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MFI HEBDO: Santé Liste des articles

12/06/2007
Peut-on se « barricader » contre le chikungunya ?

(MFI) Près de 15 000 cas de chikungunya ont été recensés au Gabon début juin, et on s’inquiète dans les pays frontaliers… Si le virus sévit traditionnellement en Asie du Sud-Est, l’île de la Réunion a été fortement touchée il y a près de deux ans. Mais cette maladie est aussi présente sur le continent africain depuis longtemps.

Dans les années cinquante, des cas cliniques de chikungunya ont été décrits au Congo, au Ghana, au Nigeria, en Ouganda, en Afrique du Sud et au Zimbabwe. Des enquêtes sérologiques ont permis d’identifier le virus, transmis par des moustiques de l’espèce Aedes albopictus, au Burkina, en Centrafrique, au Cameroun, en Guinée, au Sénégal. Toute l’Afrique centrale, notamment le Gabon, le Congo et le Cameroun, est aussi infestée par l’Aedes aegypti, vecteur de la dengue, une maladie très proche, et de la fièvre jaune ; récemment, des poussées de dengue ont été enregistrées en Angola, au Kenya, au Mozambique et au Nigeria.

Une souche locale, cousine de celle ayant sévi dans l’océan Indien

Le chikungunya est-il un « envahisseur », vient-il de « chez le voisin » ? Pas sûr. Une étude réalisée par des chercheurs français et camerounais, et reprise sur le site des CDC (l’organisme nord-américain de contrôle des maladies infectieuses), signale l’identification d’un cas de « chik » en juin 2006 au Cameroun ; les chercheurs y ont vu la confirmation de ce qu’ils suspectaient : une souche locale, cousine de celle ayant sévi dans l’océan Indien, circule depuis des années en Afrique centrale. Endémique en zone rurale, elle gagnerait maintenant les villes. La priorité est donc à la « démoustication », si possible avec des produits non toxiques pour l’environnement (plantes, abeilles, poissons, batraciens, etc.) et pour les humains – les bébés et les femmes enceintes sont les plus sensibles à tous les pesticides, quels qu’ils soient, et quelle que soit leur dose.
Côté traitement, la médecine officielle a peu de chose à proposer : antalgiques et anti-inflammatoires de synthèse. Beaucoup de bruit avait été fait autour d’une molécule testée en secret à la Réunion – en fait la chloroquine : on sait depuis fin mars 2007 que « la chloroquine n’est ni une molécule préventive, ni une molécule curative. Ces résultats ont été obtenus après expérimentation sur des macaques à défaut de suffisamment de malades humains du chikungunya à La Réunion » (rapport du Pr Taglioni, IRD). Côté traitements naturels, il existe de réelles possibilités : nutriments, oligoéléments, vitamines, plantes en synergie. A La Réunion, le chlorure de magnésium avait été utilisé en tant qu’agent antiviral. Afin d’éviter les anti-inflammatoires de synthèse et la cortisone, certains médecins utilisent aussi avec succès l’homéopathie et des huiles essentielles pour, notamment, soulager les douleurs articulaires de la « maladie de l’homme courbé ».

Henriette Sarraseca

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