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| 21/07/2009 | |||
| Encyclique sociale Benoît XVI propose une morale économique pour un monde en crise | |||
| (MFI) C’est sur fond de crise économique et à la veille du Sommet du G8 de L’Aquila que l’encyclique sociale de Benoît XVI, intitulée Caritas in Veritate (L’amour dans la vérité), a été rendue publique le 7 juillet 2009. Dans cette lettre solennelle adressée aux fidèles, la troisième de son pontificat, le Pape souligne les dysfonctionnements de la mondialisation. Il rappelle les fondements de la doctrine sociale de l’Eglise basée sur la responsabilité de chacun et met en avant le don comme moyen de consolider les relations économiques. | |||
| Acheter est un acte au cours duquel la morale a toute sa place. Tel est, en quelques mots, le message de Benoît XVI dans sa première encyclique sociale Caritas in Veritate, feuille de route de la doctrine sociale de l’Eglise. Dans ce texte, le Pape se penche sur l’amélioration du système capitaliste et prône une nouvelle approche de l’économie qui mette en avant la responsabilité de chacun. C’est à l’homme de faire en sorte que l’économie soit juste et morale. « Le marché est ce que nous en faisons », explique le père Baudoin Roger*, du Collège des Bernardins, lieu de recherche et de formation du diocèse de Paris. Face aux conséquences de la crise économique, Benoît XVI dénonce la spéculation excessive, l’exploitation des ressources naturelles ou encore la faim qu’il considère comme des dysfonctionnements de la mondialisation. « Le don est la seule porte de sortie » Réhabiliter le don au sein des relations économiques est pour le Pape, un moyen de consolider le marché. En cas de don, « il y a une charge affective, une charge émotionnelle, une charge humaine plus grande que lors d’un échange simplement contractuel », insiste le père Jacques Turck*, du conseil Famille et société de la conférence des évêques de France. Dans le contexte actuel de crise économique, « Benoit XVI rappelle que l’Eglise n’a pas de solutions [techniques] à offrir, explique Philippe Chalmin*, économiste et professeur à l’université Paris Dauphine. Il y aura toujours des crises économiques, et la seule manière de gérer cela, c’est d’intégrer l’amour, caritas, dans les mécaniques économiques. Cela passe par le don, par la gratuité. Le don est la seule porte de sortie ». L’encyclique plaide pour une asymétrie douanière dans les relations Nord-Sud. « A propos de la crise, Benoît XVI dit : cessez donc de piller les pays pauvres auxquels vous prenez des ressources qui vous sont nécessaires. Ouvrez vos frontières et arrêtez de mettre des barrières douanières aux produits [du Sud], pour que ces pays puissent se développer », explique le père Jacques Turck. Le Pape insiste sur l’importance d’établir des relations de partenariat et non plus d’assistanat avec les pays en développement. Une vision du monde de demain « J’ai la conviction que nous sommes là en présence de la doctrine sociale de l’Eglise pour le XXIe siècle. C’est une vision économique et sociale mais aussi une vision politique, culturelle et surtout spirituelle du monde de demain, » a réagi Abdou Diouf*, ancien président du Sénégal et secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Selon Philippe Chalmin, on ne reconnaitra l’influence de ce texte que dans plusieurs années : « Le temps de l’Eglise est un temps long, donc on en juge la postérité des années, des décennies plus tard. » Alors que les organisations internationales peinent à trouver des solutions aux difficultés économiques mondiales, l’encyclique apparaît comme un appel à remettre les valeurs humaines au cœur de l’activité économique. Leïla Beratto * Cité dans l’émission Religions du monde du dimanche 19 juillet 2009 : http://www.rfi.fr/radiofr/emissions/072/accueil_50.asp | |||
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