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| 18/08/2009 | |||
| Nigeria : Après la visite d’Hillary Clinton Opération mains propres contre cinq grandes banques | |||
| (MFI) Quelques jours seulement après la visite de la secrétaire d’Etat américaine et ses encouragements à réduire la corruption, le président du Nigeria, Umar Yar’Adua, a ordonné à la police, dimanche 16 août, d’intervenir pour récupérer des milliards de dollars de « dettes pourries » dans cinq grandes banques du pays après que leurs dirigeants aient été démis de leurs fonctions pour mauvaise gestion. | |||
| « Le président a ordonné aux services de maintien de l’ordre de prêter leurs concours aux nouveaux dirigeants des cinq banques (...) afin de récupérer des prêts énormes qui n’ont pas fait l’objet de remboursements, ce qui a placé ces banques en situation critique », a déclaré le porte-parole de la présidence nigériane, Olusegun Adeniyi. A la surprise générale, deux jours plus tôt, Sanusi Lamido Sanusi, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN), avait en effet solennellement annoncé : « Je démets de leurs fonctions les directeurs généraux et directeurs exécutifs des banques suivantes : Afribank, Intercontinental Bank, Union Bank, Oceanic Bank et FinBank ». Aussitôt, de nouvelles directions avaient remplacé les équipes destituées. Motif de ces limogeages en série : « leur mauvaise gouvernance dans leurs banques respectives », commentait le 15 août le portail togolais Ici Lomé. La CBN leur reproche d’avoir accordé « un nombre excessif de prêts non performants en raison de leur mauvaise gouvernance, de leur administration laxiste du crédit et de la non-observation des pratiques bancaires de gestion des risques de prêts », précisait l’agence chinoise Xinhua, ajoutant que les cinq banques auraient été aussi trop exposées aux fluctuations des marchés des capitaux et des secteurs gaziers et pétroliers. La BCN a injecté l’équivalent de 1,8 milliard d’euros pour les maintenir à flot Ces cinq banques ont été « gérées au détriment de l’intérêt des déposants et des créanciers. Le total des prêts improductifs s’élève à 1 143 milliards de nairas (7,4 milliards de dollars, 5,2 milliards d’euros) », a précisé Sanusi Lamido Sanusi, qui a voulu ainsi éviter un effondrement systémique. Il a ajouté que les institutions en question ont profité des facilités de crédit de la Banque centrale « pour accorder des prêts sans garantie à certaines personnes et ont ainsi contribué à créer l’instabilité au sein du système de marché interbancaire ». Les banques incriminées ayant été trop dépendantes des prêts de la CBN, « la Banque centrale avait dû les soutenir financièrement en octobre suite à un manque de liquidités », a-t-il rappelé. Une « fenêtre d’escompte élargie » leur avait été accordée. Le limogeage de ces dirigeants a provoqué des « réactions mitigées, rapporte la Pana, certains considérant que cette mesure est salutaire pour renforcer le secteur financier, alors que d’autres expriment leurs craintes de voir les épargnants retirer leurs avoirs des banques touchées et de ce fait bloquer le système ». Sanusi a lancé un appel aux clients des banques afin que ceux-ci continuent leurs transactions financières avec les cinq banques, et a révélé que la BCN a reçu l’approbation du gouvernement pour leur injecter immédiatement 400 milliards de nairas (1,8 milliard d’euros) pour les maintenir à flot. Tout dernièrement, les banques nigérianes avaient fait l’objet d’inspection d’agences locales aussi bien qu’internationales, et la majorité des banques avaient été jugées très faibles sur le plan financier. En raison de la crise économique mondiale persistante, des appels répétés en vue de leur recapitalisation avaient été lancés sans que la BCN se décide à intervenir. Les remarques sans concession de Mme Clinton ont provoqué quelques grincements de dents La visite, quelques jours plus tôt, de la secrétaire d’Etat américaine a-t-elle un quelconque rapport avec les actions en cours ? Hillary Clinton avait en effet engagé le Nigeria à adopter des mesures plus vigoureuses contre la corruption – un thème d’ailleurs récurrent lors de son voyage en Afrique sub-saharienne, et que le président Barack Obama avait déjà largement abordé en juillet au Ghana. « Nous appuyons fortement et nous encourageons les efforts du gouvernement nigérian pour renforcer la transparence, réduire la corruption, soutenir le processus démocratique en vue des élections de 2011 », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse avec son homologue nigérian à Abuja. Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Ojo Maduekwe, a reconnu la pertinence de certaines de ses critiques. Les remarques sans concession de Mme Clinton, mieux accueillies par les partis d’opposition et la société civile, avaient cependant provoqué quelques grincements de dents du côté de la majorité présidentielle. Femi Babafemi, le porte-parole de la Commission de lutte contre les crimes économiques et financiers du Nigeria, a qualifié de « fâcheux » son commentaire sur « l’échec » de la campagne que celle-ci a engagée. Au cours des derniers douze mois, a-t-il affirmé, « la Commission a obtenu environ 70 condamnations et recouvré plus de 50 milliards de nairas. (…) Nous avons, à ce jour, enregistré plus de 40 cas de personnes très influentes sur le plan politique, traduites devant les tribunaux, dont quatre anciens ministres, un sénateur, trois membres du parlement et un haut responsable du parti au pouvoir, le PPD, entre autres. (…) Nous touchons tous les segments de la société nigériane. (…) Nous ne sommes donc pas surpris que la position de la diplomate américaine soit informée par une machine de propagande et de mensonges à la solde de l’étranger et animée par des mécontents installés hors du pays »... Dont acte ! | |||
| Antoinette Delafin (avec AFP et Reuters) | |||
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