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| 15/05/2007 | |||
| Chronique Environnement | |||
| L’Europe importe toujours des bois illégaux (MFI) Dans son enquête annuelle sur l’exploitation illégale des forêts, le World Wild Fund (WWF) regrette que 19 des 27 membres de l’Union européenne (UE) tardent à adopter des mesures contre l’importation de bois illicite en provenance d’Afrique et d’Asie. Et cela alors que l’UE a voté en 2003 un plan d’action contre l’exploitation illégale des forêts. Quatre ans après, ce sont la Grande-Bretagne et l’Autriche qui ont le plus agi pour interdire au bois illégal l’accès au marché européen, alors que l’Irlande et la République tchèque sont en queue de peloton. La France, pour sa part, a engagé un dialogue avec certains pays exportateurs – le Gabon et la RDC notamment – pour définir un plan de lutte contre l’exploitation illégale des forêts. Mais peu de financements ont été alloués aux programmes visant à enrayer les coupes illicites dans les pays producteurs ou à favoriser la gestion durable des forêts. De même, les achats publics de bois sont peu contrôlés en France. Or ces achats publics représentent 40 % de la consommation hexagonale et pourraient donc s’avérer un levier puissant contre l’importation de bois illégal. Comme l’explique Emmanuelle Neyroumande, responsable du Programme forêt au WWF : « En 2003, l’UE avait adopté un plan d’action prometteur pour lutter contre le problème croissant des coupes illégales. Mais peu de progrès ont été accomplis à ce jour à cause de la faible mobilisation des gouvernements. Les coupes illégales représentent un énorme problème d’un point de vue écologique, social et économique, privant de leurs moyens de subsistance les communautés locales qui dépendent de la forêt et accélérant la déforestation. En France, la moitié des bois tropicaux importés est d’origine illégale. » Le plan d’action européen de 2003 présentait déjà des défauts puisqu’il n’empêchait pas que du bois illégal soit importé en Europe via un pays tiers. En outre, il ne concernait ni la pâte à papier ni le mobilier. Les chimpanzés presque humains (MFI) Les primatologues trouvent de plus en plus de similitudes entre l’homme et le chimpanzé, que ce soit dans les attitudes ou les capacités. Le singe nous dépasserait même dans le domaine de la mémoire. Ce sont les conclusions de 300 scientifiques réunis fin avril au Lincoln Park Zoo de Chicago pour un congrès intitulé « L’esprit du chimpanzé ». Malgré de profondes différences entre les deux espèces, seul 1,23 % de leurs gènes les sépare. Comme les hommes, les chimpanzés ont la capacité de modifier leur comportement social en fonction des circonstances. Ainsi, lorsqu’une clôture les sépare de leur nourriture, les chimpanzés de bandes rivales coopèrent pour arriver à leurs fins. De même sont-ils les seuls animaux à fabriquer des ustensiles. Jill Pruetz, de l’université de l’Iowa, a recensé 22 exemples de chimpanzés du Sénégal construisant des lances en bois afin de chasser des animaux plus petits qu’eux pour leur viande. L’Espagnol Julio Mercader a décrit en Côte d’Ivoire des chimpanzés utilisant des pierres pour ouvrir des fruits secs. En matière de mémoire, des tests réalisés en laboratoire montrent que des jeunes singes arrivent à apprendre des suites aléatoires de chiffres sur un ordinateur – toujours motivés par la perspective de nourritures en récompense – alors que l’homme y parvient laborieusement. Selon le primatologue japonais Tetsuro Matsuzawa : « Les premiers hommes ont perdu la mémoire immédiate lorsqu’ils ont acquis le langage et les symboles. Ce n’est pas le cas du chimpanzé. » Reste à savoir si les singes feraient preuve de la même mémoire en milieu naturel car il semble que les primates apprennent tout, soit par imitation soit par nécessité. Ce qui n’est pas utile dans la vie quotidienne n’est pas appris. Cela reste une différence essentielle avec l’être humain. Le réchauffement perturbe les animaux migrateurs (MFI) Le réchauffement climatique affecte l’horloge biologique de tous les animaux migrateurs, aussi bien les cigognes que les dauphins, les baleines que les antilopes. C’est ce qu’a confirmé Lahcen el-Kabiri, le directeur adjoint de la Convention de l’Onu sur les espèces migratoires, lors d’une conférence sur le sujet. Ainsi de nombreuses espèces entreprennent leur migration au mauvais moment ou ne l’entreprennent plus du tout, le passage d’une saison à l’autre étant moins marqué. Une situation qui rend les animaux vulnérables aux canicules, aux sécheresses et au froid. Par exemple, les grues passent de plus en plus souvent l’hiver en Allemagne au lieu de voler vers le Portugal, cela parce que le climat en Europe du Nord se réchauffe. Mais si d’une semaine à l’autre, l’hiver se durcit, des populations entières de grues sont décimées. Comme l’explique Lahcen el-Kabiri : « Les espèces migratoires sont très vulnérables car elles ont besoin de différents sites pour se reproduire, passer l’hiver et faire escale au cours de leur migration. La modification des conditions climatiques dans un seul de ces milieux les met en danger. » Le réchauffement climatique ajoute au stress déjà ressenti par les animaux migrateurs du fait de la pollution, de la surpêche, de la destruction des écosystèmes, de la construction de routes… Les baleines peinent parfois à trouver le plancton dont elles se nourrissent car ce dernier se rapproche des pôles pour échapper au réchauffement des océans. Les exemples sont ainsi nombreux tant pour les animaux terrestres et marins qu’aériens. Lahcen el-Kabiri suggère que les gouvernements agissent pour créer des corridors migratoires internationaux. Les eurodéputés produisent trop de CO2 (MFI) Selon une étude commanditée par les Verts européens, la migration chaque mois de Bruxelles à Strasbourg des députés européens produit 20 000 tonnes de CO2 par an, soit presqu’autant que les émissions de certains petits pays. Basés à Bruxelles, les eurodéputés se rendent quatre jours par mois à Strasbourg pour la session plénière du Parlement. Une transhumance de 3000 personnes (députés, collaborateurs, journalistes, traducteurs…) et de tonnes de matériel qui coûte 206 millions d’euros aux contribuables européens et génère au moins 20 268 tonnes de CO2 par an. « En réalité, les émissions sont beaucoup plus élevées. Nous avons fait une estimation prudente. Mais ce résultat est un comble alors que l’UE vient de s’engager à réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 », tempête Caroline Lucas, une élue écologiste britannique. En comparaison, les Etats de Kiribati et de Cook, dans le Pacifique, produisent chacun 30 000 tonnes de CO2 par an. | |||
| Jean Piel | |||
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