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| 14/08/2007 | |||
| La santé, c’est la prévention Quelques clés pour faire baisser la tension | |||
| (MFI) Naguère fléau des sociétés riches, l’hypertension artérielle augmente dangereusement dans le Tiers-Monde. Elle a deux compères : les troubles du cholestérol, et ceux du sucre dans le sang. Agissant le plus souvent ensemble, ces trois facteurs de risque pour notre santé peuvent être neutralisés par une saine hygiène de vie. | |||
| On la redoute, à juste titre, car l’hypertension artérielle peut provoquer des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou d’autres troubles vasculaires graves. Récemment, la recherche a montré qu’elle est liée à un risque accru de glaucome, de démence sénile à long terme - via l’atteinte progressive des petits vaisseaux du cerveau -, et qu’elle augmente la mortalité des personnes en surpoids. L’hypertension touche près de 11% des habitants des pays développés. Elle frappe déjà 2,5% des habitants de l’Afrique subsaharienne et 5% de ceux du Tiers-Monde « à faible mortalité », au Maghreb ou au Moyen-Orient, selon le Rapport OMS sur la santé dans le monde 2002. On estime qu’il y a en France huit millions d’hypertendus. L’hypertension y représente 11,3% des visites médicales et 12% des prescriptions pharmaceutiques – soit 1,37 milliard d’euros dépensés chaque année pour les seuls médicaments antihypertenseurs. De quoi acheter quelques tonnes de légumes, essentiels à sa prévention ! A l’origine, un déséquilibre… D’où vient, en amont, l’hypertension ? Probablement de nos cellules. De plus en plus, les chercheurs réalisent l’importance de la « balance sodium-potassium », qui doit demeurer équilibrée entre le liquide contenu dans nos cellules et celui dans lequel baignent ces cellules. En effet, un excès de sodium fait fuir le potassium, protecteur des pathologies cardiovasculaires. Or, l’alimentation moderne et industrielle est très chargée en sel et largement déficitaire en potassium puisqu’on consomme trop peu de légumes et de fruits qui en sont riches. En aval, et dans une grande majorité des cas, l’hyperpression dans les artères est la résultante d’une trop grande viscosité sanguine, d’un rétrécissement des vaisseaux dû aux plaques d’athérome, de l’athérosclérose qui les durcit, ainsi qu’éventuellement à des sécrétions excessives d’hormones (adrénaline, cortisol, angiotensine, aldostérone). Cette sécrétion peut être provoquée par des situations stressantes, ponctuelles et surtout chroniques – il a été montré que le risque d’hypertension est deux fois plus élevé chez des sujets dormant dans un environnement bruyant, par exemple-, ainsi que par l’utilisation abusive d’excitants comme le café, le thé noir ou la réglisse. L’alcool est un facteur aggravant. De même, le tabac rigidifie les membranes des globules rouges, provoque une vasoconstriction et dégrade les parois des vaisseaux : une seule cigarette peut augmenter la tension de près de 1,5 point pour la maxima et de 1 pour la minima pendant une bonne demi-heure. Certains médicaments aussi peuvent entraîner des hypertensions secondaires : cortisone, traitements contre la migraine, anti-inflammatoires, diurétiques chimiques, ainsi que la pilule contraceptive qui favorise également la coagulation sanguine. Le pancréas, le foie fatiguent Au final, on retrouve souvent l’hypertension associée à l’obésité, à l’intolérance au glucose et au diabète (environ 30% des diabétiques sont hypertendus), à un excès de cholestérol et de triglycérides (farineux et sucre transformés en graisses dans notre organisme). Résultat ? Le fameux « syndrome métabolique », causé par une piètre hygiène de vie : alimentation comprenant trop de graisses animales (viandes, charcuteries, laitages), trop de farines raffinées, de sel, de sucre… Les effets de cette « malbouffe » sont encore aggravés par la sédentarité. Dans ce processus, un organe-clé est malmené : le foie. Comme le rappelle Christian Brun dans son livre L’hypertension artérielle – stratégies naturopathiques (Ed. Jouvence), quand le foie fatigue, ce qui est courant, le processus de synthèse de lipoprotéines est perturbé et il en résulte une modification du cholestérol dans le sang, avec « un taux d’HDL abaissé et de LDL augmenté, cela même sans excès alimentaire lipidique. Le fonctionnement insuffisant du foie aura aussi une répercussion sur le métabolisme des sucres, puis des lipides. Et ce dérèglement pourra être à l’origine de pathologies cardiovasculaires et hypertensives. » Fromages et amuse-bouches salés Les médicaments pour faire baisser la tension, parfois inévitables mais pas toujours, ne s’attaquent donc pas aux véritables causes du trouble, et peuvent avoir des effets secondaires fâcheux comme des vertiges ou des chutes de la libido. En plus d’une réforme de vie individuelle, l’OMS en appelle aux Etats afin qu’ils prennent des mesures urgentes : il faut « associer une réduction de la consommation de sel dans la population par voie de législation à une éducation sanitaire assurée par les médias. » En France, Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, s’insurge depuis des années : « Aux industriels, l’ajout de sel permet de rehausser le goût à moindre coût et d’alourdir la viande en retenant l’eau. » Il faut savoir que « 80% du chlorure de sodium que nous absorbons chaque jour est contenu dans des soupes préparées, des conserves, des eaux minérales, des sodas, le pain… C’est un empoisonnement collectif ! » A la maison, ne pas forcer sur le sel et les aliments salés : olives, amuse-bouches, moutarde, bouillons-cubes, poissons salés, pizzas, fromages… Chaque jour et à chaque repas, on devrait privilégier les légumes, peu cuits et surtout crus. Puis, les fruits cueillis mûrs, les céréales complètes (sans excès) et les légumes secs, l’huile d’olive et les poissons gras, l’ail (fluidifiant sanguin) et les aromates. Sans oublier une activité physique oxygénante, adaptée mais régulière. Les Messieurs hypertendus savent-ils que, comme vient de le montrer encore une étude réalisée à l’université Bloomington de l’Indiana (Etats-Unis), des activités de tous les jours comme jardiner ou faire le ménage contribuent à faire baisser la tension artérielle ? | |||
| Henriette Sarraseca | |||
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