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02/03/2007
Chronique Environnement

Lutter contre la pauvreté tout en protégeant l’environnement

(MFI) Deux agences onusiennes – le Programme des Nations unies pour le développement et le Programme des Nations unies pour l’environnement – ont créé ensemble le Centre pour la pauvreté et l’environnement, basé à Nairobi. Son rôle sera d’aider les pays émergents à intégrer la gestion de l’environnement dans leur politique de croissance et de lutte contre la misère. Comme l’a déclaré Kemal Dervis, du Pnud : « Eradication de la pauvreté et protection de l’environnement sont inséparables. Ce sont les plus pauvres qui sont les plus exposés aux éléments et dépendent le plus de l’environnement pour leurs besoins essentiels comme l’eau et la nourriture. Quand la nature se dégrade, leurs conditions de vie se dégradent aussi. » Des propos confirmés par une étude du Fonds canadien de développement : « Le réchauffement de la planète menace d’annuler une partie des progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté au cours des dernières décennies. Si nous n’aidons pas les pays en développement à protéger leur environnement et à s’adapter aux changements climatiques, nous les laissons couler. Pensez au Bangladesh dont le tiers du territoire pourrait être recouvert par les eaux. » Et l’organisme canadien d’ajouter : « L’Afrique est particulièrement vulnérable aux changements climatiques du fait des risques accrus de sécheresse, d’inondations, de déforestation… Autant de menaces synonymes de famines, de maladies et de conflits. »
C’est d’ailleurs en Afrique que le nouveau Centre pour la pauvreté et l’environnement de l’Onu va conduire ses premières missions, à savoir y introduire le mécanisme de développement propre (MDP) prévu par le Protocole de Kyoto. Un mécanisme qui autorise les pays industrialisés à acheter des crédits d’émission de CO2 – « acheter le droit de polluer », critiquent les détracteurs du mécanisme – en finançant des projets qui contribuent à la réduction des gaz à effet de serre dans les pays en développement. Jusqu’à présent, ce MDP a surtout été appliqué dans les pays à croissance rapide comme la Chine, l’Inde et le Brésil. Désormais, le partenariat Pnud-Pnue envisage de l’appliquer au Kenya, au Mozambique, en Tanzanie, en Zambie et dans un 5e pays africain qui reste à choisir. « Le MDP va générer des milliards de dollars d’investissement dans les technologies vertes. Les pays pauvres doivent en recevoir une part équitable. Le Centre pour la pauvreté et l’environnement entend améliorer la gestion de l’environnement et attirer des investissements dans ce domaine », précise Kemal Dervis.

Record de neige au Kilimandjaro

(MFI) Culminant à 5 895 mètres, le Kilimandjaro n’a jamais été aussi enneigé depuis quinze ans à la suite de fortes précipitations ces derniers mois. « Il y a eu d’importantes chutes de neige entre décembre et février alors que c’est normalement la saison sèche. C’est un phénomène unique. D’un côté, c’est une bonne nouvelle pour la montagne et pour le tourisme. De l’autre, cela prouve à quel point le climat est déréglé », a déclaré Toni Tschank, le directeur d’une agence de safari à Nairobi.
Cependant, le glacier situé sur le versant ouest du plus haut sommet d’Afrique diminue toujours de façon inquiétante. En 2006, l’une des routes d’ascension a dû être fermée après la chute mortelle de pierres sur des randonneurs. Depuis plusieurs années, les neiges du Kilimandjaro – réputées éternelles – fondent rapidement en raison notamment du réchauffement climatique et de la déforestation, laissant craindre des réactions en chaîne sur les écosystèmes des plaines qui entourent le massif volcanique. « Les glaces du Kilimandjaro, comme celles du Mont Kenya ou des Monts Rwenzori en Ouganda, pourraient disparaître d’ici 20 à 50 ans. Le régime des glaces en Afrique est en déroute totale », s’alarmait récemment Lonnie Thomson, climatologue auprès de l’université de l’Ohio (Etats-Unis). Outre les conséquences environnementales, ce risque de fonte des glaces a des conséquences économiques importantes pour les pays concernés (Tanzanie, Kenya, Ouganda) puisque ces montagnes attirent de nombreux touristes.

L’Europe accusée de peu lutter contre le changement climatique…

(MFI) « Les pays européens ne luttent pas suffisamment contre le réchauffement climatique et devraient agir davantage plutôt que de critiquer les Etats-Unis et l’Asie. » C’est ce qu’a déclaré Achim Steiner à l’hebdomadaire allemand Bild am Sonntag. Selon le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement, les Etats-Unis et l’Asie se mobilisent désormais plus que l’Europe dans ce domaine. Dans cette interview, le responsable onusien rappelle que, historiquement, le réchauffement climatique provoqué par les émissions de dioxyde de carbone est d’abord dû aux pays industrialisés occidentaux. Il est donc de leur responsabilité d’être en pointe du combat contre ces émissions. « Les Américains et les Asiatiques refont rapidement leur retard et deviennent de puissants concurrents sur le marché des technologies vertes. L’Europe s’est par contre bercée d’illusions ces dernières années en estimant en avoir assez fait. Elle souffre d’une certaine suffisance en la matière », insiste Achim Steiner. Ce dernier reconnaît que la situation environnementale est inquiétante en Chine au moment où le pays bat des records de croissance. « Mais on ne peut pas accuser Pékin de tous les maux à cause de l’inquiétude économique qu’elle suscite. Les autorités chinoises ont lancé en 2006 des programmes en faveur des énergies renouvelables pour 180 milliards de dollars. Et des projets de villes sans émission de CO2 sont déjà à l’étude », souligne le directeur exécutif du Pnue.

… réagit en annonçant un nouveau plan d’action

(MFI) Les ministres européens de l’Environnement ont conclu, mardi 20 février 2007, un accord fixant pour l’UE un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020. Une avancée significative puisque, dans le cadre du Protocole de Kyoto, les 27 s’étaient engagés à réduire leurs émissions de seulement 8 % avant 2012. Ce projet doit encore être entériné par les chefs d’Etat de l’UE, puis la Commission devra répartir cette réduction globale pays par pays.
Les ministres européens de l’Environnement ont même avancé le chiffre de 30 % de baisse des émissions de gaz à effet de serre si les autres pays industrialisés réduisent leurs émissions à un niveau comparable et que les pays en développement rapide – l’Inde et la Chine – participent aussi à cet effort. Pour mémoire, le Protocole de Kyoto prévoit que l’ensemble des pays industrialisés réduisent leurs émissions de 5 % d’ici 2012, mais n’impose aucune obligation aux pays en développement. Les Etats-Unis – 25 % des émissions de CO2 dans le monde – ont refusé de signer le Protocole de Kyoto.

Jean Piel

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