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MFI HEBDO: Science Technologie Liste des articles

27/04/2007
Chronique Environnement

Nairobi présente son plan de développement

(MFI) Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et la mairie de Nairobi se sont associés pour présenter un plan de développement de la capitale kenyane eco-friendly. Celui-ci préconise des mesures individuelles - tri des déchets, récupération de l’eau de pluie, etc. - comme des investissements dans les infrastructures : réfection des égouts, modernisation du réseau électrique, construction d’incinérateurs… Achim Steiner, le directeur du PNUE, a précisé que « Nairobi est confronté aux mêmes problèmes que de nombreuses capitales des pays en développement. S’il se révèle un succès, ce plan pourra donc être exporté dans bien d’autres villes ». La capitale kenyane fait face à une population qui a doublé en vingt ans. Selon le PNUE, 44 % des habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté, 42 % des logements ne disposent pas d’eau courante et 80 % des gens utilisent le charbon comme combustible. La ville est aussi confrontée à un phénomène nouveau, celui de l’agriculture urbaine comme moyen de survie. Entre surpopulation, concentration dans des bidonvilles, multiplication des petits ateliers, trafic automobile en hausse avec une essence de mauvaise qualité, les sources de pollution sont nombreuses : 66 % des maladies à Nairobi sont dues à la contamination de l’eau, au fort taux en CO2 dans l’air et aux mauvaises conditions d’hygiène. Le plan de développement prévoit de lutter contre la pollution, replanter des arbres et réviser le plan d’urbanisme qui ne l’a pas été depuis 1948. Il insiste sur la nécessité de mieux coordonner les actions et d’associer les habitants à tout projet. « Construire une route vers un bidonville favorise le ramassage des ordures », explique simplement Achim Steiner. Ce plan laisse toutefois Dick Wathika, le maire de Nairobi, sceptique : « Le premier problème de Nairobi est la pauvreté. Tant que ce défi ainsi que celui de la fourniture des services de base n’auront pas été résolus, tout le reste sera illusoire. Les habitants se préoccupent de manger avant de s’interroger sur la qualité de l’eau avec laquelle ils se lavent. Il est urgent aussi de développer les campagnes, sinon les villes constitueront toujours des aimants pour les plus pauvres et aucun plan de développement urbain ne réussira ».

L’Onu s’intéresse au réchauffement climatique

(MFI) Pour la première fois de son histoire, le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu, le 17 avril, une séance consacrée au changement climatique. Organisée à l’initiative du Royaume-Uni, la rencontre n’a débouché sur aucune décision en raison de la réticence de plusieurs pays qui ont estimé que ce dossier ne relevait pas de la compétence du Conseil, notamment les Etats-Unis, la Russie et surtout la Chine.
La ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, a justifié le débat en dessinant le spectre d’une « intensification de la compétition pour l’eau, la nourriture et l’énergie, qui sera génératrice de guerres et de migrations sans précédent, en particulier dans les régions les plus instables, et notamment en Afrique ». Pour illustrer les premiers signes de tensions géopolitiques, Margaret Beckett a cité l’exemple de l’Ouganda où les ressources hydroélectriques sont déjà affectées par la sécheresse. Le président Yoweri Museveni a qualifié le changement climatique - provoqué en partie par les émissions de CO2 des pays industrialisés - « d’agression des riches contre les pauvres ». Pour le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon : « Comparé au coût d’un conflit, le coût de la prévention - donc de la protection de l’environnement - est bien moindre ». Pour répondre aux critiques de Washington sur l’organisation de ce débat, la ministre britannique des Affaires étrangères a cité le rapport de onze généraux américains pour qui « le changement climatique risque de multiplier l’instabilité des régions les plus volatiles du monde, ce qui conduira les Etats-Unis à s’engager militairement pour prévenir la faillite d’Etats qui pourraient sinon servir de terreau au terrorisme ».

Menaces sur les îles Galapagos

(MFI) Inscrites au Patrimoine de l’humanité par l’Unesco, les îles Galapagos viennent d’être classées en « risque écologique » par le président équatorien Rafael Correa. A en croire Carlos Valle, le directeur du parc naturel, « 60 % des 1880 plantes locales sont menacées. Nous avons détecté 490 espèces d’insectes nuisibles introduites ces dernières années par l’homme, dont 55 sont particulièrement invasives ». Au banc des accusés, la surpopulation (30 000 habitants sur 8 000 km²), le tourisme (100 000 visiteurs par an) et l’arrivée d’espèces animales non-autochtones. « Cet archipel est si fragile que des animaux domestiques comme les chiens, les chats, les chèvres, amenés par l’homme, constituent un risque pour l’écosystème. Nous avons dû abattre des chèvres dont les habitudes alimentaires menaçaient les tortues centenaires des îles », explique Carlos Valle. Présentées comme un paradis terrestre, les îles Galapagos - où Charles Darwin élabora sa théorie de l’évolution - présentent une faune et une flore d’une richesse exceptionnelle : requins, baleines à bosse, otaries, iguanes, tortues géantes, cormorans, multiples essences d’arbres rares… Au point d’être surnommées Las Encantadas, les îles enchantées.
Pour freiner le risque écologique, le gouvernement équatorien a suspendu les permis de séjour, diminué les liaisons aériennes et restreint le nombre de licences de tourisme. « Une décision courageuse vu l’importance économique du tourisme pour un pays aussi pauvre que l’Equateur », souligne Graham Watkins, en mission pour l’Unesco sur les Galapagos. Avant d’ajouter : « La situation des 61 îles de l’archipel est grave, mais pas irréversible. On constate une baisse du nombre de requins, mais les espoirs de reproduction sont corrects. L’urgence est de renforcer la barrière écologique en limitant les activités humaines. C’est ce qui est en train de se faire. »

Les arbres ne sont pas toujours nos amis

(MFI) Les forêts ont longtemps été considérées comme un moyen de lutter contre le réchauffement climatique. Elles peuvent en effet stocker d’énormes quantités de carbone. Ainsi les 15 millions d’hectares de forêts françaises représentent 1 060 millions de tonnes de carbone sur pied. D’où l’idée que planter des arbres contribue à freiner le réchauffement. Cette thèse vient pourtant d’être battue en brèche par des chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory (LLNL, Etats-Unis). Ils ont démontré que l’effet des forêts dépendait en réalité du lieu où elles étaient plantées en agrégeant les trois impacts majeurs des forêts sur le climat : leur capacité de stockage du carbone - qui contribue à limiter le réchauffement ; de même pour la forte nébulosité ; et l’énergie solaire qu’elles absorbent en raison de leur couleur noire qui favorise le réchauffement climatique. En croisant ces trois facteurs, les scientifiques du LLNL ont démontré que seules les forêts tropicales contribuent positivement à la lutte contre le réchauffement, grâce à leur forte nébulosité et à leur capacité de stockage du carbone. En outre, naturelles et non plantées, ces forêts puisent moins d’eau de la nappe phréatique. « Dans ces régions, la déforestation est un drame car la forêt agit comme un climatiseur de la terre », insiste Ken Caldeira, un des auteurs de l’étude. Dans les régions tempérées (Etats-Unis, Europe), l’impact des forêts sur le réchauffement est marginal. Par contre, dans les latitudes nord (Canada, Scandinavie), les bois absorbent plus d’énergie solaire que de carbone et aggravent donc le réchauffement. En outre, souvent plantés de façon serrée avec des arbres à croissance rapide, ils « boivent » l’eau des nappes phréatiques - jusqu’à la moitié des précipitations annuelles - alors que leur canopée empêche 20 % des pluies d’atteindre le sol. L’étude du LLNL porte un sacré coup à l’image de la forêt puits de carbone et outil de protection des écosystèmes. Sa conclusion appelle donc à lutter contre la déforestation dans les pays du Sud, mais à ne pas planter d’arbres trop au nord. Les chercheurs américains n’oublient pas cependant que les forêts ont d’autres fonctions que piéger le carbone, en matière de protection de la faune et de la flore notamment.

Jean Piel

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