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| 02/03/2007 | |||
| Alimentation : quel est le poids du stress ? | |||
| (MFI) Le stress fait-il grossir ou maigrir ? La question passionne les scientifiques, mais la réponse n’est pas claire. On constate que sous l’effet du stress, le poids peut être, selon les personnes, augmenté ou au contraire diminué. Reste à comprendre pourquoi. | |||
| Le mangeur moderne subit les contraintes, voire les agressions, du monde qui l’entoure : conditions de vie, transports, relations de travail, difficultés socio-économiques, psycho-sociales ou interpersonnelles, précarité, pollution. Un environnement pas toujours favorable, auquel l’organisme réagit à sa manière par un certain nombre de réponses non spécifiques (biologiques, hormonales, etc.) qui constituent à proprement parler le stress. Quels peuvent être les effets de ces réponses plus ou moins mesurables sur le corps et son fonctionnement ? La réponse n’est pas connue avec précision. D’une personne à l’autre, la sensibilité et la réaction de stress à un événement peuvent être très différentes ! La plupart des épreuves de la vie ne semblent pas entraîner, dans la plupart des cas, la disparition de la régulation alimentaire. Avec, tout de même, peut-être un cas particulier : celui des personnes qui font tout le temps des régimes amaigrissants. Il semble que ce comportement puisse dans certains cas détériorer les capacités de régulation énergétique. Il paraît aussi s’accompagner d’une plus grande vulnérabilité aux contrariétés de la vie et d’une propension à y répondre par la prise de nourriture. Le « restrictif chronique » mange plus lorsqu’il est stressé, et de préférence gras et sucré. Différentes modifications des choix alimentaires ont été notées en situation de stress. Des facteurs émotionnels peuvent augmenter la prise de sucre chez l’enfant. On a observé aussi qu’un régime riche en glucides pouvait améliorer l’anxiété et la dépression chez les femmes obèses. A noter qu’à part l’action des sucres, le simple fait de consommer des aliments « plaisir » doit agir sur le système opioïde et la zone de « récompense » du cerveau. Obésité suite à un choc psychique La pratique clinique, jointe à diverses données scientifiques, suggère que le stress peut directement ou indirectement être à l’origine de gains de poids, confie le Pr Jean-Michel Lecerf, de l’Institut Pasteur de Lille. Certaines obésités massives et brutales surviennent après des chocs psychiques graves (tels les agressions sexuelles), après des accidents, des traumatismes crâniens. On évoque des perturbations au niveau de l’hypothalamus, qui peuvent retentir notamment sur le contrôle de la satiété et de la faim. On connaît aussi les pertes de poids qui surviennent pendant les vacances : la diminution des situations stressantes pourrait partiellement l’expliquer. On sait également, par ailleurs, que certaines obésités sont liées à des troubles psychologiques. Chez les personnes qui présentent un syndrome métabolique (un ensemble de perturbations affectant le poids, les lipides, le glucose sanguin, la pression artérielle), les marqueurs hormonaux du stress sont aussi plus élevés. On peut y ajouter que des conditions socio-économiques et familiales difficiles sont associées à une augmentation du tour de taille, même si, là encore, le stress n’explique pas tout. Ou encore que l’obésité abdominale ou l’hypertension peuvent être en rapport avec le stress professionnel chronique. Il est donc vraisemblable que le stress puisse retentir sur l’alimentation et sur le poids. Mais il n’est certainement pas seul en cause. Et il ne saurait être l’alibi de toutes les errances ou approximations de notre comportement alimentaire, ni la cause principale de l’augmentation de l’obésité ! | |||
| MFI/Cerin | |||
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