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07/11/2007
Chronique Environnement

Opération « Un Parisien, Un arbre pour l’Afrique »

(MFI) La Ville de Paris lance en ce mois de novembre 2007 une opération visant à planter 2 000 hectares de forêts au moins dans des pays francophones en développement. Baptisée « Un Parisien, Un arbre » (2 000 hectares de forêts correspondent à environ deux millions d’arbres, soit l’équivalent de la population parisienne), cette opération débutera au Cameroun et à Madagascar. Elle se poursuivra fin 2008 en Haïti et au Cambodge. Objectifs : lutter contre le réchauffement climatique et favoriser la biodiversité.
Eléments-clés dans la régulation du CO2 dans l’atmosphère, et donc dans la régulation du climat, les forêts permettent déjà de réduire de 20 % les conséquences des émissions de gaz à effet de serre, en stockant chaque année 2,5 milliards de tonnes de CO2. Le projet de Paris vise ainsi à créer des puits de carbone au Cameroun et à Madagascar – on parle de puits de carbone lorsqu’une forêt en croissance (car nouvellement plantée) capte plus de CO2 qu’elle n’en rejette à cause des coupes de bois. Dans les régions tropicales, un hectare de forêt permet de capturer 400 tonnes de CO2 en trente ans. Ce programme, dont le coût est estimé entre 3 et 6 euros par arbre, vise aussi – à en croire la Mairie de Paris – à lutter durablement contre la pauvreté : la filière bois offre de nombreux emplois en zone rurale. A Madagascar, où le taux annuel de déforestation est de 2,5 %, ces plantations s’effectueront sur 1 000 hectares de savane, dans la région de Mahajanga, au nord-ouest du pays. Au Cameroun, elles auront lieu dans deux zones de 500 hectares chacune, sur des terres impropres à l’agriculture, au sud et à l’ouest du pays.

Après les incendies, la Californie menacée par la pollution

(MFI) Les incendies qui ont détruit 203 000 hectares de forêts et de terrains en Californie ont laissé derrière eux un paysage de cendres et de fumées toxiques. A en croire Patricia Rey, la porte-parole de l’Agence de protection de l’environnement : « En sept jours, les incendies ont émis dans l’atmosphère l’équivalent en gaz à effet de serre de 440 000 voitures pendant un an ». Le niveau de pollution de l’air est trois fois supérieur aux normes fédérales, et les autorités californiennes continuent à recommander aux personnes vulnérables (vieillards, asthmatiques, nourrissons…) de rester chez eux.
La totalité des conséquences sur l’environnement de ces incendies – parmi les plus graves qu’ait connu jusqu’ici la Californie – ne seront pas connues avant longtemps. « La certitude est que les débris, les cendres, les matériaux toxiques aggravent la pollution », souligne Bill Rukeyser, le délégué du bureau de la surveillance de l’eau de l’Etat. Un pic de pollution est attendu lors des prochaines pluies, qui lessiveront les toxines laissées par les feux et les déverseront dans les rivières. En outre, des espèces rares d’arbres, de papillons et de fleurs pourraient disparaître après ce sinistre, qui intervient quatre ans à peine après les précédents incendies meurtriers dans la région.

Le réchauffement, une chance pour les pays du Nord ?

(MFI) Agriculture, transport maritime, tourisme, pêche… Plusieurs secteurs bénéficieront du réchauffement climatique dans les pays du Nord. A chaque fois au détriment des pays du Sud. C’est du moins ce qu’affirme un rapport de l’Institut polaire norvégien. Comme l’explique le climatologue Paal Prestrud : « L’agriculture s’épanouira considérablement grâce à la multiplication des journées où il fait plus de 5°, même dans le Grand Nord canadien ou en Sibérie. La Grande-Bretagne pourra produire un vin de meilleure qualité car son raisin s’améliorera, alors que les vins de Bordeaux verront leur qualité pâtir de la chaleur excessive. S’il fait déjà trop chaud à Bordeaux, vous imaginez la situation en Afrique ».
Le scénario est le même pour l’industrie forestière où les arbres pourront pousser sous des latitudes aujourd’hui improbables. Quant à la pêche, plusieurs espèces de poissons – le hareng et le thon notamment – migreront vers des eaux plus tempérées, appauvrissant encore les ressources halieutiques des côtes africaines, déjà en difficulté. Pour leur part, les touristes risquent de fuir les canicules du pourtour méditerranéen au profit de l’Europe du nord.
Selon le rapport de l’Institut polaire norvégien, les régions du Nord victimes du réchauffement climatique se frottent les mains. C’est le cas du Groenland qui va pouvoir exploiter plus longtemps et plus facilement son pétrole et son gaz naturel. De même, recul de la banquise aidant, le transport maritime via l’Arctique deviendra possible de 120 à 140 jours par an d’ici 2060, contre 30 jours actuellement. « Cela signifie qu’un navire reliant Rotterdam au Japon mettra dix jours de moins via l’océan Arctique que via le Canal de Suez. Là encore, ce sont des compagnies de pays du Nord qui vont y gagner, et l’Egypte qui va y perdre », souligne Paal Prestrud. Cette situation est d’autant plus paradoxale que les premiers responsables du réchauffement climatique sont les pays du Nord.

Jean Piel

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