents intervenants du développement africain. Appropriation et partenariat, pour le bénéfice de tous. Si le Japon consacre près de la moitié de son aide publique au développement aux pays d’Asie qui en ont besoin (49,3 % du total), l’Afrique vient en seconde position : elle reçoit 27,4 % de l’APD japonaise, loin devant l’Amérique latine (11,1 %). Pour 2007, l’APD nette du Japon s’est élevée à 7,7 milliards de dollars (0,17 % du RNB), ce qui fait du pays le cinquième donateur mondial en volume derrière les Etats-Unis, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Si l’on s’attache à l’APD brute, le Japon remonte à la troisième place avec 13,6 milliards de dollars, derrière les Etats-Unis (22,6) et l’Allemagne (13,6). Selon Mme Sadako Ogata, présidente de l’Agence japonaise pour la coopération internationale (Jica), l’aide publique au développement du Japon a diminué de 40 % durant les dix dernières années. « L’assistance du Japon aux nations en développement doit refléter son rang de deuxième puissance économique mondiale et le peuple japonais doit être encouragé dans son soutien pour une augmentation de l’aide », a déclaré l’ancienne haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, nommée à la tête de la Jica en 2003 et reconduite en 2007 dans ses fonctions pour un second mandat de quatre ans. Mme Ogata a notamment pour tâche de mener à bien la fusion entre la Jica et la Banque japonaise pour la coopération internationale (Japan Bank for International Cooperation, JBIC), fusion qui devrait être achevée en octobre 2008 avec la création d’une nouvelle Jica. Les infrastructures à la base du développement La Ticad-IV aura pour thème « Vers une Afrique qui gagne : un continent d’espoir et d’opportunités », décliné en trois chapitres : comment amplifier la croissance économique africaine, comment garantir la sécurité humaine, comment limiter les effets du réchauffement climatique. Sur le premier chapitre, la Ticad devrait notamment proposer un projet clair de développement transnational des infrastructures, routières et électriques principalement, ainsi qu’un recours accru au partenariat public-privé dans lequel les fonds publics (aides ou investissements) jouent un rôle incitateur pour attirer les investissements privés. Les responsables japonais en la matière aiment à citer l’exemple du projet Mozal de transformation de l’aluminium au Mozambique. Concernant la sécurité humaine, le Japon met l’accent sur la santé, l’éducation et la sécurité alimentaire ; aussi bien, pour ce dernier point, par l’amélioration de la production agricole (par exemple, accroître la diffusion du Nerica, le nouveau riz pour l’Afrique) que par une aide alimentaire d’urgence lorsque c’est nécessaire (100 millions de dollars d’aide ont ainsi été débloqués sur trois mois à compter de mai 2008 pour répondre à l’augmentation des prix). Mais il souhaite également travailler à l’amélioration de la gouvernance et au renforcement des capacités des pays africains en la matière. Enfin, concernant le réchauffement climatique, le Japon souhaite profiter de la Ticad pour promouvoir la bonne utilisation des mécanismes financiers prévus par le Cool Earth Partnership, destiné à aider les pays africains à s’adapter aux effets des changements globaux (sécheresse, inondations, désertification) et trouver les moyens d’améliorer l’accès aux énergies propres. Les conclusions de la rencontre (qui débouchera sur une Déclaration, un Plan d’action et un Mécanisme de suivi, tous dits « de Yokohama »), seront transmises aux membres du G8 lors du sommet que le Japon accueillera du 7 au 9 juillet à Toyako, sur l’île d’Hokkaido. Sur le même thème, lire également : Ticad IV : le Japon aussi agit en Afrique http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/EconomieDeveloppement/2429.asp | |||
| Ariane Poissonnier | |||
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