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| 10/06/2008 | |||
| Sécurité alimentaire (2) Sommet de la FAO : des mesures bien timides | |||
| (MFI) Du 3 au 5 juin 2008, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), basée à Rome, a réuni 181 pays ainsi qu’une soixantaine d’ONG pour son sommet annuel. Thème imposé par l’actualité : la sécurité alimentaire mondiale. Après trois jours de débats et de divergences, les chefs d’Etat et les ministres se sont péniblement mis d’accord sur une déclaration minimaliste. Objectif : répondre à la flambée des prix alimentaires et encourager les investissements dans l’agriculture. | |||
| En s’appuyant sur le travail entrepris par les réunions d’experts tenues entre janvier et avril 2008, ainsi que sur le récent rapport Perspectives agricoles 2008-2017 écrit conjointement par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et la FAO, les participants au Sommet ont élaboré une déclaration finale. Celle-ci, sans engagements concrets, appelle à une augmentation de la production alimentaire et se prononce pour la fourniture de semences et d’engrais aux petits producteurs. Les donateurs et les institutions financières internationales sont invités à fournir « un appui en matière de balance des paiements et/ou un appui budgétaire aux pays à faible revenu importateurs de denrées alimentaires ». Selon la déclaration, « d’autres mesures devraient être envisagées si nécessaire pour améliorer la situation financière des pays dans le besoin, par exemple, le cas échéant, le réexamen du service de la dette ». Les responsables de la FAO recommandent aussi des initiatives visant à limiter les fluctuations inhabituelles des prix des céréales vivrières : « Nous demandons aux institutions concernées d’aider les pays à renforcer leurs capacités en matière de stocks de denrées alimentaires et d’envisager d’autres mesures afin de renforcer la gestion du risque afférent à la sécurité alimentaire pour les pays touchés. » La déclaration finale ne mentionne pas le rôle des subventions agricoles Au sujet du changement climatique, les participants se sont engagés à soutenir l’établissement de systèmes agricoles et de pratiques de gestion forestière durable qui contribuent à atténuer les effets du réchauffement planétaire et favorisent l’équilibre écologique. A propos de la question controversée des biocarburants, la déclaration finale ne mentionne pas d’engagement concret. Elle se contente d’appeler à des études approfondies sur les bioénergies, afin qu’elles soient conformes aux principes régissant le développement durable. Mais elle n’évoque pas la création d’instance de contrôle ou d’évaluation. « Il est essentiel de relever les défis et possibilités relatifs aux biocarburants, compte tenu des besoins mondiaux en matière de sécurité alimentaire, d’énergie et de développement durable », peut-on lire dans la déclaration. Elle appelle aussi à une levée des restrictions commerciales sur les produits agricoles (tarifs douaniers). Cependant, elle ne se prononce pas sur la question des subventions – accordées notamment par les Etats-Unis et l’Union européenne. Or ces subventions jouent, du point de vue de nombreux pays, un rôle majeur dans l’augmentation des prix alimentaires. « Nous encourageons la communauté internationale à poursuivre ses efforts en matière de libéralisation des échanges internationaux de produits agricoles en réduisant les obstacles au commerce, et les politiques qui sont à l’origine de distorsions des marchés », lit-on dans la déclaration. « Le sommet a permis de recueillir plus de 6,5 milliards de dollars de promesses de dons pour lutter contre la faim et la pauvreté », a expliqué Jacques Diouf, directeur général de la FAO. Selon les informations provisoires actuellement disponibles à la FAO, la Banque islamique de développement et la France, par exemple, se sont engagées à verser chacune à l’organisation 1,5 milliard de dollars sur cinq ans : « Ces fonds, précise-t-on, permettront d’aider les pays durement touchés par la crise alimentaire actuelle à assurer le succès des prochaines campagnes agricoles, et à garantir leur sécurité alimentaire à plus long terme grâce à des investissements accrus dans l’agriculture et la recherche. » Enfin, l’Espagne, qui a promis une aide de 773 millions de dollars sur quatre ans, a annoncé, par l’intermédiaire de son Premier ministre José Luis Zapatero, qu’elle était disposée à accueillir, avant la fin de l’année, une conférence de suivi du sommet de Rome. La déclaration du sommet de Rome est consultable sur www.fao.org/foodclimate/hlc-home/fr/ | |||
| Martin Courcier | |||
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