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MFI HEBDO: Science Technologie Liste des articles

20/04/2007
Chronique Environnement

Un parasite du bl voyage dAfrique vers le Ymen

(MFI) A en croire la FAO, lOrganisation des Nations unies pour lalimentation et lagriculture, un champignon virulent qui attaque 80 % des varits de bl se propage actuellement de lAfrique de lEst vers le Ymen. Ce champignon, surnomm rouille noire du bl , peut dtruire des champs entiers. Sa propagation est trs rapide et il risque dentraner des pertes de rcoltes qui se chiffreront en milliards de dollars. Cela pourrait provoquer des hausses du prix du bl et des pnuries alimentaires rgionalement. Ce sont les pays pauvres les plus menacs car ils ont rarement les moyens dacheter des varits de bl rsistantes. Jappelle donc une vigilance accrue des agriculteurs des pays menacs , a dclar Jacques Diouf, le directeur gnral de la FAO.
Ce parasite est baptis Ug99 car il est apparu pour la premire fois en Ouganda en 1999. Il a dj fait des ravages en Ethiopie et au Kenya. La souche rcemment dtecte au Ymen serait plus virulente que celle qui svissait en Afrique de lEst. Selon la FAO, ce parasite est transport par le vent dun pays lautre. En surveillant les itinraires des criquets plerins, la FAO redoute aussi un retour dUg99 du Ymen vers lEgypte, puis vers le Soudan.

Eaux uses contre scheresse

(MFI) Puisquon recycle le verre et le plastique, pourquoi ne pas rutiliser leau aprs son puration, en particulier dans les rgions o svit la scheresse ? Cest la thse dfendue par des experts de la FAO, des associations cologistes et les industriels du secteur. Actuellement, seules 2 % des eaux pures dans le monde sont rutilises ; 98 % sont rejetes dans la mer ou les fleuves. Mais les capacits mondiales dans ce domaine pourraient tripler dici dix ans. Certes cette solution nest rserve quaux pays ayant les moyens dinvestir dans des stations dpuration, premire tape indispensable du recyclage. Or 2,6 milliards dhabitants sur la plante ne disposent mme pas dun assainissement de base, savoir lvacuation des eaux uses. Nanmoins, comme lexplique Suzan Braatz, ingnieur agronome auprs de la FAO : Leau du robinet est de plus en plus chre, les nappes phratiques de plus en plus sollicites. Au moment o les experts estiment que dici 25 ans, les 2/3 de la population mondiale connatront des difficults daccs leau, si lon peut raliser quelques conomies grce au recyclage, cest positif .
La mthode employe dpend de la qualit des eaux uses et du type de rutilisation projet. Une dsinfection classique suffit pour arroser des pelouses, mais il faudra plusieurs traitements pour lirrigation agricole afin dliminer les polluants qui menacent les semis. Quant produire de leau potable, cest dj le cas Singapour et Windhoek, en Namibie. Mais le facteur psychologique est ici important. En Australie, les habitants de plusieurs communes ont refus que leau du robinet proviennent deaux uses. Le risque est pourtant nul si le retraitement est bien effectu. Le recyclage est moins cher et moins consommateur dnergie que le dessalement. Le cot supplmentaire schelonne de 0,1 0,5 centimes deuro le mtre cube , souligne Genevive Leboucher, ingnieur chez Veolia.
Si le recyclage de leau se fait surtout en Australie, aux Etats-Unis et dans le sud de lEurope, des projets existent aussi au Maghreb, en Afrique du Sud, en Chine (o 1,3 million dhectares de champs sont ainsi irrigus) et au Moyen-Orient.

Larme amricaine sintresse au rchauffement climatique

(MFI) Les scientifiques et les cologistes ne sont plus les seuls se soucier du changement climatique ; les militaires amricains aussi. Ils ont rcemment consacr un colloque au sujet et leurs conclusions sont sans appel : le rchauffement devient une composante essentielle de la scurit des Etats-Unis et pourrait avoir des consquences majeures sur la gostratgie dans les prochaines dcennies.
Les modifications du climat sont sources de dstabilisation : scheresse affectant un nombre croissant de pays, pidmies frquentes, crises sanitaires, catastrophes naturelles On ne peut pas non plus exclure des conflits rgionaux, notamment pour le contrle de leau. La fonte de la banquise crera une nouvelle route maritime dans locan Arctique, donc un nouvel enjeu stratgique, sans compter la convoitise pour les hydrocarbures dont recle la rgion. Enfin les Etats-Unis feront face des migrations massives. Comme la soulign Nasli Choucri, du Massachusetts Institute of Technology : Le changement climatique imposera une charge disproportionne sur les pauvres, et renforcera les clivages sociaux et la marginalisation .
Comment larme amricaine peut-elle se prparer ces dfis ? A court terme, elle doit envisager trois changements, selon Thomas Morehouse, de lInstitute for Defense Analysis : Etre prte intervenir sur plus doprations humanitaires et de maintien de la paix ; adapter ses infrastructures ctires et les missions de ses gardes-ctes ; amliorer son efficacit nergtique . Ce dernier point est fondamental pour une arme particulirement gloutonne : sa facture dnergie est de 11 milliards de dollars par an. Cela handicape en outre sa mobilit puisque, sur un thtre dopration, 70 % du tonnage apport est du carburant. Certains participants ce colloque ont mme estim que les consquences du changement climatique seront telles quelles imposeront une rvision de la doctrine stratgique des Etats-Unis.

Une nouvelle espce de panthre identifie

(MFI) Longtemps les scientifiques ont confondu la panthre nbuleuse qui vit en Indonsie sur les les de Borno et Sumatra et la panthre continentale asiatique. Des rcents tests ADN ont permis de dceler 40 diffrences entre les deux animaux. Ces deux panthres sont aussi diffrentes lune de lautre que le lion lest du jaguar , souligne le zoologue amricain Stephen OBrian. Il ne sagit videmment pas de lapparition dune nouvelle espce, mais de son identification. Animal trs secret de la fort tropicale, la panthre nbuleuse a une fourrure gris sombre parcourue dune double rayure dorsale, avec de nombreux points entre ses grandes taches. Elles est aussi arme de longues canines. La panthre continentale est plus claire, avec des taches plus tendues et une simple rayure dorsale. On compte entre 5 000 et 11 000 panthres nbuleuses dans les forts de Borno et 7 000 sur lle de Sumatra. La destruction de son habitat naturel est la principale menace contre un animal qui reste le plus grand prdateur dIndonsie.

Jean Piel

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