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| 18/08/2006 | |||
| Sida : une nouvelle piste de recherche majeure (II) | |||
| (MFI) Quelques jours avant l’ouverture du congrès international de Toronto (13-18 août), une équipe de chercheurs a mis en évidence le rôle crucial de la muqueuse et de la santé intestinales dans la maladie. Leurs conclusions pourraient ouvrir la voie à des réponses thérapeutiques de première importance, notamment pour l’Afrique. Tout se passe « comme si l’intestin servait de réservoir viral, nous empêchant d’aider les malades à se débarrasser du virus », a déclaré Satya Dandekar, chercheuse à l’université de Californie, après avoir constaté que l’intestin des malades sous antirétroviraux présentait une inflammation chronique. Ce facteur inflammatoire risque d’être crucial en Afrique où, ainsi que l’avait déjà noté le Pr Luc Montagnier, les parasitoses, notamment, provoquent une « stimulation » permanene du système immunitaire lié à l’intestin. Ce qui ne va pas sans un déséquilibre de la flore (dysbiose), lourd de conséquences pour la santé. Contrairement aux scientifiques de recherche fondamentale, les médecins et thérapeutes pratiquant une médecine globale ne sont pas étonnés : « Il me paraît probable, dit le Dr Michel Vanoudenhoven, médecin et naturothérapeute, que la dysbiose intestinale contribue à faire le lit d’un grand nombre d’affections touchant le système immunitaire. Ceci pourrait expliquer en partie la prévalence particulière du sida en Afrique. » La réponse à apporter est d’autant moins simple que l’inflammation induit une malabsorption des aliments, laquelle aggrave une malnutrition souvent pré-existante. Malnutrition qui, à son tour, rend presque impossible la construction et l’entretien d’une réponse immunitaire performante… Restaurer la muqueuse et la flore Alors, quelle stratégie découle de ces constatations ? Il faut « concentrer nos efforts afin de traiter la muqueuse intestinale et restaurer les fonctions du système lymphoïde associé », conclut logiquement Satya Dandekar. Au moyen, avance-t-elle, de médicaments anti-inflammatoires. Mais, au-delà de cette piste d’urgence, d’autres questions peuvent se poser : outre que les molécules chimiques ont des effets secondaires (il existe par ailleurs des anti-inflammatoires naturels), elles risquent de ne pas suffire à restaurer l’intégrité et la fonctionnalité des tissus. Or, tous les tissus sont composés de cellules qui, comme le rappelle le Dr Jean-Paul Curtay, médecin nutrithérapeute, ont besoin d’être tout simplement… nourries. Et le nerf de la guerre contre toute infection, souligne-t-il, réside dans l’énergie cellulaire : « Stabilité du taux de glucose circulant dans le sang, quantité suffisante d’acides gras oméga 3, magnésium, vitamines B, bonne respiration oxygénante sont les conditions de base requises pour de bonnes défenses », en plus du « zinc, élément fondamental qui permet aux globules blancs de proliférer ». Les parasitoses et le déséquilibre de la flore intestinale – si importante pour l’immunité, ainsi que d’autres recherches l’ont montré – seraient à traiter en parallèle. En attendant, l’étude de Satya Dandekar pourrait ouvrir une voie plus que prometteuse. Henriette Sarraseca L’inflammation… comment la soigner ? (MFI) L’inflammation constatée dans l’intestin des malades a-t-elle une ou plusieurs causes ? Pour l’équipe de S. Dandekar, elle est due au virus. Mais n’est-elle pas favorisée aussi par un déséquilibre de la flore (dysbiose) qui laisse le champ libre aux bactéries « agressives », ainsi que par d’autres facteurs infectieux et toxiques, et aggravée par la malnutrition ? Si l’on se réfère à ce que les scientifiques nomment le « leaky gut syndrome » (syndrome de l’intestin perméable), une muqueuse dégradée peut permettre une pénétration de microbes et de toxines diverses dans l’organisme. « Si on se place dans cette optique, explique le Dr Michel Vanoudenhoven, on peut comprendre que cette « translocation » puisse provoquer aussi une réaction inflammatoire défensive, qui serait la conséquence de la dysbiose et non sa cause ! » Il ne s’agit pas là d’un point de détail passionnant un petit nombre d’experts : pour les médecins, il peut déterminer le choix de la thérapie à suivre. « Le premier postulat, résume le Dr Vanoudenhoven, met en avant l’intérêt des anti-inflammatoires, le second l’hygiène de vie tout entière et la supplémentation en micronutriments. Rien ne nous empêche par ailleurs de penser que la vérité soit intermédiaire entre ces deux points de vue, et que la prévention et le traitement global de la problématique du sida puissent être enrichis du recours à l’éducation hygiéno-diététique, à la supplémentation micronutritionnelle et aux anti-inflammatoires. Dans une telle approche globale, pourquoi ne pas investiguer les potentialités médicinales de certaines plantes réputées anti-inflammatoires, à visée intestinale, avec l’espoir de ne pas agresser cette muqueuse dont l’intégrité nous semble de plus en plus essentielle au fonctionnement correct de notre immunité. » | |||
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